C’est parti pour l’École nationale de scaphandriers (ENS). Comme nous vous l’annoncions l’été dernier, l’État a accordé deux agréments de formations de scaphandriers classe II A, jusque-là exclusivement dispensées par le seul Institut national de plongée professionnelle (INPP). L’un de ces agréments a été délivré au CAP Trébeurden, l’autre au CMPP (Centre méditerranéen de plongée professionnelle) qui devait initialement être installé sur l’île de Bendor.

caisson-hyperbare-ecole-nationale-scaphandriersPour des raisons logistiques, ce dernier a finalement mis en place sa structure à Saint-Mandrier qui abrite déjà l’école de plongée de la Marine Nationale, le fameux commando Hubert, et a finalement pris le nom d’École nationale des scaphandriers (ENS). Avec un plan d’eau calme et abrité, le site se prête bien à ces formations tout en étant préservé du tourisme estival. L’ENS dispose de locaux adaptés avec hébergements, d’un caisson hyperbare, d’une bulle de plongée, d’une piscine vitrée dédiée à l’apprentissage de la soudure et du découpage, les élèves étant reliés par radio avec les instructeurs placés à l’extérieur, de tout l’équipement moderne et de deux bateaux d’intervention. Dont le Portree II, une barge de 25 mètres avec fond plat, porte d’étrave et grue pour répondre à tous les besoins.

“L’originalité de l’ENS est d’avoir été créée par de vrais scaphandriers en exercice et par des chefs d’entreprise actifs dans le secteur, explique Jérôme Vincent son directeur. De plus, contrairement à l’INPP qui a également des missions d’expertises, d’essais et validation, l’ENS ne fait que de la formation. D’autre part, la philosophie de l’école est de dispenser un enseignement réellement en phase avec le marché des travaux sous-marins. Ainsi, l’équipe pédagogique est composée d’instructeurs permanents et d’une douzaine d’instructeurs qui interviennent chacun sur une spécialité. Tous sont des scaphandriers professionnels bénéficiant d’une quinzaine d’années d’expérience dans les domaines des travaux publics, pétroliers, de l’offshore, du génie civil ou du nucléaire. Les autres sont des experts tels que des officiers de la Marine marchande ou Nationale, médecins hyperbares, sapeurs-pompiers, instructeurs de secourisme, judiciaires ou chefs d’entreprise.

Accompagnement dans la recherche d’emploi

 

Cette équipe pluridisciplinaire permet non seulement aux élèves d’être en prise directe avec le métier de scaphandrier mais aussi de rencontrer des employeurs potentiels durant leur formation. “C’est un autre atout de l’ENS, souligne Jérôme Vincent. Au-delà de la formation, nous apportons également un accompagnement dans la recherche d’un contrat de travail avec une bourse de l’emploi spécialisée dans les travaux sous-marins et réservée à nos élèves. Ils sont ainsi sûrs de rentabiliser rapidement l’investissement que constitue leur formation.”

La première promotion de l’ENS a débuté le 30 décembre 2013 et s’est terminée le 28 février 2014. La totalité des stagiaires a déjà trouvé un emploi. Une nouvelle promotion est en cours. L’ENS assure les formations de scaphandriers classes I et II A, ces dernières durant deux mois à raison de 10-12 candidats par session (avec une semaine supplémentaire si niveau 3 seulement). La formation scaphandrier II A est reconnue par l’IDSA (International Diving School Association) et son prix est de 10900 €.

Le CAP Trébeurden, quant à lui, débutera ses propres formations à partir de septembre. N’y a-t-il pas risque d’une offre supérieure à la demande ? “Je ne crois pas, souligne Jérôme Vincent. Dans les faits, il n’y a que la France et le Canada qui offrent des formations de scaphandriers professionnels dans toute la francophonie. Or le marché est conséquent, surtout si l’on prend en compte tout le bassin méditerranéen. Il ne devrait pas y avoir de difficultés à remplir les prochaines sessions qui affichent déjà complet. Désormais, pour acquérir une véritable formation professionnelle, il n’est plus nécessaire de se mettre sur une liste d’attente qui pouvait atteindre 24 mois et le coût est 25 % inférieur à celui de l’opérateur historique !”

Renseignements, inscriptions : http://www.ens-france.com/les-formations

 

Texte D. Deflorin, photos École nationale des scaphandriers