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Le long tuyau, adopté par les plongeurs techniques, permet de donner de l’air à n équipier, dans un espace de manœuvre maximal et sans peur de se gêner, lors de la remontée ou dans un passage étroit. On utilise la longueur désirée en fonction des circonst
Les adeptes de la configuration hogarthienne, reprise presque à l’unisson par les agences d’Outre-Atlantique, montent un second étage de détendeur sur un flexible “assez long pour se pendre”, selon ses détracteurs. Cette technique vient des plongeurs souterrains, soucieux de mutualiser leurs réserves de gaz, en franchissant des difficultés n’autorisant pas le passage à deux de front. Par la suite, cette configuration s’est généralisée à la plongée sous surface libre, celle où une remontée assistée à la verticale est l’issue des situations critiques. Le “long hose” (1,50 à 2 mètres) est aujourd’hui adopté par les plongeurs techniques, intégré aux standards des agences de certification.
Ce “long hose” est un élément d’une configuration matérielle. Le plongeur est équipé d’un détendeur avec flexible classique et d’un second avec long tuyau, montés sur un bi-bouteilles relié avec isolateur, ou un mono avec double sortie. Le détendeur sur lequel on respire est monté sur la sortie de gauche. En situation de partage de gaz, ce flexible rallongé offre une latitude de mouvement, plus confortable que le “collé-serré” de l’octopus. De plus, lors d’un contact appuyé contre un plafond, un tombant, une superstructure, en cours de progression, le risque de fermeture inopinée du robinet n’est pas nul. Dans ce cas, autant que ce soit celui qu’on a en bouche, afin de s’en apercevoir illico, plutôt qu’en situation d’urgence lors d’un changement de détendeur. Certaines écoles imposent de respirer sur le détendeur du long tuyau. La majorité laisse chacun opter pour la technique qui lui sied.
Stocker ce long tuyau
La fonctionnalité de ce flexible démontrée, reste à le gérer lorsqu’il n’est pas déployé au profit d’un équipier. Pour l’oublier, il est possible de le lover sous la double robinetterie, le long d’un bloc, sur la wings par l’intermédiaire d’anneaux élastiques (sandows, caouèches), en s’assurant qu’il “vienne” bien lorsqu’on en a besoin. Inconvénient : il est difficile, voire impossible, de le ranger à l’identique une fois délové, sauf à solliciter ses équipiers. D’aucuns objecteront que son usage est ponctuel et qu’une fois déplié, il est rare d’avoir à le remiser avant la fin de la plongée.
L’option “historique”, celle adoptée par Bill Hogarth Main, consiste à enrouler le flexible autour du torse et du cou. Il est ainsi accessible et manipulable à l’envi, le plongeur le délivre et le replace seul. À condition d’avoir adapté la configuration afin que rien n’entrave ni ne bloque le flexible (pack de batterie du phare, bouteille, casque, etc.). Cette configuration est de loin la plus répandue. Toutefois, l’enroulage peut se transformer en saucissonnage. Tant que le plongeur donne son deuxième étage (on préconise de dégager en même temps le flexible), tout se passe bien. Lorsqu’un équipier en panne d’air vient saisir le détendeur en tirant sur le tuyau, la moindre résistance a tôt fait de basculer le “donneur”, palmes par-dessus tête. Si le binôme en panne de gaz arrive par la gauche et se saisit brutalement du détendeur, le donneur risque la strangulation, sans possibilité de dégager le long flexible une fois sous tension.
Cette technique, comme toute méthode, possède des avantages et des inconvénients. Il est nécessaire de les connaître, d’en avoir cerné limites et points forts. À la différence de ce qui ne s’use que si on s’en sert, elle doit être pratiquée jusqu’à en acquérir la maîtrise. L’entretien, par la répétition régulière, des manœuvres garantit une efficacité maximale en situation d’urgence. Le “long hose” ne déroge pas à ces principes élémentaires.
En assistance
Le “long hose” se justifie par l’assistance à autrui. Le partage de gaz avec un équipier en difficulté peut impliquer de fournir le détendeur sur lequel on respire. Dans ce cas, la manoeuvre pourrait se révéler hasardeuse car les deux coéquipiers doivent changer de détendeur. Le risque de cafouillage, dont l’issue verrait deux plongeurs en détresse au lieu d’un, n’est pas nul. Aussi, le plongeur “source” embouche toujours son second détendeur et respire dessus avant de donner celui du long tuyau, fusant.
Témoignage
Christophe Lorant est MF1, moniteur Trimix et plongeur CCR : “Je me sers d’un tuyau long (deux mètres) en immersion, quand l’environnement ou la configuration du matériel interdit l’utilisation d’un tuyau classique (comme en plongée loisir avec un octopus d’un mètre). Ainsi, en plongée souterraine ou lors des pénétrations d’épave, on peut être dans l’impossibilité de rester proche physiquement de la personne que l’on veut assister. Le tuyau long permet à l’assisté d’évoluer derrière son binôme. En plongée Trimix, l’équipier peut aussi recevoir de l’air, même en étant en configuration lourde (un bi et trois décos). Le tuyau long (branché sur le premier étage principal) passe de la “ceinture” (à droite) sous le canister de la lampe (ou l’étui de la cisaille), remonte par-dessus l’épaule gauche et fait le tour de la tête pour finir dans la bouche. Le secondaire est logé autour du cou grâce à un collier, l’idéal étant de pouvoir prendre le deuxième étage uniquement avec la bouche. Le “bubble check”, en début de plongée, permet de s’assurer que les deux premiers étages sont ouverts et que l’on peut physiquement passer le tuyau long à son binôme.”





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