de Jujulianos » 09 Mai 2009, 12:16
Un « petit » CR de ma semaine de plongée pour passage du N2, avec mon club, fin avril.
Le site : Boulouris, logé au centre « Cap Boulouris », au bord de la mer, à 5 mn à pied du centre de plongée « Euro-Plongée ». Rien à dire, des pros dans chaque cas, avec le sourire et la bonne humeur. A noter l’efficacité d’Euro Plongée avec plus de 60 blocs à gonfler deux fois par jour, disponibles à 8h le mat & 14h l’apr’m. Côté Cap Boulouris, où nous étions en pension complète, bons repas (copieux, variés et bien cuisinés) et des chambres très correctes, vu ce que nous en faisions (douche & dodo).
Les plongées : entre « les pyramides », « le lion de mer », « les arches » et « les cigales ». Nous avons bénéficié d’une bonne, voire très bonne visi à chaque fois, peu de courant (sauf une ou deux plongées) et une mer calme (creux maxi d’un mètre). Température de l’eau à 15°C avec quelques thermoclines à 12 / 13, avec en général du soleil en surface.
Mon matos utilisé sur place (je vais faire des fiches dans la bonne section) :
Semi-étanche Cressi Atlantis 7 mm : Elle était raide neuve en partant sur place ; pas de souci, je n’ai pas souffert du froid (eau à 15°C), souple et relativement aisée à mettre (attention avec les manchons).
Cagoule séparée avec un bon recouvrement au niveau du coup, très seyante.
Palmes Mares Volo Race : autant je les ai appréciées au début (de ma formation, l’année dernière), autant je les trouve maintenant trop souples et limites en conditions de jus moyen. Sinon, RAS pour leur confort & facilité de chaussage.
Ordinateur Mares Némo Wide : déjà utilisé une dizaine de fois, j’ai continué à l’apprécier pleinement avec son grand affichage, sa bonne lisibilité (que ce soit en organisation des données ou bien en angle de vision) et son fonctionnement intuitif.
Stab dorsale Scubapro Seahawk : achetée d’occasion, je l’avais juste testée deux fois en fosse. J’ai apprécié l’inflateur rapide et dosable, le confort, la multitude d’anneaux ; un petit moins sur les poches pas vraiment grandes et peu pratiques.
Lampe Seacsub luce led : évidemment pas la puissance d’un phare mais éclairage correct et bonne homogénéité du faisceau. Suffit largement pour attirer l’attention et bien éclairer un détail.
Détendeurs & bouteille (12 l longue) du Club.
Stage avec un programme assez chargé, puisque 13 plongées en tout sur 7 jours, des cours en fin de matinée et fin d’apr’m les trois premiers jours, 2 séances de 500 m PMT & 2 de 250 capelés, plus le traditionnel retour 200 m capelé après la dernière plongée d’évaluation. Ah oui, il y avait aussi les apéros le soir, chargés eux aussi … ! Et puis la bonne humeur & la patience des monos. 20 passages N2, 9 en N3 et 5 prépa N4 ; sans compter ceux qui sont là pour explo, ne passant pas de niveau, ça fait quand même près de 60 plongeuses et plongeurs.
1° Plongée : classiquement, une « PdM » (plongée de m…de), d’autant qu’étrennant la combi et la stab (en mer), le réglage du lestage m’a valu de percer au palier sécu de 3m, donc sans conséquence. On oublie vite cette première plongée, même si les exercices de base (aisance globale, VDM, réaction aux signes) se passent bien.
Les quatre plongées suivantes seront vite celles qui permettront de faire des RA 20->5 m « à la chaîne », avec plus ou moins de bonheur.
D’ailleurs, je choisis la cinquième, avec le responsable du club, pas forcément le plus pédagogue …, pour déraper « légèrement » à la descente (26 m ald 20 …, entièrement de ma faute, je n’avais qu’à écouter les consignes) & tenter de le satelliser, heureusement sans succès (vidage express à 5 m …) sur une RA « rapide » !
Ca fait suer car je bloque sur cette scrogneugneu de RA, y compris la veille des deux plongées d’évaluation globale, même si je sens que je m’améliore ; heureusement, côté aisance et exercices autres, tout se passe très bien.
