Pour se déplacer en plongée, les jambes se retrouvent affublées de curieux appendices qui prolongent les pieds. Les palmes, si elles sont gênantes sur terre ou sur le pont du bateau, s’avèrent d’une redoutable efficacité dans l’eau pour qui sait les manier.

Le palmage parfait ?

Le palmage est en partie intuitif – la plupart des débutants parviennent à palmer assez grossièrement dès leur premier essai –, mais il est également perfectible. Il comporte des composantes individuelles qui rendent délicate la généralisation de la technique. Tout dépend de la morphologie de chacun, des masses musculaires et des amplitudes articulaires, des objectifs recherchés et bien sûr du type de palmes (chaussantes, réglables, plus ou moins longues, souples et nerveuses).

Un effort partagé

Contrairement aux idées reçues, le palmage n’implique pas que la jambe et la cheville. Le mouvement parcourt tout le corps en utilisant chaque articulation pour parvenir à tirer le meilleur parti de la palme en bout de course. Ainsi la position de la tête, des bras, du tronc et la courbure de la colonne vertébrale ont leur importance. Bien sûr, le mouvement est plus marqué à partir du bassin avec un mouvement de hanche, amplifié par le genou et se terminant par un “coup de pied” au niveau de la cheville qui va solliciter l’élasticité et la réaction de la voilure de la palme.

De multiples variantes

Pour doser son palmage et l’adapter aux circonstances, le plongeur peut agir sur l’amplitude du mouvement, la fréquence de battements et la vitesse de déplacement des membres inférieurs. Il ne s’agit pas simplement de “battre des pieds”. C’est aussi une question de sensations, notamment de l’effet produit. Il faut se sentir propulsé par le palmage, apprécier l’accélération générée. Il est également nécessaire de bien positionner son corps pour améliorer l’hydrodynamisme et la fluidité des mouvements.

Le palmage de surface

La position du corps va conditionner l’usage des palmes. En ventral ou en dorsal pour se déplacer ; en costal pour s’entraîner ou en vertical pour rester en position. À chaque fois, la position de la tête, l’angle du bassin, la forme et l’amplitude des battements vont varier. Le fait d’avoir le scaphandre capelé ou pas influe également sur l’efficacité de la propulsion.

Le palmage d’immersion

Dans l’eau, la position est le plus souvent semi-horizontale et les palmes sont utilisées pour se propulser en cherchant le meilleur rapport effort/efficacité afin de conserver le contrôle de sa ventilation tout en restant performant. En plongée, les palmes servent également à équilibrer le plongeur, autant de manière statique que dynamique, grâce à la grande surface d’appui de la voilure. De plus en plus de plongeurs expérimentent aujourd’hui des techniques alternatives de palmage, issues de la plongée tek comme le frog kick (“pattes de grenouilles”), ample (toute la jambe) ou limité (uniquement la cheville).

Texte Alain Delmas, crédit photo : D. Deflorin