Nous sommes à Carry depuis jeudi soir.
Notre club, 22 plongeurs au total, doit arriver à l'Ufoval de Sausset vendredi soir, après leur journée de travail et 500km de route...
Nous les rejoignons samedi matin au centre
côte bleue.
Nous prenons nos blocs, vérification de la pression, le camion les emmène au port.
Le local qui nous est alloué est déjà occupé par des bidons de peinture, avec l'odeur qui correspond. Ca promet.
On nous donne le code pour l'accès aux douches du port.
Les autonomes partiront en semi-rigide, les stagiaires seront sur un bateau de pêche recyclé.
Nous faisons quelques aller-retour du local au bateau, avec tout le matos.
C'est un peu la pagaille. Notre MF1 responsable est un ancien commando, ça ne rigole pas dans la manoeuvre !
Sur le bateau on se fait houspiller : il n'y a pas assez de plombs pour tous, on avait pour consigne de ne pas les emmener.
Il y aura deux rotations pour récupérer les plombs des premiers, 30 mn de temps de plongée.
A cause de la mer formée nous serons largués par équipes à l'entrée du port, et récupérés au parachute.
Je me dépêche de m'équiper, je ne mets pas de gants, l'eau n'est pas très froide.
Nous sommes deux prépa N2 avec Philippe, MF1. C'est Stéphane, mon coéquipier qui devra gérer la palanquée.
Il faut grimper sur le rebord du bateau pour la bascule arrière, mes coéquipiers m'y aident.
Bascule, j'adore ça. Pour certains c'est la première.
Au moment de descendre, je découvre que dans la pagaille j'ai laissé ma ceinture de plomb sur le bateau.
Philippe me passe les siens, j'ai 3kg500 au lieu de 7kg habituels.
Tous deux m'aident à la descente.
On nous avait annoncé un fond de 22m, il est à 18m, j'ai juste le temps de le voir dans la purée

et m'arrêter.
Stéphane prend la direction, Philippe reste derrière en observateur, lui désignant les signes pour que j'y réponde : panne d'air, etc...
Stéphane ne comprend pas tout de suite, au lieu de simuler una panne d'air il m'arrache mon détendeur pour me donner son octopus.
Cela m'amuse, j'hésite à l'accepter.
Il fait le signe "panne d'air", j'y réponds calmement, j'avais l'octopus sous la main.
Au signe du froid, je réponds "on remonte", il dit ok, je pense fin d'exercice, mais j'avais oublié le signe "fin de plongée" il me fait donc un essoufflement, sur la directive de Philippe.
Je commence la remontée assistée, je manie son inflateur, sans réponse, nous sommes à 17m.
J'insiste en m'aidant d'un coup de palme et de son inflateur, nous ne bougeons pas des 17m, je ne comprends pas.
Je saurai plus tard qu'il était surlesté avec une stab trop petite. Le sachant, j'aurais géré avec ma propre stab.
Il simule être sur réserve, je dis fin de plongée pour tous, on remonte.
Philippe refuse et dit vouloir continuer. Je dis non, on remonte.
Il insiste alors je l'attrappe par les bretelles et je l'oblige à nous suivre. Fin d'exercice.
C'est amusant de prendre un MF1 par le col !
Philippe regarde nos manos, il est stupéfait

car Stéphane est réellement passé sous réserve, à 40 bars.
Nous avions 240 bars au départ, ça fait 20mn que nous sommes au fond.
Philippe lui donne son octopus, tient son gilet d'une main et le mien de l'autre (je suis sous-lestée).
Nous remontons à trois, je purge ma stab, je sors mon parachute tranquillement, le gonfle à 6m.
Nous remontons sur le fil.
Palier de principe à 3m, qui bouge avec la houle.
On attend d'être récupérés par le bateau.
24mn à 19m.
Je suis en meilleure forme que la veille, bien que la visi soit pire.
Mais ce n'est pas une mince affaire que de grimper à l'échelle avec l'équipement et la houle, ça m'épuise.
Deux autres palanquées partent avec nos plombs.
Le bateau tangue sous la houle, pour la première fois de ma vie j'ai le mal de mer.
Nous serons presque tous malades.
De nouveaux aller-retour au local, douche, le temps passe vite, il nous reste à peine une heure pour rejoindre UFOVAL, manger et revenir.
Le repas n'est pas appêtissant, je mange peu, j'hésite à replonger.
Comme nous devons dîner avec la Carry team le soir

, je préfère récupérer et être en forme, je plongerai demain...