Une stratégie verticale de prestations s’est mise en place entre Paris et Marseille. Des hommes croyant, chacun pour des raisons différentes, au développement de la plongée sidemount.

Près de la Bastille, un drôle de mannequin attend les clients de Simame Plongée. Harnaché bizarrement, il intrigue par son équipement peu conventionnel. “On distribue désormais une marque polonaise, XDeep, précise Geoffrey Vernier, vendeur chez Simame. Je suis allé récemment à un mini-salon en Belgique dédié au sidemount. J’ai testé, ce sont d’autres sensations en plongée et il faut apprendre à plonger différemment. Mais c’est agréable de ne plus avoir le poids des bouteilles dans le dos.” Pensant que ce marché est amené à se développer, notamment via les cursus PADI, SDI et TDI, l’enseigne parisienne a donc acquis deux harnais (499 €), immédiatement vendus. Le marché serait-il sensible aux nouveautés ?

“Les plongeurs du centre de la France s’ennuient à longueur d’année dans leurs piscines, explique Benoît Chandanson, moniteur de l’école Poisson Lune à Paris. Je propose déjà des formations TDI et SDI, ce qui est plutôt rare dans le bassin parisien. Le sidemount, c’est aussi une manière de me différencier, de proposer des choses nouvelles à mes clients. D’autre part, avec un ami formateur sur recycleurs, nous allons contacter les clubs associatifs pour faire des démonstrations et leur proposer d’essayer cette nouvelle façon de plonger.”

Benoit-Philippe-moniteurs-sidemountSont-ils précurseurs ? Au CIP-Marseille, Philippe Le Meliner s’apprête lui aussi à proposer des formations sidemount en 2015. BEES1, MSDT, instructeur TDI, instructeur scaphandrier à l’INPP, il dit faire face à une “demande croissante des plongeurs depuis un an pour ce type de nouveautés. Ce sont les hommes en général qui sont à l’affût de nouveau matériel et de nouvelles techniques. Le tek c’est très ‘mec’. Répondre à leurs attentes permet de renouveler notre carte de prestations”.

Benoît compte organiser des séjours sur Marseille pour ses clients formés en piscine et en fosse. Philippe, lui, achète du matériel. “Car il faut des blocs spéciaux en alu, des détendeurs, des flexibles plus grands…”, explique-t-il. Avec les harnais qui coûtent entre 480 et 550 €, plus le reste du matériel, il estime son investissement de base entre 4000 et 6000 €. “Ce n’est pas une question de rentabilité, glisse-t-il. Je sais que c’est une niche et si le sidemount va se développer, il restera confidentiel. Néanmoins, à Gozo et Malte, des structures se sont déjà spécialisées dans ce type de plongée. Ce que j’espère avec cet investissement, c’est d’asseoir la légitimité de ma structure sur la technique, sur l’innovation. À Marseille, il y a beaucoup d’usines à bulles qui baissent les prix. Mais le ‘cheap’, cela ne donne pas une image positive de la plongée. Être le premier à proposer une plongée innovante sera valorisant pour l’image de mon école.”

Texte M. Carret, photos haut et bas D. Deflorin, milieu CIP-Marseille

Plongeur-Sidemount