À la recherche d’une destination accessible, tant financièrement qu’au niveau plongée ? Voyage de dernière minute, pas trop loin, avec envie de voir autre chose que la mer Rouge ? Vacances familiales où chacun y trouvera son compte ? Une petite faim de partir ailleurs avec des plongées sympas mais pas que, parce que le pays et sa culture sont aussi importants ? Alors tentez les Cyclades à pile ou face. Avec le duo Santorin/Paros, à tous les coups l’on gagne !

Dans l’esprit de beaucoup, la Grèce n’est pas une destination plongée, en raison d’une législation contraignante avec des sites soumis à autorisation. Rétablissons la vérité d’entrée de jeu. Si la plongée y était en effet par le passé sévèrement réglementée, en raison des nombreux vestiges jonchant les fonds, en 2012, la situation a considérablement évolué. Mais ne rêvons pas. Peu de chance de tomber sur une épave hellénistique vierge. “Il était si fréquent de trouver des  vestiges que c’était presque devenu un sport national, un trafic juteux pour certains, explique Peter Nicolaides, océanographe et biologiste du Aegean Diving College. Mais depuis, tous les sites importants on été fouillés, légalement ou non, et protégés. Ne subsistent guère que des cols d’amphores.” 

Les terrasses d'Oia, à Santorin (Grèce).

De l’eau, de l’air et un peu de vie

Mais où aller avec ces centaines d’îles vantées dans les catalogues ? On vous suggère Santorin et Paros, dans les Cyclades, le mieux étant de visiter les deux. Mais on peut également les jouer à pile ou face.

Coté pile, Santorin, une grande île volcanique victime d’une gigantesque éruption vers 1470 av. J.-C. Son volcan s’est ensuite effondré sur lui-même, formant une caldeira et donnant naissance aux îles Kamenis. Une catastrophe à l’origine du mythe de l’Atlantide, Santorin étant parfois assimilé à l’antique civilisation engloutie. Quoi qu’il en soit, l’île est à juste titre considérée comme l’une des plus belles de Grèce en raison de ses paysages, ses villages perchés sur la mer, ses criques, ses maisons blanches à coupoles. Rançon de ce succès, les touristes s’y réunissent en masse, principalement le soir à Oia pour y admirer le coucher de soleil.

Côté face, Paros est moins connue et moins touristique, bien qu’en plein essor. À l’inverse de sa sœur envahie de touristes de toutes nationalités, Paros attire des visiteurs plus jeunes et plus actifs. Essentiellement pour ses vents réguliers qui font le bonheur des véliplanchistes et autres kitesurfeurs. Elle est également plus branchée, avec bars et boîtes de nuit, tout en conservant son authenticité et en restant plus sauvage.

Côté pile, une mer bleue avec une eau cristalline, une invitation à la baignade et à la plongée. La topographie des côtes avec ses falaises escarpées, ses failles et ses éboulis se prolonge naturellement sous la surface, offrant une multitude de sites accessibles. Les plongées y sont souvent réalisées à faible profondeur, avec peu de courant et une multitude de décors. Tombants, grottes, pointes et écueils y sont très nombreux. Des conditions idéales pour les débutants.

Côté face, en raison de l’eau particulièrement limpide, la faune n’y est guère abondante. Sans doute la surpêche y est-elle pour beaucoup. Mais surtout, les faibles précipitations, la sécheresse des îles et le manque d’alluvions n’apportent que peu de nutriments. Si mérous, corbs, sars et toute la faune méditerranéenne y sont présents, ce n’est pas le défilé. De même, la faune fixée y est moins abondante que sur certains sites de Marseille ou de Corse, par exemple.

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Un voyage dans le temps

Côté pile, l’histoire antique. Sur chaque île, on tombe fatalement sur une ruine, intégrée aux villes et villages ou isolée en pleine campagne. Sans parler des cités entières ou des musées (lire notre encadré) pour prendre une bonne bouffée de culture qui ne devrait même pas laisser les mômes indifférents. Sous l’eau aussi, cette histoire transparaît dans la baie de Pyrgaki où des débris d’amphores, de poteries ou même quelques traces d’une épave grecque permettent au plongeur de remonter le temps. Ou encore sur le site de Faros où subsistent de nombreux cols d’amphores.

Côté face, l’histoire moderne. De par la situation stratégique des îles à un carrefour de l’Europe, quantité de navires y ont sombré durant les derniers conflits. Conséquence directe, plusieurs épaves sont accessibles à la plongée. Épaves faciles comme celles de Santorin où un transporteur de passager, un cargo et un remorqueur offrent des visites sans danger avec une profondeur de 21 mètres maxi. Paros est plus intéressante pour les amateurs de tôles. Les épaves du Beaufighter, bombardier britannique coulé par 35 mètres de fond ; du cargo Mariana, coulé en 1981 et dont le point le plus profond est à 25 mètres environ, ou le Samina, ferry coulé en 2000 par 37 mètres, sont les plus prestigieuses.

Côté pile, des plongées “géologiques” où à faible profondeur, des failles profondes entament la falaise et des cavités offrent des jeux de lumière spectaculaires, comme à Mesa Pigadia à Santorin. Ou comme l’extraordinaire grotte de Prasonisi avec ses deux petites entrées, son vaste porche ouvert sur le bleu de l’extérieur qui abrite une énorme salle de laquelle on peut faire surface pour admirer les draperies et stalagmites ornant le plafond.

On l’aura compris, au jeu de pile ou face, à tous les coups l’on gagne sur ces deux îles des Cyclades. Seuls seront déçus les amateurs de plongées velues, de poissons pélagiques et de faune en général.

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grece-art-antiqueCités antiques

À Santorin, le musée d’Akrotiri mérite le détour. Il abrite la “Pompéi des Cyclades” ainsi nommée en raison de son enfouissement suite à l’éruption volcanique de l’île. De type minoenne, cette cité aurait eu une population de 1500 à 9000 habitants. Seule une partie a été jusqu’à aujourd’hui fouillée, préservée sous des couches de cendres, de pierres ponces, comme ce fut le cas pour Pompéi et Herculanum.  Protégée par un toit, on peut désormais en visiter les ruines, laissant apparaître les rues et les restes des constructions. Les plus belles fresques sont exposées au musée d’Athènes.

Non loin de Paros, l’îlot de Despotikó abrite lui aussi les traces d’une ancienne cité, colonisée dès les temps préhistoriques. Aujourd’hui subsistent les restes de plusieurs temples (probablement dédiés à Artémis et Apollon) et bâtiments hellénistiques. À Parikia, ville principale de Paros, le musée expose de nombreuses pièces allant du Néolithique à l’époque romaine.

Remerciements Au tour-opérateur Héliades (www.heliades.fr), spécialisé sur la Grèce ; aux centres Mediterranean Dive Club, Paros Scuba Diving et Paros Adventures.

 

Retrouvez le texte et les photos de Daniel Deflorin dans Plongée Magazine n°65

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