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Santé & Sécurité

Un caisson à bien encaisser

Mise en ligne le 15-10-2010 par redac aucun commentaire

Le caisson hyperbare est l'Arlésienne que le plongeur a heureusement peu l'occasion de fréquenter. A quoi sert-il et comment fonctionne-t-il? Autant le savoir pour dédramatiser.

Le caisson hyperbare est une enceinte étanche soumise à une pression interne supérieure à la pression atmosphérique. Utilisé à des fins thérapeutiques, il administre de l’oxygène à une pression supérieure à un ATA ou un bar, d’où le terme d’oxygénothérapie hyperbare (OHB). Les procédures de durée, la fréquence des séances et la pression dépendent des pathologies. Les protocoles de compression/décompression sont indiqués en France par les tables de la Comex.

À chacun son traitement

L’OHB permet de “recomprimer” les volumes gazeux, en cas d’hyperbarie et d’augmenter la pression partielle en O2 dans l’organisme, en cas d’hyperoxie. Le plongeur bénéficie de l’effet mécanique de l’OHB (loi de Mariotte), se “recomprime” puis connaît une décompression progressive par paliers pour une désaturation adaptée aux possibilités d’élimination. En hyperbarie, la respiration d’O2 pur accélère la désaturation en prenant la place de l’azote, lutte contre l’hypoxie des tissus en augmentant la quantité d’oxygène dissous et améliore la microcirculation. L’OHB ne se discute pas dans les ADD de type II, médullaires, cérébraux ou labyrinthiques (oreille interne), à condition d’être réalisée très tôt et accompagnée du traitement médical ainsi que d’une réanimation adaptée. Dans les ADD de type I, elle est indiquée si les signes cutanés ne s’améliorent pas ou qu’il existe une atteinte osteoarticulaire.

Avec une surpression pulmonaire, l’OHB est prescrite en cas de signes neurologiques et à condition d’avoir éliminé un risque de pneumothorax ou d’emphysème (passage d’air dans la plèvre, le médiastin ou en sous-cutané). Dans les barotraumatismes de l’oreille interne, et après vérification de la perméabilité de la trompe d’Eustache, voire la pose d’un aérateurtympanique, l’OHB permet de stopper l’hypoxie des cellules et favoriser la récupération de l’audition et de l’équilibration. Chargée d’évaluer les techniques et les traitements médicaux, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande pour le traitement des ADD une séance d’O2 entre 2,8 et 4 ATA, pendant environ 7 heures. Pour les barotraumatismes de l’oreille interne, au moins dix séances de 90 mn à 2,5 ATA, avec deux séances par jour. Ce protocole pourrait être appliqué au traitement des déficits résiduels de l’ADD mais il ne fait pas encore consensus. Les accidents en plongées Nitrox ou aux mélanges ternaires bénéficient aussi de l’OHB.

Hors plongée, le caisson sert pour les intoxications au monoxyde de carbone, plus rarement pour les surdités brusques, les embolies gazeuses et les plaies ou infections graves requérant une oxygénation des tissus.

 

En bonne compagnie

Il existe deux types de caissons. Les monoplaces (comprimés à l’O2 pur) ressemblent à des cylindres d’environ 2 mètres de long sur 0,8 à 1 mètre. Certains disposent d’un sas où un accompagnateur peut être assis à la tête du patient. De plus en plus utilisés, les multiplaces (comprimés en air) assurent des soins complexes. Le patient y respire de l’O2 par l’intermédiaire d’une “tente à oxygène”. Le Code européen de bonne pratique pour la thérapie hyperbare (COST) préconise la présence d’au moins un médecin hyperbariste et d’un opérateur pour les monoplaces ; pour les multiplaces, un médecin hyperbariste, un opérateur et un accompagnateur. Le médecin doit être titulaire d’un diplôme interuniversitaire de médecine hyperbare et les autres intervenants, d’une formation spéciale en hyperbarie.

Consignes de sécurité

Les caissons répondent à des impératifs de sécurité. Le risque d’incendie dans une atmosphère riche en O2 impose un cahier des charges pour la construction, ainsi que l’entretien du caisson, et proscrit les matériaux inflammables ou susceptibles de provoquer des étincelles. L’hygrométrie est maintenue entre 60 et 70 %. L’atmosphère du caisson ne doit pas dépasser 25 % d’O2 pour ne pas intoxiquer le personnel soignant. Les masques pour la respiration du patient sont étanches et les gaz expirés sont rejetés à l’extérieur. La recompression doit être réalisée dans les six heures suivant l’accident. Ce délai n’est pas facile à tenir mais il est préférable de s’adresser à un vrai centre hyperbare, associé à une unité d’urgence-réanimation, pour une prise en charge globale de l’accidenté. L’OHB s’inscrit dans une chaîne de soins, avec des traitements médicamenteux et des techniques de réanimation.

Une thérapie bien tolérée

Les séances d’OHB ne sont pas sans  risque, mais les complications graves restent exceptionnelles (aucun incident sévère sur 3.000 patients d’après l’HAS), surtout chez un plongeur en bonne santé. Il s’agit souvent de claustrophobie (plus de 14 % des cas), surtout dans les caissons monoplaces. L’hyperbarie peut aussi provoquer des barotraumatismes (oreilles, sinus, dents) et la toxicité de l’O2 peut entraîner des convulsions hyperoxiques, mais seulement lors de longue sénaces (plus de 120 mn).

Liste des caissons sur www.medsubhyp.com/site/caissons_civils.htm

Texte Dr Maia Bovard-Gouffrant et Photos Daniel Deflorin 

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