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L'éclairage : pour bien voir et être vu

Mise en ligne le 01-03-2010 par redac aucun commentaire

Dès la fin de l’espace médian, l’absorption du spectre de la lumière, la diminution de la visibilité uniformisent l’horizon en un monotone camaïeu bleu-gris. Au-delà de la notion de plaisir, la communication à distance et l’émission de signaux d’alerte ju

Le marché du phare de plongée est richement achalandé, le choix est vaste parmi les marques, modèles et options. Mettons de côté les lampes de secours, alimentées en piles, dont les performances sont limitées. En premier lieu, on considère généralement la puissance (exprimée en watt). Il faut aussi compter avec l’ouverture de l’angle du faisceau : large ou “fl ood”, ouvert de 80 à 100°, pour la vidéo ; concentré, de 15 à 25°, pour l’exploration. Un faisceau large couvre plus de surface ; mais dès que l’eau n’est plus très claire, les particules réfl échissent la lumière, le plongeur se retrouve dans le brouillard, l’éclairage est plus un problème qu’un soutien. Le faisceau étroit perce mieux l’eau chargée, il est plus effi cace pour communiquer par signaux et se signaler.

Quelle source lumineuse ?

La puissance d’un phare est intimement corrélée à son autonomie. Celle-ci dépend de la nature de l’ampoule, du type de batterie et de la température extérieure qui minore les performances des batteries. Aujourd’hui, la nature de sa source lumineuse - halogène, HID ou Led - demeure l’élément essentiel du choix d’une lampe. Ce qui les différencie est la température de couleur (en kelvin). L’halogène, avec son fi lament porté à incandescence, est la plus ancienne. Son efficience se vérifie surtout en eau claire. Elle sert de référence pour comparer les éclairages. Pour les phares à Led ou HID, on évoque une puissance en watt “équivalent halogène”. Avec une chaude température de couleur, l’halogène occupait une place de favori chez les vidéastes. Le HID a, depuis, pris le dessus. L’halogène est énergivore, l’éclairage ne dure jamais bien longtemps. Les ampoules sont fragiles, elles chauffent, leur durée de vie est limitée.

Les ampoules High Intensity Discharge (HID) consistent en un arc électrique qui “excite” les particules du gaz situées à l’intérieur. Cette excitation génère de la lumière. Elle implique une tension élevée, produite par un ballast électronique relié à l’ampoule. Celui-ci amplifie la tension des batteries et la régule constamment. Comparée à l’halogène, la température de couleur est plus froide, proche de celle du jour avec un ciel nuageux, la lumière plus blanche, la puissance lumineuse largement supérieure, la consommation réduite. Cependant, le ballast électronique est fragile et coûteux. Ces ampoules supportent mal le poids des années, s’opacifient, perdent de leur capacité lumineuse. Plus récemment, les lampes à diode électroluminescente (Led) ont gagné une place prépondérante. La température de couleur, froide, est particulièrement efficace en eaux sombres et chargées. Leur consommation électrique est faible, l’autonomie majorée, les packs de batterie allégés. Leur résistance et durée de vie sont inégalées : plus de problème à l’allumage ou après un choc. Elles chauffent moins que les autres ampoules. Il est conseillé de ne pas éclairer directement dans les yeux, car leur spectre bleu de forte intensité peut endommager la rétine.

La température de couleur

Lord Kelvin (1824-1907) compare les variations de couleur de la lumière du jour avec celles d'un corps noir théorique chauffé à haute température, qui passe du rouge au jaune, puis au blanc et enfin au bleu. Il caractérise ainsi les sources lumineuses. La température de couleur est l’indice de neutralité du blanc. La lumière du jour peut varier, dans des conditions extrêmes, de 2.000 à 16.000 K. Lorsqu’une lumière tend vers le bleu, elle est “froide”, sa valeur est élevée. Quand une lumière est proche du jaune, elle est “chaude”, sa valeur est basse.

 

Phare à tête déportée

Il contient un compartiment à batteries, fixé au harnais, relié par un câble à la tête qui comporte l’ampoule.
Avantages : seule la tête du phare est prise en main, l’encombrement est réduit ; le pack de batteries peut remplacer du lest ; l’autonomie est supérieure, car le pack permet de rajouter des éléments ou d’emporter de plus grosses batteries que le corps d’une lampe à main.
Inconvénients : il faut gérer le câble qui peut s’accrocher ; l’interrupteur doit être sur la tête plutôt que sur le pack de batteries, moins accessible.

Témoignage

Plongeur Trimix élémentaire TDI et passionné d’épaves, Patrice Amirault vit en Alsace depuis 1974 et plonge, depuis 2001, en gravière (région de Kehl) : “Pendant ma formation Niveau 2, j’ai choisi une halogène avec batteries NiMh (autonomie de 50 minutes). Avec le temps, l’accu a perdu en capacité. Après mon Niveau 3, je voulais plus de puissance pour plonger sur épaves et j’ai opté pour un phare Xenon, modulable 100 ou 150 W. Avec une ampoule 100 W, l’autonomie efficace est de 50 minutes, ensuite la lumière jaunit. Avec la parabole de 60°, le rendu est très bon. Si l’eau est chargée, la puissance donne un effet brouillard. En 150 W, l’autonomie efficace est de 30 minutes. C’est stupéfiant, on a l’impression d’avoir un projecteur dirigé sur l’épave.”

 

Frank VASSEUR - Plongée Magazine

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