Samedi 1er mars, RDV au club à 7h comme d’habitude même si ce matin la plongée sera très différente. Arrivés au club, tout le monde s’équipe et embarque à l’arrière du pick up, direction la plage. Cette fois ci, nous n’embarquerons pas avec The Whaler mais attendons l’arrivée d’un autre bateau
Pendant que notre matériel est transféré d’un bateau à l’autre, Lloyd du nouveau club, se présente et nous explique qu’il est caméraman et qu’il filmera la plongée et que nous pourrons récupérer une copie du DVD. Nous embarquons sur notre nouveau bateau, sans briefing préalable. En dehors de nous 3,il y aura un tchèque, un autre couple et 3 sud-africains, Lloyd, le caméraman, Walter qui fera le pilote et le DM et Timzi qui fera la sécu surface.
La sortie vers la mer se fera sans problème car il a peu de vent et juste quelques vaguelettes. La navigation vers le site sera un peu longue mais la mer est belle et nous profitons de la ballade. Au bout d’un moment, le pilote se met à faire de grands cercles en se rapprochant des autres bateaux et converse avec les pilotes. Chaque bateau a encore tous ces plongeurs à bord.
Nous nous éloignons et nous arrêtons au milieu de nulle part. Timzi balance une ancre accrochée à une bouée reliée à une corde reliée à d’autres bouées et tout au bout une carcasse de poisson. Lloyd commence alors à nous expliquer qu’il faut d’abord les appâter et Timzi verse dans un bidon troué un mélange huileux, sanguinolent et puant. Lloyd continue le briefing en disant qu’il faudra bien 1H pour commencer à voir quelque chose. Il est alors 8h25. L’attente sera longue, très longue. Le briefing complet est fini depuis bien longtemps mais toujours rien. Timzi balance des morceaux de poisson à la mer mais rien. Nous dérivons sans cesse et devons continuellement revenir vers la bouée mais toujours rien. Nous allons rendre visite à un bateau voisin qui semble avoir aussi peu de chance que nous. Nous revenons vers notre bouée, Walter s’équipe et décide d’aller en éclaireur en PMT.
Cela fait plus d’1H que l’appât a été lancé mais toujours rien. De nouveau Timzi balance du poisson à la mer. Walter remonte enfin en disant « ils sont 4, et 4 c’est bien alors autant y aller maintenant ». Tout le monde s’équipe le sourire aux lèvres malgré le détendeur et tout le monde se jette à l’eau. La visi n’est pas très bonne -10 à 15 mètres environ- mais l’eau est surtout chargée de déchets de poisson. Faut pas avoir de vidage de masque à faire. Et d’un seul coup, en voilà un, là juste sous mes palmes, un magnifique « black tip shark » ou requin bordé puis un autre et encore un autre
Le courant nous éloigne petit à petit de la réserve de poisson et nous devons sans cesse palmer pour revernir vers Walter et son tambour de machine à laver chargé de morceaux de poisson.
En tout ils seront une vingtaine accompagnés de leurs rémoras et poissons pilotes. Le ballet des requins durera 67minutes, 67 minutes de pur bonheur, 67 minutes d’une zénitude absolue, 67 minutes au bout desquelles nos manos nous annoncent les fatidiques 50bars qui nous obligent à mettre fin à la plongée. Mais nous sommes contents car nous avons tenu plus longtemps avec notre 12L que les autres plongeurs avec leur 15L. Nous remontons sur le bateau heureux de cette superbe plongée.
Timzi remonte le tambour que les requins suivent jusqu’à la surface espérant grappiller encore quelques miettes. Nous avons énormément dérivé et le retour en bateau sera long, très long surtout que la mer est maintenant bien formée avec de sacré creux. J’ai cru que le retour n’en finirait jamais. Mais nous voilà de nouveau sur la plage. Cette fois ci le retour au club se fera directement dans la benne du pick-up, il n’y a même pas de sièges. Déjà nous regrettons que cette plongée soit « passée » et nous avons malgré tout un petit regret : aucun requin tigre n’a pointé le bout de son nez. Dommage, mais tout espoir n’est pas perdu car nous décidons de refaire cette plongée lundi matin. Avec un peu de chance les tigres et la raie manta aperçue par le tchèque hier seront de nouveau là.
Dimanche sera une journée sans plongée
Lundi 3 mars, c’est notre dernier jour de plongée, de nouveau debout à 6h30, attendus au club à 7h pour une dernière tentative de plonger avec des requins tigres. Arrivés sur place le matériel est vite gréé et installé sur le bateau et c’est le départ pour la plage où nous devons retrouver le bateau de l’autre club. Arrivés sur la plage, pas d’autre bateau en vue, celui de notre club se met à l’eau et part pour faire ses plongées pendant que nous attendons sur la plage.
Nous attendrons près d’1H que l’autre club arrive avec un nouveau DM un peu bourru qui nous demande si nous sommes surs que nous voulons plonger. Bah oui bien sûr, c’est notre dernière journée, notre dernière plongée et notre dernière chance de voir des requins. A part nous 3, il y a juste un autre couple d’allemands et Timzi. Nous partons finalement en mer, mais le DM est bougon. Les allemands nous expliquent qu’ils ont plongé la veille mais que la visi était vraiment limite environ 1 M ou 2 max. Finalement, après nous être approchés d’autres bateaux, la décision est prise d’annuler la plongée car la visi est à moins d’1M et plonger avec des requins serait beaucoup trop dangereux dans ces circonstances.
Nous repartons donc un peu déçus de ne pouvoir faire une dernière plongée mais avec une certitude, nous reviendrons tenter notre chance au cours d’un autre voyage. La date, sûrement août 2009 mais cette fois ci pour voir évoluer les bouledogues, les bordés et qui sait peut-être des requins tigres….
Bon ce post va sûrement relancer la polémique pro-feeding/anti-feeding. Je dois dire qu’au départ j’étais déçue quand j’ai su que je ne verrai pas des requins « naturellement » mais qu’il fallait les appâter pour qu’ils se montrent. Mais finalement, après discussion avec les locaux, le feeding permet en quelque sorte de « protéger » ces requins, s’ils n’avaient pas une part importante dans l’économie locale (une plongée requin vaut 1050 rands contre une plongée normale 210 rands), ils seraient sans doute chassés et massacrés pour leurs ailerons. Et puis croyez moi, ce n’est pas avec une douzaine de sardines que l’on nourrit une vingtaine de requins. Je ne pense pas qu’on leur désapprenne à se nourrir seuls.
Petite anecdote, dans le journal local du mardi 4 mars, 2 pêcheurs avaient été arrêtés et écroués pour avoir pêché et tué 2 requins tigres. Comme je vous l’ai dit, le requin est un enjeu économique en Afrique du Sud et c’est un enjeu que l’on protège.
Dernier point, c’est la plus belle plongée qu’il m’ait été donné de faire. C’est tout simplement extraordinaire de les voir évoluer autour de soi, frôler nos palmes. Aucune peur, juste beaucoup de respect devant ses poissons magnifiques.