Alors que ses voisins – territoires palestiniens, Syrie, Irak, Égypte, Israël – souffrent de tensions politiques, le paisible royaume hachémite de Jordanie reste stable. Et si le pays dirigé par le roi Abdallah II fait parfois la “une” des magazines, c’est davantage pour le côté fashion et glamour de son épouse Rania. Il n’empêche, le royaume subit également des dommages collatéraux.
74894 touristes français en 2010 et seulement 41669 en 2012 avec des baisses régulières de fréquentation  : -30 % (2010/2011) puis une nouvelle baisse de près de 20 % (2012/2013). Inquiétant pour un pays “neutre” et qui n’a jamais connu de terrorisme, de violence urbaine, ou de révolte politique.
La  Jordanie, “Suisse du Proche-Orient”, cherche donc à redorer son blason. Une vaste  campagne d’informations a débuté en septembre sur des sites web de tourisme. Histoire de générer une image positive du pays. Ces dispositifs seront relayés un mois environ, pour un coût estimé entre 50000 et 100000 €.
L’idée est que le public, parfois ignorant de la situation géopolitique du pays, puisse comprendre qu’il est facile d’accès, à portée de tous les budgets, et diversifié tant au niveau des paysages que des attraits historiques ou religieux (mer Morte, mer Rouge, sites Unesco, Méditerranée, Jourdain…).
“Pendant cette opération, nous souhaitons faire le lien avec l’offre de produit existante, analyse Annabelle Barro, responsable marketing pour lOffice de Tourisme en France. Les tour-opérateurs partenaires bénéficieront de bannières, de boutons dédiés destinés à générer des clics donc des ventes, de visuels et de dossiers thématiques.”
Jusqu’à 2012, la plongée était considérée comme une niche. Mais si l’ouverture sur la mer Rouge est restreinte – seulement 26 km de côtes –, elle a le mérite d’exister et d’offrir une vingtaine de spots, tous accessibles du bord et parfaits pour les débutants.
“La plongée est toujours une niche, convient-elle. Mais on a eu envie de développer ce potentiel, qui gagne à être révélé. Aqaba est rarement la destination-phare du touriste, qui voit plus cette escapade en mer Rouge comme une extension détente réalisée après un circuit terrestre dans le désert, sur la Route des Rois ou après avoir visité Pétra. Pour les plongeurs, l’extension est vécue dans le sens inverse. On peut plonger, tout en étant à quelques kilomètres du Wadi Rum, et en pouvant se rendre également à Pétra.  La Jordanie ne sera jamais une destination plongée ‘pure’, mais elle gagne à être connue avec un panachage plongée-désert-culture, qui peut être intéressant pour les accompagnateurs non-plongeurs ou les familles.”

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Texte Martine Carret, photo D. Deflorin