Comme certains le savent, je suis - ou j’étais - très sujette au mal de mer

. Pas besoin de monter à bord d’un bateau, déjà sur le quai, il me suffisait de regarder les bateaux tanguer dans le port et j’avais déjà la nausée

. Même dans un hamac, je suis – ou j’étais- malade.
Pour mon baptême de plongée, j’ai eu la chance de descendre la 2ème et de pouvoir en profiter. Malheureusement pour moi, on était nombreux à faire un baptême... Ne pouvant plus rester sur la bateau, j’ai du retourner dans l’eau et attendre les autres. J’étais malade, je me suis fatiguée à nager en shorty autour du bateau, j’avais froid, la totale. Il m’a fallu 3h pour m’en remettre.
Du coup j’ai failli renoncer à passer le N1. C’est en parcourant le forum et en découvrant l’existence des patchs Scopoderm que je me suis « lancée ». Et je peux vous dire que je n’étais pas fière le 1er jour sur le bateau.
Le patch ça fonctionne très bien sur moi. Mais… (sinon c’est pas drôle

) j’ai presque tous les effets secondaires : bouche sèche, voix grave, perte de la vision de près, trouble de l’équilibre, réaction cutanée… En plus j’ai tendance à être tête en l’air et il m’arrive d’oublier de le mettre (forcément ça marche moins bien

), et ça coute cher.
Et puis, l’année dernière, j’ai vu le reportage de Thalassa sur la rééducation des naupathies. Quand on entend que le Dr Bonne de l’Hôpital d’Instruction des Armées de Brest obtient 75 à 80% de réussite, que les patients sont définitivement débarrassés du mal de mer, ou sont beaucoup moins malades qu’avant, c’est plutôt tentant.
Quelques jours plus tard je passe un petit coup de fil au service ORL de l’HIA, et on me confirme que la rééducation est accessible à tous (pas uniquement aux militaires). Je demande le coût, et on me répond que c’est pris en charge par la Sécu !? J’ai pourtant bien précisé 2 fois que c’est pour mon confort personnel, mais bon je n’ai pas insisté plus longtemps pour payer.
Il y a 10 séances de rééducation. Au 1er rendez-vous, on commence par des tests d’audition, tympanométrie, des tests d’équilibre, contrôle des mouvements de la rétine, et enfin l’irrigation des tympans avec de l’eau à 44° puis à 30°. En fonction du résultat des tests, le Dr Bonne peut ensuite estimer si l’on est « bon » pour la rééducation. Ma mère qui m’accompagnait a été « recalée » parce qu’elle souffre en plus de vertiges, et dirigée vers un kiné pour une rééducation vestibulaire.
Le mal de mer est du au conflit des informations provenant de l’oreille interne, de la rétine et du corps. La rééducation consiste à apprendre au cerveau à s’adapter. Alors… comment ça se passe ?
Pour la 1ère séance, c’est le Dr Bonne qui s’y colle, il me fait découvrir le « fauteuil tournant ». Bien calée dans le fauteuil, je ferme les yeux et je fais 5 tours vers la gauche puis quand le fauteuil s’arrête, je dois fixer un point au mur. Puis même chose après 5 tours vers la droite. Au début le point par dans tous les sens, et il faut du temps pour qu’il se stabilise. J’ai le droit à 5 tours dans un sens et 5 de l’autre. Normalement 2 séances de fauteuil suffisent, mais le Dr Bonne m’annonce qu’il m’en faudra 3

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2ème séance de fauteuil, c’est une infirmière qui prend le relai du médecin. 10 petits tours et puis s’en vont… 3h de route aller-retour pour quelques minutes sur le fauteuil, faut vraiment que je sois motivée.
Après ma 3ème séance de fauteuil, j’ai bien progressé, le point se stabilise presque immédiatement et j’ai gagné le droit de découvrir ce que j’appelle la « boule à facettes »

