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La plongée souterraine : l'approche européenne

Mise en ligne le 01-04-2009 par redac aucun commentaire

Après l’approche américaine, nous nous intéressons au vieux continent, où les premiers plongeurs souterrains étaient des spéléologues. Ils « mutèrent » par nécessité, contrariés dans leurs explorations par l’eau qui les stoppait...

L’Europe compte plusieurs résurgences, de section majoritairement modeste, baignées d’eaux fraîches voire froides. La progression alterne souvent passages noyés et galeries exondées, contraignant à palmer chaussé et à déambuler bouteilles au dos, palmes au côté, brassé par une rivière souterraine ou en équilibre sur des rochers. Chaque cavité est un cas particulier, auquel il faut s’adapter, ajuster sa configuration. En “fond de trou”, le matériel est allégé, compacté et protégé contre les chocs du portage. En résurgence, la masse et l’encombrement importent moins.

plongee souterraine europeenne

[ Points Communs aux deux approches : finalité axée sur l'exploration et l'étude du mileu, planification préalable et progressivité dans l'apprentissage ]

Le culte du solo

Comparaison plongée souterraine : approche américaine vs approche européenneLa différence de “milieu” (les grottes de Floride et du Mexique ne sont pas celles d’Europe) et d’origine (les spéléologues et les plongeurs n’ont pas toujours les mêmes ambitions) ont déterminé des techniques et des logiques de sécurité propres à chaque continent. Les Européens ont ainsi élaboré une approche compatible avec leurs siphons, valable dans tous les cas de figure : chacun gère seul sa plongée, sait se débrouiller en cas de problème, dispose de tout le matériel nécessaire. L’Allemand Jochen Hasenmayer, un pionnier, érigeait d’ailleurs l’autonomie en “fondamental” de l’activité, considérant que dans les sources du vieux continent, la plongée en groupe favorisait les risques sans augmenter la sécurité.


Si des plongeurs s’immergent ensemble, ils sont autonomes : ni dépendants, ni responsables de la sécurité de l’autre. L’immersion à plusieurs est limitée à la période d’apprentissage, la communication réduite au strict minimum. De l’autonomie résulte le principe de redondance : les éléments matériels vitaux sont au minimum doublés car il n’y a aucun “dépanneur” dans le siphon en cas de défaillance. La remise en cause et la capacité d’évoluer caractérisent ces plongeurs, maîtres d’une multiplicité de configurations et aptes à gérer un stock de matériel.

L’école du compagnonnage

Si la CMAS a récemment produit ses standards, assez proches de ceux pratiqués aux États-Unis, le plongeur souterrain européen peut accéder à des stages non certifiants organisés par les fédérations nationales. L’exception culturelle se caractérise par une forme d’école originale : le compagnonnage. L’apprentissage s’effectue au contact d’un groupe ou d’un plongeur souterrain expérimenté. Bien qu’attachés à leur autonomie, il n’est pas rare que des plongeurs européens révisent leur position et optent pour l’immersion en binôme. En exploration parfois, en visite récréative quasi systématiquement.

Il en parle en connaisseur

Philippe Imbert, moniteur de plongée souterraine de la Fédération française de spéléologie (http://efps.ffspeleo.fr) : “Depuis vingt ans, les siphons très troubles et/ou très étroits, m’ont fait percevoir les limites de la plongée en palanquée. Spontanément, être autonome signifie pouvoir supporter la totalité des tâches sans l’aide physique d’un partenaire. En réalité, il s’agit surtout d’assumer sa plongée sans la béquille psychologique d’un binôme dont l’aide serait plus théorique que pratique. Ainsi, le concept d’autonomie, développé par les Européens, va-t-il au-delà d’une liste de techniques ou d’astuces comme la gestion du fil d’Ariane, les règles d’autonomie des gaz, ou la lecture du milieu. Le but de cet enseignement est de former des plongeurs capables de s’adapter à des milieux différents (siphon froid du Jura et réseau labyrinthique du Mexique) et de modifier leur technique, ainsi que leur configuration, en fonction du type de plongée à réaliser (Trimix pour les profondes, traîneau pour les portages pénibles…).”

 

Franck VASSEUR - Plongée Magazine

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