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Jérôme Monney : les Raja Ampat plein la vue

 

Jérôme Monney n’est pas photographe professionnel. Il se considère juste comme un amateur, au sens littéral de celui qui aime. Mais la photographie fait partie de sa vie depuis toujours. Depuis que Papa lui a offert un Instamatic avec des flash-cubes. Plus tard il y a eu la plongée, la photo sous-marine, le numérique. C’est là que tout a basculé. « Bien sûr, je fais aussi des images extérieures, confie-t-il. Mais c’est vraiment la photo sous-marine qui me motive. Cet espace où les conditions changent constamment, avec une explosion de couleurs, une vie dynamique, c’est un challenge perpétuel. Pour autant, comme je n’ai pas d’impératifs professionnels, je suis encore capable de plonger sans appareil. »

Il faut dire que Jérôme se trimballe un bagage que bien des pros envieraient. Il est guide de plongée et directeur de croisière depuis 1999 et a traîné ses palmes dans tout le Sud-est asiatique. Thaïlande, Birmanie, Malaisie : la quasi-totalité de l’archipel indonésien, avec des milliers de plongées à son actif. « J’ai la chance de pouvoir faire bien plus de photos que la majorité des professionnels, la pression en moins. Si une image n’est pas bonne, ce n’est pas grave, je la retenterai dans quelques jours. Grâce à mon métier, j’ai aussi eu la chance de rencontrer nombre de photographes qui m’ont beaucoup apporté et avec lesquels j’ai parfois noué de véritables amitiés. Ils m’ont non seulement influencé, mais également permis de progresser. Comme l’Américain Mark Strickland, l’Allemand Gerald Nowak ou l’Anglais Steve Jones. Mais aussi Christophe Migeon ou plus récemment Laurent Ballesta. Je n’ai cessé d’apprendre grâce à eux et à mon tour, je transmets mes connaissances avec des conseils sur l’éclairage, la prise de vue ou le post-traitement lors des croisières. »

Visiblement, Jérôme Monney a su tirer profit de ses atouts. À l’image de ce portfolio, entièrement réalisé à Raja Ampat, et qui illustre non seulement la beauté des sites mais également son regard, de la super-macro à la photo d’ambiance, en sachant jongler avec la lumière et la technique. « Comme beaucoup, j’ai commencé avec la macro, plus facile au début. Ensuite la découverte des ambiances au fisheye, puis les portraits de poissons – mais ce n’est pas mon truc d’attendre qu’ils montrent leur meilleur profil –, puis la super-macro avec un nouveau champ de perspectives, etc. Et aujourd’hui, c’est dans la photo panoramique que je m’éclate. »

Entre autres projets pour Jérôme, la construction d’un nouveau bateau pour découvrir non seulement l’Indonésie mais aussi la Malaisie, les Philippines, la Micronésie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. De belles images en perspective. Et un voyage aux Galápagos : « Un vieux rêve qui se réalise. Mais je ne sais toujours pas si je vais emmener mon appareil photo ou simplement savourer ces moments que j’ai attendus si longtemps. » C’est beau l’amateurisme.

Retrouvez le texte de Daniel Deflorin et la photo de Jérôme Monney dans Plongée Magazine n°70

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