Salut à tous,
Je rentre tout juste d’Hurghada (en Egypte pour ceux qui ne connaissent pas) où j’ai passé deux très belles semaines de plongée dont la première a été consacrée à une formation niveau 2/advanced open water diver. Autant vous le dire tout de suite, j’ai choisi de faire une version longue !
C’est la troisième fois que je viens à Hurghada et c’est en fait le seul endroit où j’ai plongé jusqu’à présent. Je n’avais que 20 plongées avant de commencer ma formation. Certains trouveront que c’est peu mais j’avais fait de gros progrès lors de mon séjour de mars dernier et comme j’en avais vraiment envie j’ai décidé de me lancer. Au pire, je pouvais empiéter sur la deuxième semaine.
Comme lors de mes deux autres séjours, je plongerai avec Alysés Plongée. Il me semble que plusieurs personnes sur 2P ont déjà plongé chez eux. Personnellement, je m’y sens bien : l’ambiance est bonne, l’équipe est sympa et accueillante sans pour autant négliger la sécurité ni la qualité de l'enseignement. Cette fois-ci, c’est Daphnée qui me fera ma formation. Je ne serai pas seul à passer mon N2 : un futur jeune retraité, Paul, sera mon binôme pendant cette semaine.
Jour 1La première plongée est une réadaptation/évaluation. Comme lors de ma première plongée du mois de mars, mon immersion est catastrophique, je ne descends pas ! Daphnée m’aide au début puis on se pose sur le fond pour faire quelques exos : lâcher et reprise d’embout et vidage de masque. On fait ensuite une petite ballade sur un tombant qui est l’occasion de vérifier notre flottabilité. Ça se passe bien jusqu’à ce que je passe les 100 bars. Ma bouteille alu passe alors en flottabilité positive et j’ai alors du mal a ne pas remonter. Daphnée me rajoute un kilo, ce qui m’amène à 10 mais me permet de tenir correctement le palier de sécurité. Plongée tout de même agréable où j’ai pu voir une ponte de danseuse espagnole.
L’après-midi commence par une remontée sur expiration et une réaction sur panne d’air. Celle-ci est tout d’abord gérée en donnant l’octopus, que je présente à l’envers à mon binôme. La honte

! J’avais déjà fait cet exo plusieurs pour mon N1 et je ne m’étais jamais trompé. Heureusement il s’en aperçoit ce qui lui évite de boire la tasse. On fait ensuite des échanges d’embout avant de finir par une ballade. En quittant une patate où nous avons vu des poissons marcheurs, mon binôme me tape sur l’épaule. Je le regarde et vois qu’il me montre une direction en ayant des yeux plus gros que son masque

. Je tourne la tête et là, miracle : des dauphins !

Un banc d’une dizaine de dauphins ou plus passe à côté de nous, certains au-dessus. Ils ne s’arrêtent malheureusement pas mais la rencontre fut tout de même magique ! Le séjour ne pouvait pas mieux commencer !
Jour 2A la fin de la plongée du matin, je largue mon parachute de palier pour la première fois. La manœuvre est plutôt réussie même si un peu d’air en plus n’aurait pas fait de mal.
L’après-midi, Paul et moi sommes responsables de l’orientation. Je dois nous faire traverser une passe en début de plongée en allant tout droit depuis l’arrière du bateau. Le courant nous avait éloignés du bateau pendant les exos. J’aurais dû y revenir et aller tout droit mais j’ai voulu faire le malin et partir de là où nous étions. Résultat : nous avons mis trois fois plus de temps à traverser la passe et avons nagé inutilement contre le courant. Et encore, Daphnée m’a corrigé, sinon on y serait encore ! ça m’apprendra a ne pas m’en tenir au plan initial ! On utilise ensuite plusieurs techniques d’orientation pour rejoindre un petit tombant (éléments naturels, sens du courant, temps et cycles de palmages). Même si le site n’était pas compliqué, cette première expérience d’orientation m’a bien fait prendre conscience qu’il en faut peu pour se perdre et qu’il ne faut pas faire d’excès de zèle.
Jour 3Je commence à être fatigué car ça fait trois jours que j’essaie de dormir sans la clim de peur d’attraper un rhume. Le matin, Paul se charge de l’orientation et moi de la gestion de l’air et de la déco. Paul nous emmène sur un tombant à 20m pour faire les exos et là, surprise, un napoléon nous accueille ! Deuxième belle rencontre de la semaine. On prend le temps de le contempler avant de se mettre au boulot car ce matin, c’est remontée assistée pour tout le monde ! Elle commence plutôt bien mais la fin est un peu trop rapide. A ce moment, Daphnée était peut-être virtuellement morte une première fois. On se perd sur le retour du tombant mais un heureux hasard nous fait arriver sur une patate près d’un jardin de corail. Je prends alors la palanquée en main pour nous faire faire le palier de sécu en se baladant dans le jardin de corail.
L’après-midi, je me colle à l’orientation sur un site infernal (El Arouk Maksour pour ceux qui connaissent). Il s’agit de plein de patates souvent invisibles les unes des autres et où tous les moniteurs se sont perdus au moins une fois. Je me fais gentiment chambrer pendant le briefing, tout le monde dit au revoir à Daphnée, etc. Je fais le malin en blaguant et en essayant d’afficher le maximum de confiance possible mais autant vous dire qu’au fond je ne suis tout à fait sûr de moi. Paul est censé s’occuper de l’air et de la déco mais il décide finalement de passer en mode touriste

