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Outre son important littoral maritime, la France possède de nombreux cours d’eau, lacs et carrières, qui sont autant de terrains de jeux ...
1. La préparation
Le repérage est la partie fondamentale, car si le nombre de cours d’eau paraît infini, les possibilités d’y plonger le sont souvent beaucoup moins. L’accès est le premier frein, le cours d’eau pouvant faire l’objet d’interdictions locales (à vérifier auprès de la municipalité, de la préfecture). S’il est libre, les berges sont, pour la plupart, la propriété de l’État ou de privés... Qui plus est, l’absence de chemin, une forêt de berge inextricable, des rochers, ou des falaises réduisent souvent les éventualités de plongée. L’étude sur une carte au 1:25.000, ou encore à l’aide d’un programme comme “©Google earth”, peut s’avérer utile, l’idéal étant d’aller à la quête d’informations via certains forums internet, ou mieux encore tenter d’extorquer quelques informations aux pêcheurs locaux.
La météo sera décisive, car la rivière est un milieu qui réagit rapidement et fortement aux précipitations. Il est par ailleurs primordial de consulter la météo sur tout son cours. Renseignez-vous également sur les lâchers d’eau des centrales hydroélectriques. En termes d’organisation, mieux vaut privilégier les petites palanquées : l’équipe (deux plongeurs) est idéale, en essayant de se répartir les zones d’évolution ou d’espacer les départs en cas de plongée en dérive. La sécurité en surface est indispensable. Elle doit être compétente, informée de tous les paramètres et d’un éventuel code gestuel surface spécifique. N’oublions pas que nous sommes loin de la mer, mais bel et bien en milieu naturel, et que toutes les dispositions et obligations (sécurités, normes d’encadrement), définies par le code du sport, s’appliquent. À ce titre, il convient de toujours imaginer le pire et de s’assurer que la zone de plongée est bien couverte par le réseau téléphonique. À chaque instant, les plongeurs doivent pouvoir accéder facilement à la berge ; l’évacuation en automobile doit toujours être possible.

2. L’équipement
Sur la berge, les lieux de mise à l’eau et de sortie doivent être sécurisés. Des cordes type escalade, mousquetons et sangles sont à prévoir en quantité suffisante, ainsi qu’une corde flottante (polypropylène) de couleur vive et de bon diamètre pour se déhaler en surface ou pour assurer une extraction. S’il ne s’agit pas de plongées sous plafond, la configuration “classique” suffit, mais les conditions du milieu engendrent néanmoins quelques aménagements :
- Un sac à dos type randonnée est parfois préférable au sac à roulette !
- L’eau douce modifie la flottabilité. Il faudra donc ajuster le lestage.
- Sur des zones d’eau stagnante et chargée (bras mort, vasques, marmites…), choisissez un détendeur adapté (du type membrane).
Il en va de même en plongée hivernale, où l’eau peut être très froide et les risques de givrages plus nombreux.
- Les profondeurs étant généralement faibles, un bloc de 10 ou 12 litres suffit.
- Pensez à vous prémunir du froid avant, pendant et après la plongée.
- Le lit d’un cours d’eau peut s'encombrer de troncs, de branches... Comme sur une épave, il convient de supprimer toutes les sources d’accrochages, de ranger tout ce qui pendouille et d’éliminer le superflu (mousquetons, ardoises, dévidoirs…).
- L’éclairage doit être idéalement en main libre, soit fixé sur un casque soit sur le poignet à l’aide d’un kit spécifique.

