Encore une bonne visibilité sur l'Alice Robert ce dimanche matin, entre la surface et le pont de l'épave. En-dessous, le brouillard.
Les anémones bijoux qui couvrent le mât et les canons sont magnifiques, je vais en rêver de nombreuses nuits... Venez, on va en rêver ensemble.
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Des milliers de bulles m'ont réveillée ce matin.

Des palmipèdes sont venus se dégourdir les gambettes dans mon univers bleu infini.
Pas moyen de faire la grasse matinée le dimanche matin !

Tout d'abord, ils ne se sont pas attardés près du mât.
Ils ont rejoint la brume qui recouvrait le grand navire.

Je les voyais planer au-dessus des tourelles du double canon.


Tels des spectres noirs, ils se déplaçaient lentement au-dessus du bric-à-brac du château.

Comment peuvent-ils s'aventurer sans crainte au milieu de tant de mystères ?

D'autres rejoignaient la poupe, en planant au-dessus de la brume.

De ma demeure, je peux apercevoir la vie de l'ensemble de l'épave.

Je suis une petite blennie, j'habite sur le mât, presque au sommet...

Depuis la croisée du mât, j'ai la plus belle vision des merveilles marines.



Je veille surtout sur mon jardin secret...

Je n'imagine rien de plus beau.

C'est la muse de tous mes poèmes, la lumière des étoiles de mes nuits...

C'est le paradis sous-marin de mes rêves...