Entre temps, les examens théoriques que nous avions encore à passer (tables, matos & accidents, les autres ayant été faits & réussis auparavant) se passent comme une lettre à la poste. Au moins, pas de souci de ce côté.
Petit intermède avec une visite du site du barrage de Malpasset, au nom malheureusement quelque peu prédestiné puisque qu’il lâchera juste après sa mise en service réelle, faisant plus de 400 morts, fin 1959.
On arrive enfin à la première plongée d’évaluation « officielle », en fait centrée pour tout le monde sur la RA car je ne suis pas le seul à merdouiller. Mais non, je ne suis pas tendu …
Evidemment, je tombe sur un mono avec qui je n’ai jamais plongé ni ne me suis entraîné. Bon, c’est simple, sa purge lente n’est pas efficace (son tube se plie quand on le courbe, merci de nous l’avoir signalé avant !) et il nous conseille fortement de faire la RA avec la rapide ; moi qui me posais la question existentielle, je n’ai au moins plus à me gratter la tête !
OK, zyva ; je ne sais pas si c’est la concentration ou les auto-coups de pied au luc, mais je fais une RA « tip-top, nickel chrome », même si je suis obligé de jouer fortement du poumon-ballast à un moment et que je sens mon mono en faire un peu autant pour ne pas nous arrêter vers les 10 m …. Stop à 5 m avec équilibrage, j’ai eu le temps de « papoter » avec lui mais j’ai oublié de regarder son mano & sa stab ; je me sens néanmoins nettement mieux ! 22 m, conso 150 bars, au bout de 43 mn.
Du coup, l’apr’m, je fais partie de ceux qui sont en ½ autonomie. Un mono, mais qui reste « à distance » et n’intervient qu’en cas de problème. Ca le fait bien, un bon trio, on ne se paume pas, on gère correctement la durée de la plongée, en vérifiant que l’on ne tombe pas dans les paliers « à la table ». Beau lâcher de parachute et on finit le palier à 50 bars. Cela dit, avec 33 mn pour un 12l, j’ai déjà fait mieux en conso (je sais, ce n’est pas forcément un critère mais pour moi, un moyen de m’étalonner et d’apprendre à me connaître sous l’eau), le stress ?
Nous sommes jeudi soir et ce stress commence à retomber ; si je fais partie des « 40 m » demain matin, c’est tout bon. Apéro light ce soir et gros dodo pour récupérer.
Vendredi matin : YES, nous sommes 15 à faire des « 40 m » ; les autres vont refaire des RA ou de la ½ autonomie. Pas trop le temps de gamberger, nous voici rapidement à pied d’œuvre. Descente à 20 m sans trop de souci (mes tympans ne sont pas très souples et mes oreilles passent régulièrement difficilement, même si j’ai utilisé du « Dérinox » durant la semaine pour faciliter la communication) et nous voici au bord d’un deuxième tombant avec du bleu nuit dessous ; bon, bin, « yapluka » !
En fait, ça se passe comme une lettre à la poste et nous nous retrouvons à 40 m sans y penser. Ah, c’est quand même déjà beaucoup plus sombre et bien bleu ! L’air inspiré est plus dense, cela se sent nettement mais paradoxalement, je trouve ça très agréable ; ajouté au sentiment de calme que j’éprouve, cela donne un moment de grand plaisir.
Pas de trace de narcose. Le « 40 » étant affiché, on remonte un peu et on se promène entre 30 & 35, en fonction du relief et à la recherche de bébêtes sympathiques, que l’on finira par trouver : poulpes, flabellines d’un côté, gorgones jaunes et corail de l’autre. En prime, dans la zone des 30, des espèces de filaments translucides verticaux, sans doute très proches des méduses, mais sans « parachute » ! 40 m, conso 160 bars, 35 mn
Vendredi apr’m, première vraie autonome ; je connais assez peu mon binôme désigné mais on fait un bon briefing et ça nous met en confiance ; aucune peur sur un éventuel incident ou quoique ce soit d’autre. En fait, la seule question qui nous taraude est toute simple : « retrouverons-nous le bateau ? » ! Le DP nous explique bien la zone et les repères à prendre ; ouaips, fastoche …
Descente sans souci, on tutoie le 20,4 à l’ordi et la balade commence. Ca se passe bien, nos « conversations » sont efficaces et j’ai l’impression que nous faisons bien les choses (par exemple, les manos sont consultés régulièrement mais pas toutes les 2 mn).
