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Santé & Sécurité

Allergies: chaud le contact!

Mise en ligne le 21-10-2010 par redac aucun commentaire

On dispose de textures de plus en plus confortables et de produits de plus en plus performants pour nous protéger du froid ou de l’eau. Mais ces progrès sont autant de bombes à retardement sur le plan allergique.

Les réactions allergiques peuvent être occasionnées par le contact avec l’allergène par voie cutanée, par inhalation ou par absorption orale. En plongée, la grande majorité est provoquée par contact cutané. Certaines sont spécifiques au milieu marin, comme celles liées à la faune ou la flore sous-marines. Elles sont imprévisibles, puisqu’elles peuvent survenir chez des personnes qui ne se connaissaient pas de terrain allergique. Plus anecdotique, les urticaires “aquagéniques”, ou allergies à l’eau, provoquent de violentes démangeaisons. Leur mécanisme serait lié à une réaction de la peau aux changements de température. Les médicaments utilisés habituellement, comme les antihistaminiques, ne sont pas toujours efficaces.

Quand le vêtement protecteur devient agresseur

Mais au niveau de la peau, l’allergène le plus souvent impliqué est le latex. Or, on en trouve un peu partout, de l’élastique du maillot de bain aux masques, palmes et tubas. Au moins 2 % de la population française est concernée. Son allergénicité varie selon les marques et sa qualité. La nécessité de produire de grandes quantités à moindre coût amène à diminuer le temps de stockage et entraîne une dégradation moins poussée des protéines qui sont de ce fait plus allergisantes. La protéine du latex n’est hélas pas la seule substance allergisante à exercer ses méfaits. Certaines allergies au caoutchouc sont provoquées par les substances chimiques ajoutées au latex pour en améliorer les propriétés. Parmi ces divers produits, citons l’IPPD (ou N-isopropyl-n-phenylparaphenylenediamine) que l’on trouve à la surface des caoutchoucs, surtout les noirs dits à “haute résistance” ; le PPD (Paraphenylene diamine ou diaminobenzène), responsable des accidents allergiques après coloration des cheveux et que l’on retrouve comme teinture des matériaux noirs ; les thiurames, utilisés dans la fabrication du néoprène ; les dithiocarbamates qui augmentent la résistance des matériaux aux UV ; et les thiourées qui participent à l’élaboration du néoprène des combinaisons et des chaussons… La liste n’est pas exhaustive. Comment prévenir les allergies ? En évitant la substance allergisante. Pour le latex, c’est devenu un peu plus facile maintenant qu’il est souvent remplacé par du silicone, avec lequel les allergies sont exceptionnelles. Pour le néoprène, la démarche est plus complexe puisqu’il faut faire des tests pour repérer la molécule en cause, avant de rechercher des chaussons ou une combinaison qui n’en contiennent pas ! Il est aussi conseillé aux plongeurs à peau sensible d’éviter l’utilisation fréquente d’antiseptiques et de détergents qui, en fragilisant la barrière cutanée, favorisent la pénétration des antigènes, ainsi que l’exposition au soleil qui peut majorer la sensibilisation à divers produits.

Sus aux réactions allergiques !

La plupart des réactions allergiques, après contact cutané, se manifestent par un eczéma, de l’urticaire, des oedèmes ou des démangeaisons, généralement localisés aux zones de contact avec l’allergène. La violence des démangeaisons permet de les distinguer d’une simple irritation. Il peut s’agir aussi de rhinites ou de conjonctivites allergiques, lorsque l’allergène a été en contact avec le visage ou dans les allergies au latex dont les molécules ont tendance à se disséminer dans l’air. Des manifestations plus graves peuvent survenir : crise d’asthme, oedème de Quincke (œdème généralisé au niveau du visage et des voies respiratoires avec risque d’asphyxie), choc allergique. On vient généralement facilement à bout d’un eczéma ou d’urticaire peu importants avec une pommade à base d’antihistaminiques ou de corticoïdes. Si les lésions sont plus étendues ou très prurigineuses, on peut recourir à un antihistaminique voire à des corticoïdes en comprimés en attendant la consultation. Les personnes ayant des antécédents d’oedème de Quincke ou de choc anaphylactique devront toujours avoir, dans le sac de plongée, une seringue prête à l’emploi de corticoïdes ou un stylo injecteur d’adrénaline.

Sherlock Holmes en piste

Le risque de complications potentiellement graves justifie de faire une recherche de l’allergène en cause. Ce qui, étant donné leur multiplicité, demande souvent une sagacité quasi-policière. L’allergie au latex survient, le plus souvent, chez des personnes en contact professionnellement avec celui-ci (personnel soignant, coiffeurs, employés de certaines industries) mais aussi chez celles ayant subi de nombreux examens ou interventions médico-chirurgicales. Le risque est d’autant plus grand d’être allergique au latex qu’on l’est aux fruits exotiques (kiwi, banane, avocat) ou à coque (ils donnent des allergies croisées avec le latex). L’allergie est confirmée par des tests cutanés et biologiques. Ces examens existent aussi pour les substances susceptibles de contaminer le caoutchouc ou le néoprène. Il est recommandé d’avoir, dans son sac de plongée, une carte mentionnant l’existence d’une allergie, en particulier dans le cas du latex.

Texte Dr Maia Bovard-Gouffrant et Photo Fred Maxant 

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