de xibalbouche » 26 Jan 2011, 01:17
Je vous avais laisse la derniere fois a quelques jours d une marche de reconnaissance dans la foret du Yucatan pour aller voir de plus pres des cenotes vierges et evaluer leur “plongeabilite”.Nous voila maintenant au jour de notre premier contact avec la bete.
7h00 du matin, nous voila a l entree du chemin forestier ou devrait sous peu nous rejoindre Oscar (proprietaire du terrain) Jorge et Cyrilo qui seront aujourd hui nos porteurs et seront charges d ouvrir le chemin a la machette.
Les voila enfin, sans plus tarder ils s engouffrent dans le chemin que nous allons parcourir pour les heures suivantes…ils ouvrent la route…sans cela il serait impossible d arriver a bon port au milieu de cet enchevetrement de passages et sentiers forestiers qui saignent de loin en loins la densite de la jungle.
Arrives a la cabane qui nous empeche de continuer plus loin, la foret a completement change d aspect et la taille de la vegetation ainsi que son verdoiement nous laisse presager de grandes quantites d eau sous nos pieds….
Plus de 10 litres d eau potable son charges sur le dos de Jorge et Cyrilo, des barres energetiques et des oranges pour leurs sucres rapides…
Pendant ce temps, nous revetons nos costumes de cosmonautes sylvestres .
Chaussures de marche montantes pour ne pas laisser trop de peau libre a la vue d un eventuel reptile, une paire de chaussettes epaisses remontees sur les genoux dans lesquelles nous rentrerons le fond de nos pantalons amples. A l interieur de celui la on rentrera aussi un T shirt a manches longues maintenu aux poignets par des elastiques.
Un chapeau a visiere basse pour ne pas ramasser toutes les toiles d araignees rencontrees sur le chemin….et le tout bombarde ensuite d insecticide…Une simple lotion anti moustique serait ici aussi efficace qu une gousse d ail…autant dire inutile…on ne peut cependant se permettre de soufrir une piqure de guepe ou de frelon a plusieur heures de toute assistance…on emporte du coup des aspi venins et des antidotes injectables contre les morsures de serpents les plus communs par ici , dont la letale vipere baptisee localement quatro nariz..
Nous avons en plus du gatorade, un GPS aux batteries ( soit disant) chargees ce matin, des fuses de detresse, quatre blocs de 6 litres dans l espoir de regarder la grotte en « power snorkel » plus les palmes, masques, lampes, devidoirs et tout le necessaire a une observation superficielle de l entree de la grotte.
Un kit de premier secours et tous les accessoires indispensables a ce type de « ballade »
Nous voila donc bien charges…et parti pour parcourir trois kilometres…
Nos sherpas on déjà pris un peu d avance et il suffit alors de suivre leur trace, nous les ratrappons un peu plus loin, mais le terrain est tres accidente, et c est donc concentre sur chaque pas que nous avancon : une blessure a cet endroit peut etre une question de vie ou de mort.
C est donc concentres que nous rejoignons nos sherpas au moment ou l un d eux decoupe sechement un serpent corail, qui reveille dans sa sieste, menacait de mordre sa cheville….cela nous pousse a etre encore plus vigilants..pendant ce temps le soleil a continue son ascension quotidienne et nous gratifie d une chaleur et d une humidite dont on se passerait bien…cela fait une heure déjà que nous avancons, et nous ne somme qu a mi chemin.Nous nous arretons pour compenser nos pertes en eau, nos vetements sont imbibes de sueur et collent desagreablement au corps…mais cela reste plus doux que les insectes qui n attendraient qu un peu d espace libre pour nous manger tout cru….et a cote la migale qui bronse a deux metres de nous semble finalement sympathique…. C est pour dire…La chaleur commence a me faire tourner la tete, je mange donc une orange et je peux presque sentir dans mes veines le sucre qui commence a y courir et a me reveiller…nous voila repartis…plus lentement car nos reserves en eau s epuisent plus vite que prevu, il nous faut donc menager nos efforts….
Nous relevons les coordonnees GPS de notre trajet au fur et a mesure….puisque le chemin sur lequel nous avancons s ouvre au meme rythme que la machette…il semble sage de prendres quelques points de repere…un enorme nid de guepes a contourner, une heure de marche suplementaire et soudain….le sol se derobe a notre vue :
Nous sommes au bord d un enorme effondrement d environ 70m de diametres. A une douzaine de metres a la verticale se trouvent un inextricable enchevetrement de branches mortes, de vase et de feuilles qui masquent tant bien que mal la presence d eau….et en dessous un trou noir qui semble bien etre une entree de grotte immergee.
Reste encore a trouver un acces moins abrupt que nous decouvrons apres une vingtaine de minutes : la difficulte etant de ne pas perdre de vue le cenote dans l epaisseur de cette vegetation, sans pour autant degringoler les douze metres qui nous separent de l eau….
Deshydrates, fatigues, en surchauffe apres deux heures trente de marche , voila que notre objectif s offre a la vue….et sous les nenuphars c est bien une bouche sombre et engloutie qui nous redonne un peu d espoir…
Nous enfilons donc rapidement nos harnais de sidemount et finissons de tout ajuster dans l excitation d un gamin sous le sapin de noel…
Les dix metres qui nous separent de l entree sont completement envases et farcis de branches mortes fraiches, anciennes, pointues et pourries…non content de lacerer nos combinaisons et nos jambe, chaque pas souleve un nuage de methane et de gaz souffres a l odeur puissante d œuf pourri, emmagasines dans le sediment au cours de siecles de tranquilite de la vasque….nous avancons avec dificultes, en nous enfoncant a chaque pas jusqu a la taille, en apnee pour eviter une intoxication a la possibilite bien reelle….
Le fil d ariane amarre a une branche exterieure, nous commencons a couler dans cette espece de marre aux canards sans canards, et voila d autres branches qui bouchent aussi l entree. Nous parvenons finalement a les degager.
Nous avancons un peu et apres avoir passe l etroite entree, se presente a nous un talus de sediment epais et tres noir qui descend tres vite le long de murs a la blancheur immaculee, et ornes d une debauche d enormes speleothermes noirs, ocres et jaunes…..aussi loin que mon faisceau de lampe peut faire mouche, s ouvre a nous une intimidante et gigantesque obscurite…..il y a donc bien une grotte a explorer ici….
Ayant vu ce que nous voulions, nous nous extirpons de la caverne, puis de la vase et prenons alors un moment pour empiler des branches telles un radeau qui nous permettra une approche plus simple lors de notre prochaine visite.
La reconnaissance est donc fructueuse, nous reviendrons des que possible….en attendant il nous faut encore avaler le retour…mais nous pensons avoir passe le plus dur…le moral est donc encore bon….
Vincent Rouquette-Cathala
TDI cave instructor
TDI advanced trimix instructor
DSAT tec deep instructor
DSAT trimix instructor
PADI IDCS instructor
to boldly go where noone has gone before
Vincent Rouquette-Cathala
TDI advanced trimix instructor.
TDI full cave instructor.
instructeur CMAS**
PADI MI
DSAT trimix instructor