Les 100 bars sont atteints et pas d’hésitation sur le ½ tour et le début de remontée tranquille ; côté repères, on sent bien que ce qui était très clair en surface l’est beaucoup moins maintenant ; la direction générale est la bonne, pas de doute, mais quant à dire si c’est maintenant qu’il faut tourner à droite ou au prochain « carrefour », c’est déjà plus difficile ; nous continuons tout droit.
Nos manos vont finalement nous faire prendre la décision car nous n’avons toujours pas repéré de coque en surface ; lâcher du parachute, consultation des ordi et un palier de sécu de 3 mn plus loin, nous remontons en surface.
Tiens, finalement, l’est pas si loin ce bateau, « juste » une centaine de mètres, nous aurions dû tourner à droite tout de suite ! Une pensée à ceux qui pensent que la pratique du capelé en piscine est inutile … et nous voici sur le pont, fiers comme « bar tabac ». 20,4 m, conso 120 bars, 32 mn
Ce soir, c’est la teuf après l’annonce des résultats ; quelques recalés (trois plongeurs ont encore une ou deux Ci à valider pour le N2 et un, une Ci pour le N3) mais le rhum réchauffe vite les cœurs et fait oublier les déceptions. N’empêche qu’à 22h, le bar est quasi désert ; c’est là qu’on sent bien que la fatigue s’accumule et que tout le monde a envie de profiter de la dernière, demain matin.
Samedi matin, la dernière, une 40 pour moi. Pfffffffff, trop facile ! Même site que la précédente mais on arrive sans difficulté à trouver un coin pas encore exploré !!! Que dire si ce n’est que je retrouve les mêmes sensations et que la recherche des petites bêtes dans les anfractuosités nous fait vite oublier la fatigue accumulée ? En prime, quelques murènes, des poulpes et de belles gorgones (jaune encore) ; je ne revois pas les pseudo-méduses. Nous remontons tranquillement et c’en est quasi fini de ce stage. 40 m, conso 150 bars, 38 mn.
Reste les affaires à ranger, la chambre à nettoyer et près de 900 km à faire, un zodiac accroché à l’arrière du Kangoo. Je pose les sacs dans le garage, il est 23h ; après une semaine quasi sans rinçage, le matos attendra bien demain matin pour un nettoyage en profondeur. De toute façon, il va falloir que je me lève tôt car la pelouse doit passer « au coiffeur » et nous serons dimanche ; la vie de tous les jours reprend vite son cours !
Même si je suis maintenant N2 « officiellement », je sens bien que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre pour être un N2 « efficace » et donc être un bon binôme. Je sais où je dois progresser et je m’en sens capable ; je vais d’ailleurs très très certainement m’inscrire l’année prochaine dans la catégorie « passage N3 », même si cela ne se fera que dans quatre ans (formations au club normalement uniquement sur deux ans, et je ne pense pas que j’aurais un nombre suffisant de plongées au prochain coup).
Cela dit, j’ai en même temps l’impression que cette formation N2 n’est pas « au rabais » compte tenu du travail effectué par les monos et par leur rigueur d’apprentissage, « quand il le faut ».
Points PADIR, à négocier :
- (belle) tentative de satellisation de moniteur en RA
- perte d’un plomb d’un kg (et je ne m’en suis pas rendu compte !)
- perçage de la surface à deux reprises, depuis 3 m
- essai de la technique dite du « parachute ascensionnel », entre 7 & 4 m (à ma charge, être légèrement descendu durant la mise en place du parachute, à ma décharge, me rappeler que mon poids était bloqué par un tour mort à 4 m et que je ne risquais pas grand-chose en continuant à le tenir pour éviter de perdre le parachute).
- Capelé d’une centaine de mètres pour rejoindre le bateau après la toute première « autonome »
Merci de me donner l’addition !
PS : j’ai écrit ce CR plus en pensant au « jeune » N1 se demandant ce qui allait lui arriver le jour du N2.
La tête sous l'eau ou dans les étoiles, les pieds sur terre ; pourtant je ne suis pas bien grand ! - PADIR 15