Comment reconnaître les coraux madréporaires ?

Les coraux sont des animaux invertébrés marins qui vivent en colonies denses de milliers de minuscules polypes (1-3 mm) sur les fonds marins. Ce groupe d’animaux inclut des coraux constructeurs de récifs qui sécrètent un exosquelette rigide de carbonate de calcium (appelé corallite). Les polypes peuvent se rétracter dans leur calice carbonaté et sont souvent invisibles de jour. Ils se distinguent des nombreux autres ordres de coraux par leurs polypes à la symétrie radiaire d’ordre 6 (hexacoralliaires). Leurs formes, tailles et couleurs varient en fonction des espèces, et certaines rares espèces sont solitaires (Fungia, polype unique de 25 cm).

Mode de vie : constructeurs de récifs ou pas

Nocturnes, les colonies de coraux durs grandissent par accumulation de couches de polypes sur celles de polypes morts, et leur habitat est fonction de leur relation symbiotique avec les zooxanthelles. Les coraux zooxanthellés ne peuvent grandir que dans des eaux claires, brassées par les courants, peu profondes et ensoleillées, avec des températures de 20 à 29°C et une salinité idéale de 34 g/L. Leur distribution est donc limitée aux tropiques et ils sont absents autour des estuaires et dans les eaux riches en particules. Les récifs de coraux madréporaires peuvent être de différents types : frangeant, barrière ou atoll. On trouve également des coraux durs d’eaux froides et profondes (jusqu’à 6000 mètres), mais ceux-ci ne vivent pas en symbiose avec des algues (coraux azooxanthellés) et ne forment pas de grandes structures récifales. L’espérance de vie des colonies de coraux durs peut atteindre plusieurs milliers d’années.

Comportement alimentaire : carnivores et symbiotiques

Les coraux madréporaires sont des invertébrés carnivores plutôt nocturnes. Les polypes utilisent leurs tentacules urticants pour filtrer la nourriture qui passe à proximité dans l’eau (plancton, particules dissoutes), mais ils reçoivent la majorité de leur énergie (jusqu’à 90 %) grâce à la relation symbiotique développée avec des algues unicellulaires appelées zooxanthelles. Ces algues photosynthétiques s’abritent au sein des tissus des coraux durs et utilisent la lumière du soleil pour transférer de l’énergie aux polypes. Les polypes sécrètent également du mucus qui sert à les débarrasser des débris et à attraper de la nourriture. Les polypes de grande taille peuvent même s’attaquer à des proies comme des petits poissons.

Mode de reproduction : un seul nuage de gamètes par an

De nombreux coraux tropicaux présentent la particularité d’avoir une reproduction sexuelle annuelle synchrone. L’émission au même moment d’une grande quantité de gamètes mâles et femelles dans l’eau constitue une ressource alimentaire pour les nombreux animaux (filtreurs notamment) qui s’en nourrissent, tout en favorisant un brassage génétique important. Ce cycle annuel est calé sur le cycle lunaire. Une fois les larves développées, elles vont passer par un stade “méduse” planctonique avant de revenir se fixer au substrat et de développer une nouvelle colonie par bourgeonnement des polypes (reproduction asexuée). Les colonies peuvent être mâles, femelles ou hermaphrodites. Suivant leur forme, les colonies peuvent grandir de plusieurs mm à une dizaine de cm par an.

Interaction avec l’homme et le plongeur : magnifiques récifs tropicaux

Les coraux madréporaires forment de magnifiques structures récifales chères au cœur des plongeurs et des habitants des côtes. Les récifs ont de multiples rôles écologiques : ils servent de nurserie, d’habitat et de nourriture pour de nombreux organismes marins, y compris des tas de poissons d’importance commerciale (400 espèces de poissons) ; ils protègent les côtes des ravages des tsunamis et tempêtes ; ils débarrassent l’atmosphère de l’excès de dioxyde de carbone ; ils fournissent des ressources médicales, alimentaires et artisanales et sont importants pour l’industrie touristique mondiale. Malheureusement, les récifs coralliens sont extrêmement et directement menacés par les activités humaines : pollution, eutrophisation, surpêche et surexploitation, changement climatique (blanchiment), tourisme, destruction des habitats et constructions côtières.

Fiche d’identité

  • Noms vernaculaires : Coraux madréporaires, madrépores, coraux durs, coraux zooxanthellés, scléractinaires, coraux hermatypiques.
  • Noms scientifiques : Certaines des espèces les plus abondantes incluent les Acropora, Pocillopora, Porites, Stylophora, Montipora, Montastraea, Platygyra, Goniopora, Fungia, Favia, Turbinaria.
  • Classe : Anthozoa (sous-classe Hexacorallia)
  • Ordre : Scleractinia
  • Familles : Environ 30 familles, 800-1000 espèces.
  • Localisation : Les coraux madréporaires constructeurs de récifs sont présents dans toutes les zones côtières peu profondes (1-60 mètres) des océans tropicaux de 30°N à 30°S. Ils sont absents des zones d’upwelling (remontées d’eaux froides) et des estuaires et embouchures de fleuves (eaux saumâtres).
  • Colonies : Massives, ramifiées, cerveaux, champignons, encroûtantes, tables, digitées…
  • Populations : En déclin.
  • Statut de l’espèce : Toutes les espèces de coraux de récif sont menacées d’extinction partout dans le monde. Plus de 50 % des récifs pourraient disparaître d’ici à 2030. Les récifs peuvent être protégés localement dans des aires marines régulant les activités humaines.

Texte Laura Dinraths, photo Daniel Deflorin