En cette belle journée dominicale, le soleil illumine le sommet du Canigou (1) tout blanc.
Il est temps de rejoindre le Grand Bleu (2).
Ce matin, nous allons partir de la plage de Peyrefitte, où se trouve en été le sentier sous-marin. Vous connaissez ? Mais si ! Oliouchka en avait parlé là :
http://www.passion-plongee.com/forum/le-sentier-subaquatique-de-peyreffite-t5150.html
Prenez le temps de le relire, c’est important pour la suite.
C’est une plage de galets… ha, non, maintenant il y a du sable apporté par la dernière tempête. Comme ça, après la plongée, on va en ramener à la maison dans la stab, sur les palmes et la combinaison, partout... Je vais me faire engu...
Ne nous égarons pas et reprenons le fil de cette histoire. Je disais : la plage de Peyrefitte. Elle se trouve à cheval sur deux communes, séparées par un petit ruisseau, "la torrassa" (3).
À droite, la commune de Cerbère :
À gauche, celle de Banyuls-sur-Mer (4) :
J'aime bien cette photo, ça donne envie d'y aller tremper ses palmes, non ?
Donc, accompagné de Sam - et non Roberto, voir la note (2) - j'y vais.
Tout d'abord, c'est assez clair. On retrouve les galets disparus, ça peut servir si on manque de lest...
Le fond descend vraiment tout doucement ; ça tombe bien, on a tout le temps.
On suit le tombant à notre gauche, côté Banyuls, comme pour le sentier sous-marin ; d'ailleurs on croise les petites bouées immergées du sentier.
Je tombe d'abord sur un machin rougeâtre appétissant (non ?), peut-être un œuf ? Homo Palmus, qu'est-ce que c'est ? Ça se mange ?
Houlà, il ne faut pas que je m'attarde trop, je vais perdre Sam de vue...
La faune est assez rare, il n'y a pas d'autres plongeurs, tout le monde est parti au saloon de la plongée.
Un petit poisson me tourne le dos ; s'il pouvait faire l'autruche, il s'enfoncerait la tête dans le sable !
Des petites nacres parsèment les herbiers et me tirent la langue au passage.
Une anémone glaciaire m'attend au tournant, mais j'évite adroitement ses bras lascifs.
Par association d'idées, je regarde la température de l'eau : 11°... Même pas froid !
Nous atteignons les 12 m de profondeur, des roches forment des petits tombants...
... d'obscurs recoins mal famés...
... et des allées désertes inquiétantes.
Les poissons du sud ont laissé traîner le jeu de boules. Un message subliminal serait-il caché dans ces boules ?
Les balles vertes (des algues) ont entre 10 et 20 cm de diamètre. Après avoir échangé une passe avec Sam, je croise un petit serran chevrette :
Si vous regardez bien cette photo, vous verrez qu'une chose monstrueuse se cache derrière le mignon petit serran ; courageusement, je m'éloigne...
Nous croisons encore quelques poissons, mais pas celui que je recherche.
D'abord, une jolie vive vive (non ce n'est pas une répétition), posée sur le sable :
Puis un labre bleu, qui se donne des allures de poissons des îles :
Des bancs de petits poissons jouent avec les rayons du soleil. Il feraient mieux de jouer avec les boules vertes, ils vont te me le détraquer, le soleil !
Des petites girelles restent près du nid, mais où est la maman girelle ?
Ce site regroupe une collection d'anémones de mer ; d'abord les « orties », bien fines :
… Puis les charnues, charnues :
Et, oh ! Un flan ! miamm !
Ah non, c’est aussi une anémone, comme celle-là, dommage !
Enfin, nous atteignons la caverne. Pas celle d’Ali Baba, mais celle de notre ami le mérou.
Il est bien là, il nous fait face, avec un large sourire. Quelle bonne humeur, ce mérou, ça fait plaisir ! Ça nous change des vives, des gobies qui nous tournent le dos, ou des labres qui nous font la gueule.
Satisfaits, nous rebroussons chemin en évitant au retour l’étoile de mer glaciaire, et le monstre caché derrière le serran.
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Post scriptum :
Et le rapport avec l’histoire d’Oliouchka ? Ben c’est peut-être le même mérou qu’elle avait croisé sur ce site !
Patron, un autre Banyuls !
(1) : marque déposée de nourriture, c'est un gage de notoriété, comme pour le Mont Blanc, sauf que Canigou c'est pour mon chat.
(2) : marque déposée pour un film d’où vient la citation bien connue des plongeurs « Roberto, mio palmo » ; on devrait tous avoir un binôme qui s’appellerait Roberto.
(3) : la « torrassa » signifie la grande tour en Catalan, comme la tour « magne » à Nîmes. Je sais, c’est sans intérêt. Désolé.
(4) : Banyuls n'est pas une marque mais une appellation Vin Doux Naturel, il faut être précis, c'est important en plongée (la précision autant que le Banyuls).