3. Dérive ou pas dérive ?
En rivière, ou en torrent, le paramètre déterminant est le courant. Rapide sur les parties hautes qui sont étroites et peu profondes, il est généralement plus faible en aval où le lit s’élargit et la profondeur augmente. La seule observation étant parfois trompeuse, il est indispensable d’en mesurer précisément la force. Sachez qu’un courant de 2 mètres/seconde correspond à la vitesse du record du monde de 100 mètres en nage libre ! Deux possibilités s’offrent à vous :
- À contre-courant : la plongée nécessite un courant faible et autorise de partir et de revenir d’un même point. La progression à contre-courant permet d’évoluer dans une eau plus claire, les alluvions et particules soulevés s’écoulant en aval. Les conditions de prises de vues et l’approche de la faune sont donc facilitées. Le palmage face au courant, même faible, doit se faire sans forcer en étant vigilant au risque d’essoufflement.
- Dans le courant : c’est la plus agréable des solutions. En dérive, la plongée permet de couvrir de grandes distances. Moins éprouvante physiquement, elle nécessite néanmoins un point de sortie différent de la mise à l’eau, ce qui implique un très bon repérage et une organisation plus lourde. Au préalable, le parcours doit être intégralement effectué à pied. Le point de sortie sera identifié par des balises de fond (un galet enveloppé dans un sac plastique de couleur vive) et un ensemble corde flottante-bouée en surface. Son positionnement doit être judicieux : il doit se trouver dans une zone sans courant, où les berges sont accessibles et sécurisées par des cordes.
Soyez au courant !
Bien connu des plongeurs, aussi bien en mer qu’en rivière, le courant est l’un des éléments environnementaux les plus importants. Il conditionne la faisabilité de la plongée, détermine la configuration et toute l’organisation de la sortie. Dans un cours d’eau, il varie en fonction de paramètres multiples : notre hauteur sur le cours d’eau (courant plus fort en amont), la profondeur, la largeur du lit, les différents obstacles et tous les facteurs influençant l’apport d’eau (le bassin versant, les pluies, les lâchers d’eau...). Il convient de bien l’estimer et de ne jamais lutter contre. Le courant est toujours plus fort au milieu du cours d’eau et en surface, ce qui privilégie le déplacement au fond et proche des berges.
4. Les risques sous l’eau
Ce type de plongée se déroule généralement sur des sites peu profonds, mais certains méandres, certaines vasques peuvent rapidement dégringoler... Il convient de rester extrêmement vigilant et de ne s’aventurer sous aucun prétexte dans des zones sous plafond. Les obstacles sont souvent nombreux : troncs, arbres, rochers. La visibilité doit, de ce fait, toujours être suffisante afin de pouvoir les éviter avec suffisamment d’anticipation. Le lit d’un fleuve ou d’une rivière, surtout dans la partie calme de la plaine, est jonché de grands arbres qui, couchés sur le fond, offrent une ambiance irréelle. Ces entremêlements de branches et de racines abritent la majorité de la grande faune d’eau douce : sandres, carpes, silures... Il est tentant de s’y faufiler, mais ces mikados géants sont dangereux au vu des risques d’accrochage et d’effondrement. Contre ou avec le courant, la plongée en rivière nécessite une attention de tous les instants. Le froid et l’effort physique augmentent le risque d’essoufflement, qui doit être prévenu par un équipement et un lestage appropriés, mais surtout par un déplacement efficient. Comme toute plongée “spécifique”, il est important de progresser par étape : s’entourer d’experts, avancer prudemment, varier les situations et les conditions de plongée, apprendre à déchiffrer un nouveau milieu, à lire une rivière, à en comprendre son fonctionnement, ses réactions. Et surtout, appliquer la première qualité qu’ont les vieux plongeurs : savoir renoncer !
Lire une rivière
La préparation d’une plongée en rivière se fait beaucoup sur la collecte d’informations (internet, cartes, pêcheurs, etc.), mais il est important de savoir, comme le pêcheur ou le kayakiste, “lire une rivière”. L’observation de la surface vous donnera des données sur la vitesse du courant, les remous sur d’éventuels obstacles (rochers, troncs). Observez le fond également, car la nature du lit de la rivière est riche en renseignements... Rochers et gros galets signifient souvent que nous sommes dans une portion au courant rapide avec généralement peu d’eau. Plus la granulométrie diminue (sable, vase), plus j’atteins une zone calme où le faible courant permet aux fines particules de décanter. À cet endroit, le lit est généralement plus large et plus profond..
Trois questions à Alban Michon
BEES 1 et moniteur spéléo, Alban partage son temps entre sa base de plongée sous glace à Tignes (73) et le Lot où, aux beaux jours, il fait découvrir la plongée en cavités. L’eau douce et “les plafonds”, il connaît !
Peux-tu nous parler de ta démarche ?
Le produit “Vasques du Quercy” est le prolongement de celui “plongée sous glace”. Je veux proposer une plongée hors des sentiers battus, en harmonie avec un cadre naturel magnifique.
À qui s’adressent tes produits?
À tous. Nous proposons aussi bien des baptêmes, que des plongées de formations qualifiantes ou pas. En résumé, l’objectif peut être soit de découvrir une technique nouvelle dans un cadre insolite, soit de mettre le pied à l’étrier pour aller plus loin !
Faut-il du matériel spécifique ?
Oui. Toutes nos plongées se font en configuration spéléo, même pour une immersion en vasque, sans plafond. Nous équipons nos plongeurs de blocs séparés et de casques avec lampes. Ils sont d’ailleurs ravis de tester cette nouvelle approche de la plongée.
Fred MAXANT - ![]()






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