Ce jour là, je n'étais pas bien réveillé, ou bien était-ce un nouveau rêve ?
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Sylvain se prépare mentalement à un enseignement N3 tip-top, tandis que Ramoucho pilote le navire, l'esprit encore quelque peu embrumé par les dernières vapeurs des nuits Argelésiennes.

La mer est calme, le vent s'est tu après une semaine de Tramontane (le vent qui rend fou) presque continue.

C'est là que nous allons, sous le soleil exactement ! Plus précisément sur l'épave du bananier, par 40 mètres de profondeur environ.
Je vais retrouver Alice.
L'eau est plutôt verte aujourd'hui, c'est flagrant dès la descente le long du bout...

Ramoucho a bien visé l'épave lorsqu'il a largué la gueuse ; le bout passe juste à côté du mât.
La visibilité est très réduite en surface, mais elle s'améliore un peu au fond, mais qu'est ce que c'est sombre...

Mais j'ai oublié de vous présenter mon binôme, Fabrice (d'un club associatif « concurrent » du Dauphin Catalan, c'est une honte, non ?).

Après notre descente le long du mât, nous partons vers l'une des tourelles proches, par tribord, admirer les anémones bijoux.

Nous croisons de nombreux bancs d'anthias rouges, quelques bars passent rapidement le long de la coque. Une double lance à eau est encore debout.

Continuons vers la proue, en compagnie d'une myriade d'anthias... On ne se sent jamais seul sur cette épave, la vie nous entoure sur ce navire défunt.

Un énorme canon est pointé vers l'avant ; il est recouvert de filets, et on a du mal à reconnaître ses formes originelles.

Mon binôme permet de donner l'échelle aux photos... Mon appareil photo ne permet pas de vous présenter une vue complète de la proue, sinon je devrais m'éloigner et on ne verrait plus que du vert gris !

Tu cherches quelque chose, Fabrice ? Ah oui, le congre n'apprécie pas trop qu'on vienne farfouiller dans les puits de chaines d'ancre ! Mais on ne cherche pas la bagarre, on opère une retraite subtile...

On repart en direction du château, en passant par bâbord cette fois-ci. Une tourelle jumelle de celle de tribord nous attend au niveau du mât, mais celle-ci a perdu son canon.

À l'approche du château, l'épave est couverte de filets à fines mailles. J'y retrouve une godive orange, en train de mâchouiller le filet.

Un léger courant de fond semble aplatir la fragile godive ! Quel courage de la part d'un être si fragile de remonter le courant en s'agrippant au filet !
Nous voilà survolant le château ; nous faisons le point sur notre consommations d'air, nous avons le temps d'aller jusqu'à la cassure du navire.

Une grande citerne repose sur le toit du château. Je n'ai pas eu la curiosité de regarder ce qu'elle contient, peut-être un petit rosé du Roussillon ? Mais où est donc le robinet ?!

Nous dépassons le château et continuons en direction de la poupe. Une autre tourelle est surmontée d'un double canon orienté vers l'arrière.

Cette tourelle, comme une grande partie de l'épave, est elle-aussi couverte de petites anémones bijoux.
La visibilité se dégrade alors que nous atteignons le canon de poupe, dressé vers le zénith.

Tout cet armement forme autant de pôles de vie pour les bancs d'anthias et de point de regroupement pour les plongeurs visiteurs éphémères.
Et la poupe, avec les hélices ? Elle est ailleurs, quelque part autour de nous, car l'épave s'est cassée en deux quand elle a été torpillée en 1944. J'espère pouvoir y plonger un jour.
Les coursives du château peuvent être visitées, avec quelques précautions, mais nous n'en aurons pas le temps aujourd'hui.
L'Alice Robert est une épave qu'on doit prendre le temps d'explorer en plusieurs plongées pour mieux l'apprécier.

Nous rejoignons tranquillement mais à contre courant le mât où nous terminerons cette belle plongée.

Un beau moment de vie intense prend fin...

Le mât disparaît peu à peu dans les eaux sombres... Au revoir, ma belle.
Pas besoin de m'éveiller, je suis heureux.
