Bien palmer en plongee

Apprendre à bien palmer complet

 

Hormis James Bond et les accros aux propulseurs, l’exploration du monde subaquatique demande d’utiliser ses muscles et ses palmes. Si certains sont à l’aise avec ces appendices dès le début, d’autres pédalent sérieusement dans la semoule. Alors pour que vos immersions soient plus agréables et moins fatigantes, voici quelques conseils pour vous entraîner correctement et progresser rapidement. Maîtriser la technique, c’est consommer moins d’air et prendre un maximum de plaisir.

1/ La technique classique : “le ciseau”
Le “ciseau” peut se décomposer en 2 étapes simultanées, chaque mouvement partant de la hanche. Le 1er : une jambe en haut, genoux plié à 45°C environ et talon tiré vers l’arrière (axe tibia/pied le plus droit possible), descend puis se tend. La palme pousse l’eau à l’arrière et propulse le plongeur. Le 2e : l’autre jambe remonte en restant droite et peut (ou non) participer à la propulsion. Ces mouvements doivent être assez amples et plutôt lents lors d’une explo “tranquille”. Si du courant se lève, vous pouvez augmenter l’amplitude et/ou la vitesse de vos mouvements et/ou utiliser la phase 2 pour pousser également, en adaptant votre ventilation afin d’éviter l’essoufflement (voir Plongée Magazine N°51). Votre corps doit rester bien horizontal, étirez-le bien et gardez le plus souvent possible la tête dans l’alignement et non pas redressée constamment.
Conseils de pro : Demandez à un moniteur de positionner votre corps de façon adéquate. Vous sentirez ainsi la position des jambes et les mouvements à adopter.

Palamgeok 506x276 Apprendre à bien palmer

2/ Quel palmeur êtes-vous ?
- L’académicien : vous palmez alternativement de haut en bas, bien verticalement, avec une amplitude moyenne à importante et surtout avec votre pied en extension permanente. C’est le palmage au meilleur rendement. L’extension permanente du pied peut parfois engendrer des crampes aux mollets. Si vous trouvez que vous n’êtes pas efficace, cela vient d’une trop faible amplitude, des jambes trop raides ou d’un blocage de la cheville en position classique. Si vous avez tendance à consommer et vous fatiguer rapidement, palmez plus doucement et moins fort.
- Le palmeur du genou : le mouvement se fait uniquement à partir des genoux. Le mollet fait l’essuie-glace ! Le rendement est correct lorsque le pied est en extension lors de la phase de descente et devient mauvais lorsque le pied n’est plus en extension. Tendez les orteils !
- Le cycliste : c’est le palmage classique des débutants. Vous pédalez comme en vélo en pliant exagérément les genoux et en gardant souvent vos chevilles en position naturelle. Résultat : un très mauvais rendement et ce palmage vous propulse vers le haut. Conséquences : consommation d’air importante, profondeur yoyo avec risques pour vos oreilles, risque d’essoufflement si du courant se lève, difficulté à suivre la palanquée, donc risque de la perdre.
Conseil de pro : Le choix de l’amplitude, de la force et de la fréquence dépend de vos sensations, de votre forme physique, de votre souplesse et de vos palmes. Ne copiez pas sans réfléchir.

Palmage genoux ET cheville bloque ok 506x354 Apprendre à bien palmer

3/ Entraînez-vous en piscine
Commencez par le palmage de sustentation. On peut se tenir au bord si besoin et fixer l’attention uniquement sur la technique. Concentrez-vous sur la verticalité du corps, votre amplitude et regardez vos jambes : l’alignement tibia/pied et le genou pas trop plié. Vous devez vous maintenir la tête hors de l’eau sans difficulté. Si ce n’est pas le cas, vous pliez trop le genou ou vous n’avez pas assez d’amplitude.
Puis passez au palmage ventral. Faites varier votre amplitude et votre fréquence pour trouver celles qui vous conviennent. Le palmage dorsal, lui, permet d’avancer en reposant les muscles trop sollicités en ventral, tout en travaillant votre symétrie de poussée (pour ceux qui ne vont pas droit) et votre étirement du corps en tendant les bras en arrière et en projetant le regard vers l’avant. Ne faites pas sortir vos genoux ou vos palmes de l’eau.
Conseil de pro : Faites-vous guider et observer par quelqu’un qui pourra vous corriger de manière certaine mais aussi assurer votre sécurité.

4/ Pratiquez en mer
C’est en forgeant que l’on devient forgeron ! Alors pratiquez le plus régulièrement possible, été comme hiver. Pensez aux résistances qu’engendre votre équipement, soyez compact, rangez vos flexibles, votre octopus et votre manomètre. Ne gonflez pas votre stab outre mesure et pour cela ajustez votre lestage. Des exercices de remontée à la palme ou de sustentation gilet vide peuvent améliorer la technique, les sensations et la force. Un observateur averti peut vous corriger ou même vous filmer.
Conseil de pro : Tester un maximum de palmes permet de sentir des différences en confort, poussée, rigidité.

5/ Choisir des palmes adaptées
Les palmes réglables permettent d’utiliser plusieurs chaussons en fonction de la température de l’eau et sont solides. Par contre elles sont souvent rigides et peu confortables. Les chaussantes, elles, entourent parfaitement le pied, ce qui procure un confort certain et améliore le rendement. En revanche, elles sont plus fragiles et entraînent parfois des ampoules au début de leur utilisation. Ensuite, il va falloir opter pour des palmes à voilure longue, courte, fendue ou articulée. Chacune ayant ses avantages et ses défauts. Les académiques opteront pour les longues ou courtes, la différence résidant dans la poussée et la force qu’il faut : plus la palme est longue, plus il faut de force. Pour les plongeurs des genoux ou les pédaleurs, les palmes articulées ou fendues permettent de compenser le manque de technique (et de muscles) pour des plongées tranquilles. Mais améliorez votre technique pour des plongées plus engagées.
Conseil de pro : N’acheter pas tel ou tel type de palmes sous prétexte que votre moniteur a les mêmes, surtout lorsque celui-ci n’a pas la même morphologie que vous !

Encadré : les autres palmages
Le ciseau est une technique parfois déconseillée à proximité du sable et du récif. En effet, qui n’a jamais vu un corail cassé par un coup de palmes malencontreux ou s’est retrouvé dans un nuage de sédiments ou de sable ? Il existe d’autres techniques :
- Le palmage grenouille, utilisé notamment par les plongeurs spéléo. Très pratique à proximité du fond, des coraux et dans tous les endroits où des sédiments peuvent se soulever.
- Le palmage arrière, utilisé par les spéléos et plongeurs confirmés dans des épaves, des endroits exigus ne permettant pas de faire demi-tour.

Texte et photos Antoine Mettra 

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