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Plonger, c’est d’abord respirer sous l’eau. La ventilation fait partie en effet des « fondamentaux » et puisqu’en plongée, elle ne s’invente pas, voici quelques techniques pour évoluer en toute sérénité.
Du plongeur débutant au plus confirmé, intuitivement ou en s’appuyant sur de solides connaissances, chacun d’entre nous a ressenti à quel point l’équilibre des échanges gazeux est fragile et combien il est crucial de le maintenir.
Sur terre, un acte inconscient
La ventilation appartient au domaine des actes réflexes (non volontaires), le terrien n’a pas conscience de sa ventilation. Le principe mécanique est à l’image d’une seringue dont le piston représenterait le diaphragme et le corps de la seringue, la cage thoracique. Sur la base d’un effort musculaire involontaire, le diaphragme, en s’abaissant, va permettre à l’air de pénétrer dans les poumons.
Cette phase d’inspiration est donc active. Au moment du relâchement, le système revient à sa position initiale.
C’est la phase d’expiration, elle est passive. Le système ventilatoire ressemble donc à une pompe à air que l’on pourrait appeler aussi « échangeur gazeux ».
De nombreux facteurs de perturbation
En immersion, un faisceau convergent de facteurs altère le fonctionnement de l’échangeur gazeux. Parmi les sources du dérèglement, la pression, accrue par la profondeur, et un équipement peu performant ou mal ajusté conduisent le plongeur vers une fatigue ventilatoire certaine. Le froid et le stress génèrent une ventilation superficielle dont la fréquence élevée, associée à une faible amplitude, compromet les échanges gazeux. Enfin, dans ce contexte où le plongeur appartient plus à la catégorie des insuffisants respiratoires que celle des sportifs, il doit se dispenser de tout effort inutile. Hélas, c’est à ce moment que viennent s’ajouter un palmage désordonné, un défaut technique de lestage, de mauvaise gestion du gilet, ou un affrontement avec le courant, qui l’obligent à produire des efforts alors qu’il n’est pas en meilleure situation de ventiler. L’inspiration étant active, c’est l’expiration qui fera défaut et c’est sur elle qu’il va falloir se concentrer.
Une ventilation forcée à l’air libre
La première des démarches à entreprendre consiste à percevoir et contrôler sa propre ventilation. L’acte devient volontaire. À l’air libre, expérimentez, ressentez et étudiez sur vous des séries d’expirations ou d’inspirations forcées, de ventilation « poumons bas » puis « poumons hauts ». Il s’agit de vider complètement les poumons ou au contraire des les gonfler au maximum puis à chacun de ces niveaux de reprendre une ventilation à une fréquence et une amplitude normales. L’exercice n’est pas aisé au début, semble plus difficile pour l’expiration mais la perception vient très vite.

Une salvatrice expiration
Cette gymnastique respiratoire permet de développer les muscles sollicités dans la ventilation, ceux qui sont le moins mobilisés au cours de la vie terrestre, les muscles expirateurs (l’expiration est passive, on le rappelle). Une fois sous l’eau, maintenez un rythme où l’expiration contrôlée est légèrement forcée. Même si cette notion est variable selon chaque plongeur, l’effort produit ou le contexte environnemental, cette technique permet de reprendre l’ascendant sur les dérèglements identifiés en immersion et de restaurer un meilleur rendement des échanges gazeux.
En conclusion
Exit les apnées intempestives. Oublié le malêtre en plongée. Terminées les dépenses d’énergie inutiles ! En gardant le contrôle de votre ventilation et en insistant sur l’expiration vous adopterez un rythme qui réglera l’ensemble de votre comportement sous l’eau. Conscient des phénomènes, vous ne produirez plus d’effort inutile ; vous préfèrerez vous déhaler le long du bout ou sur les roches plutôt que vous débattre avec le courant. Vous ne resterez plus en appui sur vos palmes mais préférerez ajuster votre flottabilité à l’aide du gilet. La démarche vous entraînera vers les sensations les plus fines, celles qu’apporte le poumon ballast. Alors pour bien commencer, soufflez, soufflez encore, soufflez toujours !
Joël GALLIEN - ![]()





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