Un petit post pour parler d'un sujet qui, vu ma profession m'interpelle de fait. Je ne sais s'il est dans la bonne rubrique mais au pire je compte sur nos admin pour le déplacer.
Je ne vais pas faire un exposé long et détaillé sur la notion de stress. Tout le monde l'a dejà vécu, dans des situations diverses et notamment dans le cadre de notre loisir plongistique.
Mon propos est de donner un éclairage propre à l'approche professionnelle que j'en ai et d'en tirer quelques observations appliquées à notre activité. A la fin de ce post je donne une méthode de relaxation (juste la première étape car elle est amplement suffisante. Si certains ou certaines souhaitent l'ensemble de la démarche je la leur communiquerais)
En premier lieu, le stress n'est pas obligatoirement un
phénomène négatif.
Diverses études réalisées à grande échelle sur des étudiants en phase d'examen et repérés par des tests de niveau d'anxiété ont mises en lumière deux facteurs liés au stress :
1) Pour une part de l'échantillon il y a une forte corrélation entre niveau de stress et performance élevée aux examens. Le stress, indépendamment des connaissances acquises semble avoir mobilisé leurs capacités cognitives et mémorielles. On parle alors de
stress facilitateur.
2) Une autre partie de l'échantillon montre une corrélation forte entre niveau de stress et performance réduite aux examens. En ce sens le stress a été handicapant. On parle alors de
stress inhibiteur.
Pour avoir discutés avec de nombreux plongeurs j'ai constaté que lorsqu'il y a stress il est en partieindependant de l'expérience plongistique. Certes, les débutants N1 et autres sont confrontés à la découverte, la conscience de leur inexpérience.... mais certains plongeurs de longue date avec des centaines de plongées éprouvent ce stress d'avant plongée.
Rechercher les causes en serait trop long et par trop individuel car lié à la vie et à "l'expérience vécue" de chacun. je donnerai juste un exemple :
Chez un plongeur formateur de ma connaissance, des indices visuels induisent chez lui l'apparition du stress. Il suffit que le matin soit grisatre, un peu froid pour que s'enclenche une série de perceptions et un certain traitement de l'information :
Le ciel gris donne une certaine couleur et noirceur à l'eau, enclenchant une impression de milieu hostile , froid... qui engendre une impression initiale de prise de risque et de représentation imagées de situation problématiques sous l'eau.
D'autres plongeurs trés expérimentés voient l'apparition d'un stress suite à un début de mal de mer par exemple. d'autres peuvent se découvrir une peur panique du "bleu "(ou du vert

) soudaine et entrer dans un processus répétitif et anticipateur pour leurs prochaine plongées. la fameuse "peur d'avoir peur".
A titre professionnel auprés de mes patients je leur apprend une méthode de relaxation simple et tout à fait pratique à mettre en application. Elle nécessite un peu d'assiduité au début mais elle ne prends que peu de temps par jour. Il faut savoir que nombre de techniques de relaxation sont de l'ordre de "l'auto-conditionnement". Il est interessant de noter qu'avec ces méthodes, le fait d'entamer le "déclencheur" de la séance induit l'état de relaxation, d'où leur intérêt.
Voici, pour les intéressés la marche a suivre :
- choisir un lieu aussi calme que possible, ni trop chaud ni trop froid, si possible dans la pénombre.
- couper sonnette et téléphone.
- se libérer de vêtements trop serrés (ceinture, souliers, chaussettes, gaine, soutien-gorge, boucles d'oreilles, col, chignon, etc.)
- éliminer, s'il y a lieu, urine ou fèces.
- il est préférable de n'avoir pas absorbé, immédiatement avant, un repas trop lourd.
- se coucher (ou simplement s’asseoir). La position assise qui peut se prendre en tout lieu est celle dite « du cocher de fiacre ». On n'utilise pas le dossier. Les jambes sont légèrement écartées, les avant-bras reposent sur les cuisses, les mains tombent à l'intérieur de l'angle des cuisses, le dos est relativement vertical, comme tassé sur lui-même, la tête se laisse pendre vers l'avant. Si on veut utiliser la position couchée, on se met sur le dos, coudes légèrement écartés, mains aussi, pieds tombant en dehors et ne se touchant pas.
Préparation
Au début de l'exercice, on propose la formule « je suis tout à fait calme ».
Certaines personnes rencontrent là leur premier étonnement et leur première difficulté, voire leur première révolte. « Quand je dis cela je ne me sens pas du tout calme et ça ne me calme pas ».
J'explique que cette formule ne se veut pas efficace comme une potion magique mais doit être prise comme le poteau indicateur placé sur une route :
"La direction ‘Toulouse’ indiquée sur le poteau ne veut pas dire qu'on est arrivé mais montre la direction à prendre. De même le stoppeur qui affiche ‘Nice’ ne prétend pas qu'il est à destination, il utilise ce panneau pour s'y rendre".
Ceci fait immédiatement saisir qu'il est totalement inutile de répéter trente-six fois cette formule, soit dans le but de s'en convaincre (ce qui serait illusion) soit pour la rendre efficace (ce qui demanderait beaucoup de temps et pourrait aboutir à l'effet inverse). Cette inutilité de la répétition reste vraie en ce qui concerne l'ensemble des formules dans le Training.
on fera le 1er exercice trois fois par jour.
Premier exercice
La formule utilisée est « mon bras droit (ou gauche) est tout à fait lourd » qu'on doit prononcer intérieurement une seule fois (se contenter de se rendre présent au bras sans s'efforcer d'éviter les distractions : elles sont normales et leur survenue n'indique pas un échec). Le patient peut s'aider d'une image visuelle comme celle d'un bras en plomb, ou sonore comme celle d'un gong ou d'un basson.
Ce premier exercice ne sera que d'une minute ou deux mais devra être fait régulièrement, sans aucune défaillance, trois fois par jour. A la fin de la séance, et cela restera vrai tout le long de l'apprentissage (et par la suite), une « reprise » est prescrite. Elle doit être fidèlement exécutée afin de revenir de l'état un peu vaporeux de la relaxation à une vigilance bien branchée sur le réel. On ne l'omet que si l'exercice est effectué au lit, comme entrée en matière du sommeil de la sieste ou de la nuit.
Cette reprise consiste à
· plier et tendre énergiquement les bras trois fois de suite ;
· ensuite on fait une grande respiration ;
· enfin on peut ouvrir les yeux
· et abandonner le siège ou le divan.
Cet exercice pratiqué régulièrement amène, dans les meilleurs cas, une sensation de pesanteur dans le bras droit dès la première séance et la perception de cette pesanteur à d'autres niveaux dans les jours suivants. Dans certains cas les résultats tardent à venir. Il n'y a pas lieu de s'en inquiéter puisque la relaxation survient toujours pourvu qu'on effectue les exercices avec régularité et persévérance.
Il est à noter que, pratiqué régulièrement, l'état de relaxation est déjà induit quand on se dit mentalement la phrase "je suis tout à fait calme". Continuer avec la recherche de pesanteur dans le bras va affirmer cet état.
Il va sans dire que cette technique a ses avantages pour toute autre situation que la plongée. Mais cette approche est interessante et simple a maitriser et mettre en application.
C'était mes "deux cents" à une approche "plonger mieux" sans prétention aucune. chacun peut avoir ses "trucs" et sa propre méthode. l'important est que cela marche pour chacun qui en éprouve le besoin.
Bonnes bulles