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En fait le stimulateur optocinétique est une boule qui projette sur un mur convexe des points lumineux. L’infirmière peut régler le défilement… de gauche à droite, de droite au gauche, de haut en bas, de bas en haut, en rond. Elle combiner le défilement horizontal et vertical pour simuler le mouvement de la mer, régler la vitesse.
Normalement le « calvaire » dure 30 minutes, mais cette 1ère séance fut assez courte pour moi puisque j’ai été rapidement « malade ». Comme j’ai fait du fauteuil avant, l’infirmière stoppe rapidement la boule, rallume la lumière et constate que je suis toute pale. Elle est contente

, moi un peu moins. Oui parce que je ne vous l’ai pas dit… mais le but du jeu c’est de me rendre malade.
A la fin, la sensation d’avoir l’estomac retourné après la séance, alors qu’on est resté sur la terre ferme, est vraiment curieuse. Et en plus ça me donne faim ! Du coup, une fois rentrée, je me venge sur un paquet de cacahuètes.
A la 2ème séance de « boule à facettes », je tiens un peu plus longtemps avant d’être gênée, mais au bout de 10/15 minutes, je commence à transpirer, je me sens barbouillée, et l’infirmière doit allumer le ventilateur pour me donner un peu d’air.
Cette fois je ne ferai pas la route avec la nausée, je m’arrête dans une brasserie sur le port de commerce pour un diabolo et un nougat glacé… Et là « miracle », je ne sais pas si c’est l’effet du sucre ou le fait de manger, mais je reprends des couleurs et retrouve la forme.
Les séances 3 à 5 vont ressembler à la 2ème, mais je progresse chaque fois un peu plus, et au lieu d’être gênée au bout de 10 ou 15 minutes, il faut 20 à 25 minutes avant que je « supplie » l’infirmière de ralentir un peu.
6ème séance, on innove, je dois pencher doucement la tête vers la gauche puis vers la droite. Ca parait bête, mais ça change pas mal et c’est un peu plus difficile.
A la 7ème séance, comme j’ai bien progressé, j’ai le droit à une difficulté supplémentaire, je ne suis plus les pieds au sol, mais je dois tenir l’équilibre sur une planche à bascule. Pfiou, c’est pas facile, la 1ère fois, j’ai bien chuté deux ou 3 fois de la planche. Je rassure quand même ceux qui s’inquièteraient, je ne me suis jamais étalée, donc je n’ai aucune séquelle, même pas une bosse

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8ème séance, l’infirmière m’échange la planche à bascule contre un gros coussin moelleux. Je pensais que ce serait plus facile. Grossière erreur de ma part

, c’est presque plus difficile, en tout cas j’ai trouvé ça plus fatiguant. En plus aujourd’hui à la brasserie, y’a plus de nougat glacé

. J’espère qu’ils vont en ravoir parce que j’ai fais baver d’envie les infirmières du service, et elles doivent y aller. C’est qu’on a le temps de discuter pendant les 30 minutes que dure la séance, et l’infirmière qui s’occupe de moi est vraiment très sympa. Comme ses collègues et les médecins du service d’ailleurs.
9ème et 10ème séance… planche à bascule, le retour ! Bascule d’avant en arrière à la 9ème et de gauche à droite à la 10ème. Je suis contente, je parviens à tenir sur la planche sans tomber

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Maintenant y’a plus qu’à attendre le printemps que je remonte sur un bateau pour vous dire si la rééducation a fonctionné. A moins que je ressorte avant mon hamac pour tester

. Et puis je sais que si je suis en partie soulagée mais pas totalement « guérie », je peux retourner faire quelques séances supplémentaires.
J’espère que je vais maintenant pouvoir aider les copains sur le bateau plutôt que de faire le boulet de service, en tout cas, j’aurai moins d’appréhension.
Pour ceux qui habitent un peu loin mais qui seraient intéressés, la rééducation peut se faire sur 2 semaines, il faut faire 10 séances à raison d’une par jour. Dans ce cas, moi je conseille une petite plongée le matin, et une séance de rééducation l'après midi

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