Je rejoins l'univers magique d'Ommadawn tout en m'installant confortablement pour écrire un petit compte-rendu de plongée. Avec cette neige tombée lundi à déblayer, les branches cassées à ramasser et les arbres renversés à couper, je n'avais pas eu le temps de vous compter notre petite plongée à l'anse Sainte-Catherine, au Sud et à l'abri du cap Béar, samedi dernier.
Quelques plongeurs intrépides, non, on va dire plutôt inconscients, non, on va dire plutôt passionnés, se sont retrouvés à Argelès pour une première plongée de mars. La météo était belle après une semaine de vent fort, mais à la sortie du port, nous avons trouvé une houle forte, une Méditerranée de couleur verdâtre... Bref, il fallait partir à l'abri dans l'anse de Paulilles. Dans des creux de 4 m à vue d'œil, il nous a fallu près de 40 mn pour atteindre l'anse Sainte-Catherine, où la houle ne dépassait pas 50 cm.
Avec Sam et Daniel, je rejoignais le fond lentement en suivant le bout de l'ancre ; un petit rinçage du nez dans l'eau de mer, et j'ai pu descendre malgré mon rhume. Le site est magnifique, on part vers en direction du centre de la baie, jusqu'à atteindre une sorte de marche dans le coralligène, à la limite du sable ; mais c'est une marche de plusieurs mètres de haut, avec tout plein de grotte et de canyons.
L'eau est fraîche, j'éternue dans mon détendeur plusieurs fois, et ça finit par passer... Je rince mon détendeur dans l'eau de mer, parce que... je vous passe les détails !
Nous voilà sur la « marche », par près de 20m de fond ; la visibilité est suffisante, peut-être 5m. Mais même à cette profondeur la houle se fait sentir. Heureusement le trajet rodéo en bateau avait déjà tassé le contenu de notre estomac.
Nous parcourons les canyons, à la file indienne. Il y a des langoustes partout !

Daniel a même aperçu un homard, qui se cache avant que j'arrive pour le photographier. Tant pis, il y a d'autres langoustes !

Certains plongeurs appellent ce coin le « HLM à langoustes ».

Mais peut admirer aussi des nudibranches, entre deux langoustes...

Les doris dalmatiennes sont voraces, je plains la pauvre éponge, ce sera bientôt la fringale de printemps !
La houle rend difficile l'examen de la faune plus petite.
Voilà par exemple une dentelle de mer, qui ressemble un peu à une chips.

Ben, si vous regardez de très près, vous pouvez déceler la présence de minuscules bestioles... Attendez, je zoome parce que c'est vous et que vous avez oublié vos lunettes, moi aussi ça m'arrive souvent.

On dirait des toutes petites fourmis ! Elles doivent bien mesurer 0,5 mm !
Après mon premier coup de flash, elles disparaissent derrière la dentelle.
Alors, quelqu'un pourrait me dire ce que c'est ? Ça m'inquiète de voir que des espèces extra-terrestres envahissent les dentelles de mer !
Je vous laisse chercher dans vos encyclopédies, et je continue mon histoire.
Un peu plus loin, voilà ce qui ressemble bien à un boa.

Il doit bien y avoir un autre trou pour en voir la tête.

Horreur ! C'est une murène mutante bicéphale, à double tête de murène et de congre, et à corps de boa ! Cela ne vous inquiète pas ?
Un peu plus loin, je retrouve mon copain Robert, le congre.

C'est rassurant de retrouver des têtes connues.
Tu veux un petit grattouillis sous le ventre ?

Voilà voilà... ça fait du bien ?
Bon, les meilleures choses ont une fin, surtout si on pense aux 40mn du trajet retour vers Port Argelès ! Je te laisse, Robert, on se verra peut-être dimanche prochain.
Je rejoins Sam et Daniel, que je retrouve un peu plus loin grâce à la lumière des phares. Ils sont vraiment patients de m'attendre ainsi. J'indique qu'il est temps de reprendre le chemin du retour et ils me suivent... jusqu'à ce que je me retrouve sur le sable, toujours sur 20m ; oups, je me suis trompé de 180°... ben ça arrive quand on a vu des extra-terrestres sous-marins et une murène bicéphale mutante, on a le droit d'avoir un peu la tête ailleurs. Demi-tour, on arrive rapidement dans les 6m pour faire un petit palier de principe.
Une idée me vient, et si je sortais le parachute de paliers ? Ça fait passer le temps pendant les paliers ; j'ouvre ma pochette, sors la ficelle, tente de la dérouler ; Sam se marre : comme d'habitude, je passe 2 mn à défaire les nœuds... et je gonfle le parachute, pour 30s avant la remontée !
Nous retrouvons Romain notre pilote et la seconde palanquée, qui a eu un peu froid et est remontée plus tôt. Et c'est reparti pour un rodéo de 40 mn vers Port-Argelès... Normalement, nous remettons ça demain !
Alors, est-ce que quelqu'un a trouvé ce que sont ces petites fourmis marines ? Ça m'inquiète quand même, pas vous ?
Post scriptum : si vous croisez Robert, n'essayez pas de lui grattouiller son joli ventre blanc s'il ne vous le demande pas...
