Basée à Saint-Malo (35), la société Tecknisolar-Seni est un laboratoire de recherche regroupant une soixantaine de personnes et élaborant des dispositifs liés à la sécurité des biens et des personnes. Notamment dans le traitement du signal, l’électronique, le solaire, et à destination de la sécurité routière, de la défense ou du maritime. Depuis 3 ans, Pascal Barguidjian, son directeur, et son équipe travaillaient sur un nouveau dispositif antirequin, validé en juillet après de multiples essais. Pascal Barguidjian est alors parti à La Réunion, fin octobre, afin de confirmer l’efficacité du Dearteck Tecknisolar-Seni.

Pascal Barguidjian : « La fabrication démarrera dès janvier prochain. »

Dès son retour, il nous a fait part de ses intentions  : “Bien que nous l’ayons déjà testé avec succès sur la plupart des espèces de requins, par acquit de conscience, il nous restait encore à valider son efficacité sur les tigres et les bouledogues. C’est non seulement parce que ces espèces sont présentes dans les eaux réunionnaises mais également en raison des événements dramatiques de ces derniers mois que nous voulions y faire ce test ‘grandeur nature’. En raison d’une eau trop claire, nous n’avons pas vu de bouledogues mais nous avons pu corroborer son efficacité sur un tigre de plus de 2 mètres. Tous les requins ayant un système nerveux analogue, le Dearteck Tecknisolar-Seni fonctionne sur deux niveaux. Le premier est un faisceau d’ultraviolets pulsés à une fréquence bien précise pour aveugler les sens visuels du requin sur un angle de 90°. Le second consiste en un balayage basses fréquences à ultrasons qui non seulement imite le cri d’attaque du dauphin mais est également générateur de parasites. Car cette fréquence a pour effet de déphaser les ampoules de Lorenzini des requins. Et ce sur 360°, sans impact sur l’utilisateur ou l’animal, l’activité générée étant inférieure à celle d’un téléphone portable.”
Si d’autres dispositifs existaient déjà, comme le shark-pod, le Dearteck Tecknisolar-Seni a l’avantage d’être bien plus compact, avec un encombrement d’un simple phare de plongée, plus efficace et plus économe avec une autonomie de plus de 4 h. Il sera décliné en plusieurs versions selon les applications : pour plongeurs, pour surfeurs fixé à la jambe ou sur la planche, ou en protection des plages avec alimentation extérieure. Le brevet est déposé et la commercialisation débutera dès janvier prochain à raison d’environ 750 € par système. Mais pas question d’une délocalisation dans des pays à bas coût, certains composants aux normes militaires coulés dans des résines nécessitant un process industriel rigoureux et contrôlé.
“Au vu de l’actualité récente, j’ai bien évidemment proposé une fabrication à La Réunion. Ce qui, outre une réponse partielle au problème local, serait générateur d’emplois. J’attends une réponse des autorités. Mais sinon le Dearteck Tecknisolar-Seni sera fabriqué à l’île Maurice, en Afrique du Sud ou aux Bahamas, également confrontés au problème, voire à Saint-Malo.”
Bien que conscient que les plongeurs veulent avant tout voir des requins, Pascal Barguidjian est persuadé que le Dearteck Tecknisolar-Seni répond à une demande. Protection contre les requins en plongée loisir (shark feeding), mais surtout plongée industrielle ; protection des plages ou surfeurs. Il espère en écouler de 2000 à 5000 par an et sera peut-être présent au Salon de la Plongée 2014.

Texte D. Deflorin, crédits photos de haut en bas, D. Deflorin, Tecknisolar