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La faune sous-marine est bien souvent le but de nos explorations. Souvent trop pressés de la voir et/ou de l’approcher, nous la faisons fuir… Voici quelques pistes pour mieux profiter de ces rencontres uniques.
Trois raisons essentielles expliquent les difficultés d’approche :
En mer, c’est le “gros” qui chasse le “petit”. Dans ce contexte, l’homme apparaît comme un prédateur. Consciente du danger, la faune se tient donc à distance...
Le bruit que nous produisons, avec par exemple la soupape d’expiration du détendeur. Ne parlons pas des accessoires sonores utilisés pour attirer l’attention d’un équipier !
La formation de bulles. Le plongeur en bouteille ne doit donc pas observer un banc de poissons de dessous, car les bulles en montant forceront le banc à s’écarter. Pourtant, il arrive parfois que ce soit la faune elle-même qui décide de nous approcher. Affamée ? C’est sûrement le cas des girelles qui passent entre vos doigts quand vous grattez le haut d’une petite roche. Curieuse ? C’est parfois ce que l’on peut penser, notamment avec le mérou à qui l’on prête des qualités humaines quand il nous observe avec ses grands yeux intrigués. “Voleuse” ? Oui quand le poulpe vient par exemple tenter de vous arracher votre dernier accessoire bien brillant pour le déposer à l’entrée de son trou espérant ainsi séduire sa femelle... Il y aussi le cas du poisson-lune qui peut vous considérer comme une station de déparasitage et se positionner verticalement à côté de vous en attendant que vous lui grattiez le dos ! Expérience vécue !

Les bons comportements
Approcher la faune vous oblige à observer certains comportements. En premier lieu, il est nécessaire d’être parfaitement équilibré et stabilisé. La maîtrise de l’équilibre réside dans la capacité à adopter une position et à la conserver tout en étant immobile. La stabilisation parfaite consiste à maintenir son niveau d’immersion sans l’aide des palmes. Il en résulte une dynamique d’évolution dénuée de tout geste parasite, nécessitant le minimum d’énergie pour la propulsion et permettant d’approcher la faune sans l’effrayer. Pour savoir si vous êtes bien équilibré et stabilisé, allongez-vous dans l’eau sur le dos, jambes tendues, les bras derrière la tête à l’image d’un vacancier se reposant sur une chaise longue... Le test est réussi si vous ne variez absolument pas de niveau d’immersion alors que vous êtes totalement immobile.
Concernant le rôle de prédateur endossé malgré vous, il vous faudra être patient. S’inscrire dans le mouvement de l’eau, ne pas tendre les mains ou montrer du doigt, progresser doucement sans geste désordonné, ne pas arriver pardessus… sont autant d'attitudes à adopter pour ne passer pour un agresseur. Quant au bruit causé par les bulles au travers de la soupape d’expiration du détendeur, la technique est assez simple : soufflez par le nez ! Rappelons que si vous êtes parfaitement équilibré et stabilisé, en progression lente donc sans besoin d’oxygène important, vous pouvez diminuer votre ventilation sans pour autant l’arrêter.
Enfin, n'oublions pas que chaque poisson a son propre seuil de tolérance. Le chapon ou la petite rascasse brune se laisse très facilement approcher jusqu’au tutoiement du doigt par la queue. Rester en contact avec un mérou signifie toujours lui laisser le champ du large libre d’accès. S’il se trouve “piégé” entre vous et la roche, il choisira la fuite ou tentera de se réfugier dans un trou. Les dentis ne sont pas très tolérants. Bien qu’ils soient de grands prédateurs peu farouches, on les dérange souvent dans leur chasse et ils préfèrent s’éloigner. La meilleure des positions pour les observer consiste à se placer au sommet d’un sec, autour duquel les dentis évoluent. De là, vous pourrez contempler leur chasse…

En conclusion
Au-delà de la technique individuelle, il s’agit aussi pour le plongeur de mieux connaître l’environnement sous-marin. Le type et la forme de la roche ou du sol, la présence et la direction du courant, la température de l’eau, les saisons (voir notre tableau), une mer agitée ou au contraire d’huile sont des facteurs d’influence sur les habitants sous-marins.
Une plongée inoubliable
Frédéric Porel, pilote professionnel d’avion, raconte l’une de ses plus belles rencontres sous-marines : “Je terminais mon Niveau 2 et nous partions pour la deuxième plongée dans l’espace lointain. J’étais fou de joie quand j’ai appris que nous allions descendre sur l’épave d’un avion LP38 en parfait état. J’avais hâte de découvrir cet appareil entier, posé sur un lit de sable blanc. Mais quelle n’a pas été ma surprise à l’arrivée sur l’épave, quand j'ai aperçu un gros poisson-lune ! Alors que je tentais d’avancer, mon moniteur m’a retenu par le bras et m’a indiqué de souffler par le nez. Surpris, je lui ai fait signe que je ne comprenais pas. Il a insisté et j’ai fini par saisir : il souhaitait que je sois parfaitement stabilisé et que je souffle par le nez. Cette fois-ci, ça ne ressemblait pas à des exercices de Niveau 2... Le poisson a fini par s’approcher de notre palanquée. Il s’est même posé juste à côté de nous, son oeil rond nous observant. Il était gros, on ne bougeait plus, il attendait. On a pu rester comme ça jusqu’à ce qu’une deuxième palanquée arrive. Les plongeurs n’en croyaient pas leurs yeux. À tel point qu’ils se sont mis à crier dans leur détendeur et l’animal a pris aussitôt la tangente !”
Joël GALLIEN - ![]()





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