Les frimas de la saison fraîche ont rejoint la côte catalane et le mont Canigou prend des allures de Kilimanjaro aux neiges éternelles. Pas étonnant que nous préférions l’eau à 15° à l’air à moins de 10° avec une tramontane de 70 km/h... L’anse Sainte Catherine est abritée de la houle, et nous y trouvons une eau assez claire.


Binômette rêvait d’épaves antiques, alors je lui montre une pièce de ferraille qui semble figée dans une grande pierre à peu près circulaire...


C’était certainement la roue d’un sous-marin antique, amené là lorsque Gilgamesh passait ses vacances à Banyuls. Vous ne saviez pas que les sous-marins antiques roulaient au fond des mers ?
Nous rejoignons les profondeurs extrêmes de la baie de Paulilles, soit 25m. Là, Binômette filme les bébêtes et moi je les photographie, tandis que notre troisième compagnon monte la garde, au cas où un grand blanc viendrait à passer par là : il ne faudrait pas louper la photo ou la vidéo...


Mais j’écris ma petite histoire, et il fait froid ici. Je m’en vais prendre un petit remontant à base de boisson en provenance des pays chauds et titrant allègrement 55°.
En attendant, je laisse la parole au professeur Burp, désagrégé en biologie animale, récemment sorti guéri de la clinique où il était interné ; il ne sera pas plus incompétent que moi pour vous présenter les merveilles sous-marines extraordinaires que nous avons croisées ce matin.
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Bonjour les amis, je vais donc essayer de vous commenter ces clichés plus ou flous, mais bon, ils font ce qu’ils peuvent, avec si peu de moyens qu’il faut leur pardonner.
Je vois là des limaces, par exemple celle-là, blanche avec des tâches, comme les vaches espagnoles ou les 101 dalmatiens.


En voilà une autre, bleue, blanche et jaune, à trois couleurs, tricolore quoi ; pas terrible le cadrage, il s’est pas foulé, le Foifoi.


Je préfère les limaces plus chevelues, comme celle-là. Elle est mauve, elle doit avoir des problèmes de foie, en cette période de fin d’année, c’est assez fréquent, d’ailleurs moi-même...


Ah ben là on ne voit pas la tête ! On va tenter une autre. Celle là est vue de dos. On remarque qu’elle revient de chez le coiffeur, elle s’est fait teinter la chevelure avec les racines en rouge.


Je crois que je ferais mieux de passer aux poissons, je m’y connais moins bien mais ce n’est pas grave, n’est-ce pas, ma réputation n’a plus à faire.
Voilà donc une gobie, un gobie, une gobie... bref, un poisson à grosses lèvres rouges ; ça s’obtient par des infiltrations d’acide hyaluronique dans les lèvres, je vous fais un prix si vous voulez les mêmes. Parfois ça rate, mais ma réputation ne peut plus en souffrir.


Si vous êtes du genre à chercher la petite bête, voici la blennie, le blennie, la blennie... Bref, un tout petit poisson bien sympathique, qui porte des lunettes à écailles.


Ah non, ça ne va pas ; il est trop petit. Dis, Foifoi, tu n’as pas une photo de plus près ? Il est dans un état, le Foifoi, je vous dis pas... Ah, voilà, là c’est mieux.


Je vois dans les clichés qui me sont confiés un poisson bien plat, le poisson crêpe ? Je me demande comment ça se prépare ; avec du Nutella dessus ?


Et maintenant, place aux animaux rigolos ; ceux qu’on peut frire aisément sur le barbecue. La seiche a, comme le caméléon, deux yeux et des tentacules. Mais on ne mange pas les yeux en général, même avec de l’aïoli.


Passons maintenant aux choses sérieuses. Le plat de résistance.
Ce sont les poissons langoustes, qui se sont réfugiés dans un lieu secret, fuyant les festins de fin d’année.
Il y a Clémentine, tout d’abord, 500 gr de bonheur gustatif potentiel.


Puis Aglaé, qui fait les pieds au plafond dans l’espoir de faire parler d’elle sur un forum international de plongeurs chevronnés.


Je ne vais pas vous les présenter toutes ; la plus appétissante serait peut-être Sidonie, qui devrait faire attention à Croquetou !


Cela me rappelle la cantine de la clinique. Mais ne parlons pas travail, ici.
Il nous reste en effet le cliché le plus important. Celui-là, vous aurez du mal à l’identifier, à moins que vous n’ayez été un fervent admirateur de l’émission Temps X, dont je n’ai pas loupé un épisode ; j’ai d’ailleurs moi-même opéré les anciens animateurs, façon gobie à lèvres rouges. Voilà donc ce bientôt célèbre cliché, où vous pouvez admirer le premier Martien venu en visite à Banyuls :


Je sais, c’est un peu décevant, il n’a qu’un pied et une multitude de bras, mais on ne refait pas la nature. Le Créateur en a voulu ainsi, et c’est bientôt Noël, alors on ne va pas râler sinon le Père Noël va nous priver de cadeaux.
Vous êtes encore là ?
Pour terminer ce récit instructif et passionnant, je vous propose un petit jeu facile ; il y a des crevettes sur l’un des clichés. Lequel est-ce ?
Adieu, les amis, j’ai mes médicaments à prendre avant de retourner dans ma cellule.
