Samedi 20 novembre. Vingt jours que je n'ai pas plongé. La faute à un emploi du temps chargé, une météo pourrie et un mal de dos persistant. Du coup, malgré un vent tournant à l'Est / Nord-Est, je décide d'aller au club où une plongée N2 était programmée, des fois que des fous décident sortir malgré tout.
Finalement, nous sommes 6 à l'heure du départ. La météo n'est pas réjouissante mais on décide d'y aller et de voir une fois sorti de la rade. Direction le Pillkoppen, un remorqueur coulé par 30m.
Dans la rade, ça brasse pas mal, les vague s’engouffrant par la passe de l'Est. Et lorsqu'on arrive vers la passe de l'Ouest pour sortir en pleine mer, oulala !!! Le bateau, prenant les vague par tribord, se fait ballotter dans tous les sens. En plus, pas moyen de mettre le sondeur et le GPS en marche. Va falloir le faire à l'amer.
Comme on doit faire 2 palanquées de 3 en 2 tours, on décide d'une plongée de 20 minutes max au fond. Ça devrait faire de l'ordre de 25 minutes max dans l'eau.
La première palanquée se essaie de se préparer entre 2 vagues. Pas facile. L'un des 3 devra abandonner avant la fin. Au moment de mettre son étanche, un des manchons se déchire... Au moins il ne perdra rien de la ballade en bateau

Lorsqu'on arrive au point de largage, je pousse la gueuse au fond. En même temps je me fait tremper jusqu'aux genoux. Mais j'étais pas encore en tenue moi !!!!
Le bateau manœuvre un peu et la première palanquée, de 2 en raison du tancheux forfait, se met à l'eau. On en profite pour mettre le bateau face au vague afin de calmer le tangage et de pouvoir se changer plus facilement. Craignant que la température de l'eau se soit refroidi en 3 semaine (15°C lors des dernières plongées), je décide de rajouter la surveste par-dessus ma 5mm. Du coup, je rajoute 3 kg de lest, un peu au pif. Après 25 minutes, 2 têtes surgissent à quelques mètres du mouillage. Le bateau fonce aussi vite qu'il peut sur les plongeurs. La remontée à bord est un peu "folklo" du fait des mouvements du bateau.
On fait un point sur leur plongée (position du mouillage par rapport à l'épave, conditions au fond,...) et on fini de s'équiper. Je décide de laisser l'appareil photo sur le bateau.
A notre tour, nous nous mettons en place sur la plage arrière et attendons le signal de mise à l'eau. Au coup de klaxon, on saute et on rejoint la bouée. On s'immerge sans tarder car à faire le yoyo sur les vagues, on va être rapidement malade...
On descend le long du mouillage. Il fait nuit noire malgré qu'il ne soit que 16h20. Soudain vers 31 mètres, je sens quelque chose de dur. Faut sortir la pelle, on est au fond... J'allume mon phare pour m'apercevoir qu'effectivement, nous sommes arrivés. On attache une seconde roule à la gueuse qui gît au milieu du sable et on part vers l'Est comme convenu. Après une vingtaine de mètre, et n'avoir croisé comme habitant qu'un seul homard sous un caillou, un mur se dresse devant nous. Nous somme sous la proue du Pillkoppen. Nous remontons de 4 mètres, passant devant l'une des ancres toujours à poste. Nous coinçons la roule entre 2 tôle. Ainsi, on pourra rejoindre le mouillage pour remonter.
L'explo commence. A trois dans le noir, c'est pas ce qu'on fait de mieux. On passe sur le guindeau dans lequel passe encore la chaine retenant l'ancre. Dessous, une tête de congre apparait. Un peu plus loin, deux bittes d'amarrage, divers pièces mécaniques, des bouts de tôles. Sur l'épave de nombreuses blennies jouent à cache-cache. Nous arrivons sur le sol d'une pièce couverte de carrelage blanc et bleu. Nous progressons encore vers la poupe, illuminant des bancs de tacauds par les ouvertures donnant à l'intérieur de l'épave. Le courant est revenu et nous porte un peu. Mais le retour vers le mouillage risque d'être compliqué. Si besoin, on remontera en pleine eau. Arrivé sur la proue, une chaine emmêlée nous interpelle. Le mois dernier, nous avions aperçu un bout provenant "d'en haut" et une fois en surface, nous avions aperçu une bouée crevée flottant à la surface. Et la bouée était encore là en arrivant, pas très loin de notre lieu de mouillage. Nous décidons de suivre ce bout pour remonter. Mais avec le courant, il part très incliné. Si bien qu'à 20 mètre, nous croisons notre bouée crevée aperçu en surface en arrivant. Nous lâchons tout et remontons dans le vert. Nous effectuons 4 minutes de palier sous le parachute. A 5 mètre, on sent les vagues au-dessus de nous. Dans le calme régnant au fond, nous avion complètement oublié la "tempête" de la surface...
En faisant surface, on se rend compte que le temps ne s'est pas arrangé. Mais le bateau est là, face à nous, prêt à nous récupérer. Bien qu'aillant pas mal dérivé, nous avons été repéré dès la sortie du parachute.
Le bateau fonce sur nous, nous frôle moteur au point neutre, et nous accrochons la plateforme arrière. Je remonte le dernier, tentant de ne pas lâcher la plateforme qui me fait sortir de moitié de l'eau lorsque les vague soulèvent l'arrière. J'agrippe ensuite l'échelle, remonte et après avoir rejoint à 4 pattes la plage arrière, je me fais renverser par une vague. Finalement, on est mieux sur le dos pour se déséquiper

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Une fois déséquipé, nous nous apercevons que nos combis sont couvertes d'une sorte de krill vraisemblablement récupéré en remontant le long du bout abandonné. Nous nous rinçons tant bien que mal, assis dans les vague sur la plage arrière.
Ensuite, nous récupérons le mouillage que nous avions laissé en place. La roule que nous avions fixer à la gueuse est toujours accrochée. Tout est donc récupéré.
Le retour est mouvementé. Dans la cabine, les bancs valdinguent au gré des vagues. Ça ne m'empêche pas de m'enfermer dans la douche pour me dessaler et de me changer avant d'arriver à l'abri dans la rade. Une fois la passe Ouest passée, ça va mieux. Mais c'est trop tard, l'un des plongeur a déjà nourri les poissons

Maintenant au calme, tout le monde se change et on range le pont arrière. Pour une reprise, c'était sympa... Et finalement, l'eau est toujours à 14/15°C.
Ce matin, le vent à tourné au Nord-Est. Je me lève malgré tout pour aller faire la plongée du dimanche matin. Mais en apercevant les vagues qui passent par-dessus la digue, je déclare forfait, pensant que le bateau restera au port. Et finalement, dans la matinée, je vois depuis la véranda le bateau largué ses plongeurs à l’abri derrière la digue. Dommage, j'aurai dû y aller...
