L'histoire a retenu que l'Alice Robert, appelé communément « le bananier » par les plongeurs roussillonais, a été coulé par un sous-marin allemand durant la seconde guerre mondiale. Mais est-ce bien la réalité ?
Descendons ensemble sur le bananier, 40 m sous la surface des eaux...

Une fois encore, on dirait qu'il y a un peu de brouillard là-dessous !

Le sommet du mât du grand navire émerge à peine du nuage.
Descendons encore... Le bout du mouillage nous mène sur le château.
Comme une grande partie de l'épave, les canons à eau sont couverts de filets...

On pourrait croire que les pêcheurs ne connaissent pas encore la position de l'épave...
La petite rascasse a renoncé à sa cachette dans les cales, devenues inaccessibles sous les filets.

Heureusement, les godives oranges ont entrepris de dégager l'épave... ou en donnent l'impression.

En se nourrissant du chanvre des filets !
Et voilà le travail :

Car la faune sous-marine s'est appropriée l'Alice Robert.
L'épave est devenue le refuge de nombreux nudibranches, qui devraient vite devenir de taille monstrueuses s'ils ingurgitent tous les filets !

Oups ! Pardon mesdames-messieurs les godives, je vous dérange... je suis confus...
Les crustacés défendent les accès aux entrailles de l'épave...

… comme si la mauvaise visibilité ne suffisait pas à dissuader les plongeurs intrus.

Des petites cigales ont abandonné leur armure ; d'ailleurs est-ce une mue ou bien un squelette ?
L'ambiance est au mystère... quand on n'y voit pas plus loin que le bout de ses palmes !
Je m'attarde sur les magnifiques anémones bijoux, qui recouvrent la coque de l'épave.

Je resterais des heures à les contempler, à admirer leur délicatesse... Je dois résister à leurs attraits ! L'épave s'est-elle dotée de pièges à plongeurs ?
Tous ces filets n'ont-ils pas été ramassés par la faune sous-marine, afin de garnir et protéger l'épave ?
J'ai peur... Qui pourrait me réconforter ici bas ? Pas cette huître fixée sur le canon de proue, avec son grand sourire !

Peut-être ce poulpe...

Je réalise soudain que ce poulpe à l'aspect inoffensif va avec le temps devenir immense ; c'est à la fois le futur monarque de l'épave, et le descendant du gigantesque poulpe, le kraken qui certainement coula l'épave en 1944...
Comment avons-nous pu croire à cette fable du sous-marin anglais ?
Le poulpe « bébé kraken » me tend ses tentacules, amicalement. Pourrais-je faire partie de la faune sous-marine adoptée par l'Alice Robert ?

Non, mon univers est double, je ne pourrai jamais renoncer à celui de la surface.
Remontons vers la lumière.

Un banc de millions de poissons m'escorte jusqu'aux paliers. "Reste avec nous"...

Rejoignons le fil qui nous relie à la réalité de la surface.

Le monde est-il prêt à apprendre la révolte de la faune sous-marine ?
Non, gardons pour nous ce terrible secret. Rejoignons en silence le monde des créatures terrestres.

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Post scriptum :
Me serais-je fourvoyé ? Le kraken, c'est pas plutôt un calamar qu'un poulpe ? J'ai des doutes...
