de BINETTEREUNION » 05 Aoû 2008, 16:59
Les minutes défilent, les jours passent trop vite et on a le sentiment de ne jamais avoir le temps : puis on décide de se poser, et là le temps vient à nous : n'est-ce pas un peu pour cela qu'on aime tous autant plonger ? En tout cas c'est pour cela que je prends autant de plaisir à partager avec vous amis plongeurs, mes aventures sous marines...
Dimanche matin 10h30, la ville de St-Gilles se réveille et ma boulangerie favorite grouille de monde, d'ambiances et de bon pain chaud. Quelques chouquettes et me voilà dans la parking du port de St-Gilles, mon nouveau sac à la main, telle une petite fille qui part en colonie avec pour compagnons son gouter et son sac... C'est ça aller plonger, c'est faire ce voyage à la fois trouble et excitant qui nous mène de l'émerveillement à la plénitude totale : chaque fois est comme une première fois, comme ce jour d'hiver où je suis partie au sport d'hiver.
Je retrouve avec grand plaisir une ancienne connaissance Christophe qui s'est installé il y a 4 ans à la Réunion (je l'ai d'ailleurs invité à rejoindre le forum, il avait l'air motivé). Comme le monde est petit mais comme le monde du silence est immense et regorge de beauté !
Et là, j' m'équipe, une tasse de café, de la bonne humeur, des rires, du shopping sport pour Gigie et on grimpe avec une jeune formation N1 qui a l'air de prendre beaucoup de plaisir : ça fait tellement de bien de voir des gens si zen et si éblouis...
Nous arrivons après 15 minutes de navigation sur le site de 3 bassins, on descend tous ensemble et je retrouve Gigie sous l'eau ainsi que Bruno qui vient avec nous. Ses oreilles ont du mal à passer mais on lui laisse son temps et là le bleu nous appartient, une visi superbe, une couleur limpide, un sentiment d'extase, le sensation que plus rien n'existe, que nulle réalité n'est ailleurs.
Les reliefs sont à la fois apaisants et remarquables par leur coté atypique : cela ressemble à St-Leu, on y est presque mais on est quand meme à St-Gilles. Une première murène pour nous souhaiter la bienvenue, on se regarde, on dirait qu'elle se pose la meme question que moi : "mais qui es-tu ?".
S'en suivent des nudibranches de mille couleurs : turquoise, jaune, fluos, de quoi faire de belles photos pour le concours photo mais une envie de lacher prise tellement forte que l'appareil est resté à la maison. Des petits spirographes jouent à cache cache et un baliste titan ne se rend meme pas compte de notre présence. On scrute le corail, on fouille, je travaille ma stabilisation, c'est technique mais détente, bref c'est super...
Les poissons se succèdent, les impressions aussi, quelques regards pour les autres, quelques regards en surface et un coup d'oeil au mano, ça passe si vite, trop vite ! Et puis un poulpe caché sous le corail : Gigie le titille, la texture me dégoute mais l'espèce me charme. Un oursin se déploie puis se rétracte à notre arrivée, quelle dextérité, quelle rapidité, on se sent gros et lourd à coté.
Trop d'espèces dont je ne connais pas encore le nom mais avec qui je suis familière pourtant, est-ce vraiment une question de nom toute cette affaire ? Les yeux ne sont-ils pas notre meilleur guide ? Une murène nous disait bonjour et déjà une autre nous dit au revoir, on rejoint les autres au mouillage et commence la remontée, difficile moment toujours angoissant pour moi, je suis à 60 et j'ai du mal à me controler. Arrivée à la surface, je suis un peu énervée par ma prestation de remontée mais vite le beau souvenir de cet instant me rattrape et plus rien ne compte : j'ai le temps encore une fois, si je prends ce temps pour me calmer alors tout irra bien, seul compte l'instant présent.
Toute mélancolique je monte sur le bateau, le regard fixé vers l'horizon c'est déjà fini. Mais le saut d'un banc de dauphins infirme cette pensée : non tout peut commencer si je glisse dans l'eau alors je fonce, les yeux ecarquillés, ils me sondent. Le bateau tourne, nous les retrouvons je coule à nouveau, ils sont là, je palme vers eux avec un signe "ok" pour mes compagnons qui ne sont pas venus, ils sont devant moi, je peux tendre la main et presque les toucher, 2 puis 3 puis 5. Un silence total, quelle déception puis de nouveau un bruit de souffle : ce sont eux encore là, tellement de surprises, jamais de déception, rien n'est jamais fini... mais toute bonne chose se termine on rentre après 30 minutes à les contempler, on rince, on rie, on grignotte nos chouquettes.
Mais comme rien n'est jamais fini, on déjeune chez Didier et Gigie à la bonne franquette, le temps est splendide, il s'est arreté car je l'ai pris, je l'ai saisi. Une après-midi langoureuse, entre café, classeur de théorie N2, nouveaux clients qui arrivent et la magie de l'ouest qui opère.
Merci à vous de me faire vivre ces instants, tellements brefs mais dont l'effet agit constament... Plongée de nuit demain soir : ma première, quelle aventure ! A bientot
Back from nowhere !
N2 and Divemasteuse in English please ! Thank you Milka !