Ces dernières semaines, un courrier “fuité” de la commission juridique de la Confédération mondiale des activités subaquatiques (CMAS) a joyeusement fait gloser sur les réseaux sociaux. Dans celui-ci, la CMAS conteste à la FFESSM le droit de délivrer de nouvelles cartes de plongeur de Niveaux 1 à 3 FFESSM avec mention de la CMAS, mais qui ne sont plus “double face”. Il remet également en cause la conformité des Niveaux 1 et 3 qui ne correspondraient pas aux standards CMAS. L’affaire a fait suffisamment de bruit pour que Jean-Louis Blanchard, président, se fende d’une mise au point sur la page Facebook de la fédé.
En fait de “fuite”, il semble qu’il s’agit bien d’une opération de com’ orchestrée par la CMAS et qui cache une vulgaire affaire de gros sous. En effet, la FFESSM, donc la France, payait jusque-là une dîme de 5 € en moyenne par brevet CMAS à cette dernière. Et avec près de 60000 brevets délivrés annuellement, la FFESSM était donc l’un des principaux pourvoyeurs de fonds de la CMAS (40 % du budget), sans y être réellement représentée et écoutée au sein des instances dirigeantes. Ce qu’elle n’accepte clairement plus. À noter qu’avec 8000 cartes “double face” encore délivrées (N4, moniteurs…), la FFESSM reste l’un des plus gros pourvoyeurs mondiaux de la CMAS.
Quant à la non-conformité des brevets FFESSM aux standards CMAS, ce n’est rien d’autre qu’un épouvantail, tant il est vrai que ces fameux standards ne sont rien d’autre qu’une reconnaissance a minima des niveaux de plongeur entre les fédérations adhérentes. La FFESSM n’a jamais respecté à la lettre ces standards, comme bon nombre d’autres fédérations. Une situation admise et tolérée depuis des décennies, sans rien de commun avec les standards de certification d’autres organismes qui bénéficient de réelles mesures de rétorsion en cas de non-respect.
Cette querelle de clocher ne fait qu’illustrer le lent déclin de la CMAS depuis les années 1980 face aux autres organismes de certification, américains notamment. Une affaire d’autant plus triste que les montants en jeu, bien que vitaux pour le fonctionnement de la CMAS, demeurent dérisoires face aux sommes brassées par ces mêmes organismes. Que les plongeurs se rassurent, leurs brevets de plongeur seront toujours reconnus à l’étranger, toutes les structures commerciales y acceptant leur carte, avec ou sans logo CMAS, et ce sans faire d’histoire.

D. Deflorin