et je me retrouve à faire le guide de palanquée

. Je ne respecte pas tout à fait l’itinéraire mais j’arrive toujours à savoir où est le bateau et nous revenons finalement à bord avec 50 bars ou plus dans les bouteilles. Je dois avouer que j’étais content de moi, c’était une plongée très enrichissante sur l’orientation à l’aide des éléments naturels. Et puis j’ai bien aimé jouer le guide de palanquée. Peut-être un signe pour un futur N4 qui sait…
Jour 4J’ai dormi avec la clim

et je sens la différence, je suis en forme. Tant mieux car la journée ne sera pas de tout repos. La première plongée se passe bien, exos au début puis ballade avec gestion de l’air et de la déco pour moi. Daph simule une panne d’air et je lui passe l’octopus à l’envers… décidément, ça commence à faire beaucoup !
L’après-midi, c’est autre chose. Je m’occupe de l’orientation et Daphnée joue l’équipière boulet. Elle se met dans la peau d’une jeune N2 qui n’a pas plongé depuis six mois et qui a eu son niveau dans une pochette surprise. Ça commence plutôt bien puis en faisant le tour de la première patate, je suis pris d’un doute. Je pense ne pas être sur celle qu’il était convenu de visiter en premier. Je demande à mon binôme qui est d’accord avec moi. Je décide de faire un tour complet de patate pour m’en assurer. Daphnée me fait alors signe qu’elle est essoufflée et là, c’est le drame : je fais n’importe quoi, je ne maintiens pas son détendeur, elle le recrache, j’ai l’impression d’avoir oublié tout ce que j’ai appris et réussi depuis le début de la semaine. Je viens de tuer Daph pour la deuxième fois… On arrête l’exo et on poursuit notre tour de patate.
J’ai le moral à zéro

: j’ai raté ma réaction sur essoufflement et je suis en train de faire des tours de patates car je ne suis pas sûr de mon orientation. Mais je n’aime pas l’échec et je décide de me ressaisir. Je m’arrête, observe la forme de la patate et en conclue que je suis au bon endroit. Je regarde le sens des vagues et le soleil, choisis un cap et nous arrivons finalement à la seconde patate puis au récif. Ça y est, la confiance revient. Daphnée me fait une panne d’air que je gère correctement (avec l’octopus dans le bon sens

). A 100 bars, on fait demi-tour. Paul est à côté de moi mais Daphnée n’est plus là, elle fait l’équipier boulet jusqu’au bout et s’est éloignée du récif. On lui nage après et la rattrape chacun par une palme avant de rentrer au bateau. Je suis satisfait d’avoir su me ressaisir mais très déçu, et presque vexé, d’avoir si mal géré l’essoufflement.
Le soir, détente pour le concert d’Alain (le directeur du centre) au Mojito, un petit bar très sympa sur la plage, à côté du centre de plongée.
Jour 5Une dernière journée de formation qui s’annonce très chargée.
Tout commence par ma première plongée à 40m. Je demande comment je vais réagir. Est-ce que je vais découvrir que je suis très sensible et arrivé pété à 40, juste me sentir « bien » ou alors ne rien ressentir ? La descente commence, je vois la profondeur augmenter sur l’ordi. 25, 30, 33, 35, 38 puis 40m. Ça y est, j’y suis. Je me sens tout à fait normal. Daphnée me demande mon air, je réagis immédiatement. Je lève la tête vers la surface et je ne la vois pas. La sensation est étrange mais ce n’est pas vraiment surprenant car la visi n’est pas très bonne aujourd’hui, il y a beaucoup de particules en suspension. On reste stabilisé quelques instants, je ne quitte Daphnée des yeux. Elle nous fait alors signe de regarder en dessous et nous voyons une magnifique raie aigle, quelques mètres plus bas. Elle ralentit légèrement s’approchant de nous puis repart. Troisième belle rencontre de la semaine !
De retour sur le bateau, pas le temps de s’amuser, on mange puis on passe l’exam pour le N2. Daph nous fait la correction dans la foulée et c’est bon, c’est officiel, Paul et moi sommes N2 !
Nous faisons donc notre première plongée en autonomie l’après-midi sur Fanadir Sud. Le site n’est pas très compliqué mais une petite appréhension se mêle à l’excitation de cette grande première. La plongée se déroule très bien et après 48min, nous sommes de retour sur le bateau, ravis de cette nouvelle expérience que nous fêtons en invitant toute l’équipe et les plongeurs du club à boire un coup sur la plage.
Ainsi s'achève cette première belle semaine à Hurghada, avec le N2 et l'AOWD en poche. La formation était très intéressante et l'accès à l'autonomie fait vraiment franchir un cap par rapport au N1, tout en faisant prendre conscience qu'il faut toujours rester humble et vigilant sous l'eau. Il ne reste plus qu'à mettre tout ça en pratique et à se faire plaisir, ce que j'ai commencé à faire la semaine suivante, mais c'est
un autre CR!