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Un peu d’air dans le tube digestif, Mariotte et Boyle passent par là, et voilà l’abdomen du plongeur qui s’envole…
Parmi les plis et replis des 7 mètres de notre tube digestif, se faufile toujours aussi une certaine quantité d’air : 200 ml de gaz, essentiellement au niveau de l’estomac et du colon. Ces gaz proviennent de l’air dégluti (un litre par jour), des réactions chimiques entre nourriture et sécrétions gastriques et intestinales, ainsi que de la fermentation des aliments liée au travail des bactéries de la flore intestinale. Ces gaz sont éliminés par l’anus - d’où certaines “flatulences” - à raison de 400 ml environ par jour, un chiffre qui peut “exploser” à un ou deux litres selon ce que l’on a mangé ou bu !
Une usine à gaz
Divers facteurs concourent à la formation de gaz en excès : surconsommation de boissons gazeuses, de gommes à mâcher, repas pris à la vavite engloutissant autant d’air que d’aliments, alimentation déséquilibrée (trop de glucides ou de protéines) provoquant une fermentation démesurée au niveau de la flore colique, stress qui favorise l’aérophagie, hernies hiatales, constipation qui réduit l’élimination des gaz, anomalies de la flore intestinale après un traitement antibiotique… En plongée, un excès de gaz inspiré peut être provoqué par l’utilisation d’un embout buccal inadapté, par les difficultés d’équilibration entraînant des déglutitions d’air répétées, ou encore d’éventuels changements alimentaires lors d’un voyage.
Rupture gastrique : classique mais rare
Si la littérature médicale de la plongée détaille souvent largement le risque de rupture gastrique, celle-ci est exceptionnelle, avec moins de trente cas publiés selon le Broussolle. Il s’agit d’une déchirure complète ou non de la paroi gastrique sous l’effet d’une dilatation à l’extrême de l’estomac, entraînant des douleurs violentes, avec vomissement, et parfois saignements digestifs et syncope.

La plongée, c’est gonflé !
Le scénario est toujours le même : comme toutes les cavités susceptibles de contenir de l’air, le tube digestif est exposé au risque de barotraumatisme. Les accidents sérieux sont très rares, par contre les problèmes gastriques et intestinaux mineurs sont très fréquents. Lorsque des gaz se forment dans l’intestin, leur volume augmente lors de la remontée ; le colon se dilate, provoquant un ballonnement abdominal, des spasmes, des douleurs type coliques parfois violentes, des nausées, des éructations, une sensation de mal-être…
Quelques précautions
Seule solution efficace, évacuer les gaz par la voie anale. Comme cela n’est pas toujours aisé, il faut ralentir voire stopper la remontée, tant que la douleur reste vive, pour réduire la distension colique. Après la plongée, la douleur cesse généralement lorsque les gaz ont été évacués. La position allongée, à plat ventre ou couchée sur le côté droit, faciliterait leur expulsion. Le même type de phénomène peut se produire au niveau de l’estomac, avec une distension gazeuse responsable de pesanteurs ou de douleurs gastriques ou oesophagiennes, d’éructations (rots) pénibles, de régurgitations, de hoquets, de nausées… pouvant conduire à des sensations d’étouffement. La conduite à tenir est la même que précédemment : il faut remonter lentement en évacuant le trop plein de gaz.
Si le plongeur garde une gêne, un gonflement abdominal ou gastrique, des flatulences ou éructations trop fréquentes, il peut limiter la production de gaz en prenant des traitements à base de charbon activé ou de gel de polysilane. Les antispasmodiques calment la douleur abdominale mais peuvent aggraver le météorisme (gonflement) abdominal en ralentissant le transit. Pour éviter l’excès de gaz, on conseille de supprimer, avant la plongée, boissons gazeuses, comprimés effervescents, chewing-gum, de limiter les aliments favorisant les flatulences tels que le chou et les féculents (pain, haricots, pois, pommes de terre, lentilles…). Tout ceci en mangeant et en buvant calmement pour ne pas avaler de l’air !
Flux et reflux
Autre problème fréquent (il concernerait 30 % des plongeurs), les “gastralgies” (douleurs gastriques) liées au pyrosis (remontée de liquide acide d’origine gastrique le long de l’oesophage). En principe, le contenu de l’estomac ne peut remonter dans l’oesophage, fermé par un sphincter. Ce système peut être déficient, soit quand il existe une hernie hiatale, soit beaucoup plus souvent en cas de reflux gastro-oesophagien plus ou moins permanent (responsable de nausées, de brûlures au niveau de l’oesophage ou du pharynx). On comprend aisément que la position tête en bas, l’augmentation des pressions s’exerçant sur l’estomac, une combinaison trop serrée favorisent reflux et régurgitations, surtout si un petit mal de mer a déjà malmené l’estomac. Les plongeurs qui y sont sensibles ont intérêt à laisser les canards aux autres et à descendre, verticalement, les pieds vers le bas. Il faut éviter alcool, café, graisses, aliments ou boissons acides, les repas trop lourds ou trop épicés. Et s’il ne faut pas se mettre à l’eau juste après manger, il ne faut pas non plus plonger sans rien dans le ventre ! Si ces problèmes se répètent, une consultation s’impose pour vérifier si le reflux est ou non permanent. À noter qu’un certain type de traitement chirurgical de la hernie hiatale constitue, lui, une contre-indication définitive.
DR MAIA BOVARD-GOUFFRANT et photo Daniel Deflorin -![]()


Le point de vue de zobez
c'est un très bon renouvellement d'information pour tout le monde comme quoi il faut faire attention à certaines chose. Merci docteur