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Forme : comment s'auto-évaluer ?

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Avant de se mettre à l’eau, un petit point sur ses capacités et son état général s’impose. Encore faut-il savoir s’auto-évaluer correctement...

Forme : comment s'auto-évaluer ?

Dès la première rencontre du matin, une fois arrivé à votre bureau où le classique “ça va ?” suit toujours le “bonjour !”, vous répondez sans employer d’échelle précise en vous référant au contexte. Vos interlocuteurs interprètent vos réponses, les replacent justement dans le contexte et partagent avec vous l’idée que vous vous faites du sujet abordé. Ainsi, tout n’est pas faux dans ce que vous exprimez, mais tout est trop global pour être utilisé tel quel. Notre propos est de se servir de cette capacité à l’autocritique et de l’appliquer à la plongée, en l’étayant sur des fondamentaux simples à aborder et à évaluer. Ainsi, vous pourrez réaliser une véritable auto-évaluation : vous serez davantage en phase avec vous-même, vous pourrez partager et approfondir avec vos coéquipiers, encadrants et organisateurs.

Tout dépend du contexte

Il est bien évident que vous n’allez pas faire la même réponse sur votre état général selon que votre interlocuteur est votre ami ou un collaborateur de travail. En ce qui concerne la plongée, nous pouvons retenir que les rapports humains relèvent en général de la franche camaraderie et que les objets du sujet sont les caractéristiques de l’immersion du jour “J” à l’instant “T”. Vos interrogations ou inquiétudes portent sur les inconnues du parcours subaquatique et vos propres capacités à le réaliser sans embûche. C’est à ce moment qu’apparaissent les “Je ne le sens pas…”. À ce stade, vos collègues, coéquipiers, encadrants, organisateurs ne peuvent pas grand-chose, sinon de chercher à vous convaincre de suivre le groupe… Il serait alors utile de mieux définir vos ressentis, en vous interrogeant sur les quatre fondamentaux : technique, psychologie, physiologie et matériel (voir nos graphiques “Exemples d’auto-évaluation”).

Les quatre fondamentaux

La technique correspond aux méthodes, aux gestes et postures idéales enseignées lors de vos passages de niveaux ou spécialités. Avec le temps, vous vous appropriez la technique et l’adaptez à votre pratique : ça devient alors du savoir–faire. Votre état psychologique relève des connaissances dont vous disposez et du niveau de conscience que vous avez à chaque instant, c’est-à-dire une fois dans l’eau. C’est l’engagement. Plus vous vous engagez et en avez conscience et plus vous êtes sous pression, sensible à tout ce qui se passe autour de vous. Votre disponibilité en souffre. L’approche physiologique cherche à définir ici les capacités physiques et les facultés mentales dont vous disposez avant et durant la plongée. Il ne s’agit pas uniquement de fréquence cardiaque et de puissance aérobie. Une fois immergés, nous sommes affectés par une perte de sens générale (équilibre, vision, odorat, parole…), associée à une série de troubles (narcose, effort ventilatoire), dans un environnement dégradé (lumière, froid…). L’objectif est donc de maintenir l’équilibre physiologique : c’est l’homéostasie. Le matériel représente notre capacité et notre niveau d’adaptation au milieu. Pour être performant, il doit être synonyme d’ergonomie et de dextérité potentielle. Mal ajusté, mal adapté ou non maîtrisé, il peut lui-même devenir un piège (rappelez- vous le “sapin de Noël” qui était à côté de vous lors de votre dernière plongée !).

Dans la vie de tous les jours, il n’est pas difficile de situer son état général sur une échelle graduée de 0 à 10. Ainsi, à la question “Bonjour, ça va ?”, on peut facilement répondre “Oui, 7 sur 10”, en fonction de son propre ressenti. Appliquée aux quatre fondamentaux (technique, psychologie, physiologie et matériel) et retenant comme contexte les caractéristiques de la plongée du jour, l’auto-évaluation devient plus précise, rationnelle et surtout objective.

Se préparer pour progresser

Si vous ne vous sentez pas prêt, il ne s’agit pas de renoncer, mais au contraire de se préparer, s’entraîner et poursuivre sa progression. En ayant, au préalable, identifié ce qui vous manque, il vous sera facile de mettre l’accent sur ce qu’il faut travailler pour un jour réaliser cette plongée et parer à toute situation imprévue. Votre appréciation variera selon que vous abordez une plongée de reprise ou, au contraire, plus engagée, par exemple sous-plafond. Il est parfois difficile de se situer par rapport à un objectif précis. Il est encore plus compliqué d’expliquer et de partager avec les autres nos petites gênes personnelles. Rassurez-vous, c’est pareil pour tout le monde : nous avons tous des limites. La question est de ne pas les dépasser, de les repousser progressivement sans se mettre en danger, en privilégiant l’entraînement. Mais de quels exercices parle-t-on ici ? Des sempiternelles assistances ? Pas du tout ! Il s’agira du maintien à niveau pour le plongeur qui pratique  occasionnellement sans chercher à augmenter son engagement. Ce pourra être la recherche d’un engagement plus grand pour le plongeur qui pratique régulièrement.

 

L’auto-évaluation s’effectue selon un contexte (plongée de reprise, en caverne, sous glace…). À chaque fois, il faut apprécier ses compétences en fonction de quatre fondamentaux : technique, physio, psycho et matériel. Les graphiques représentés ici donnent des exemples d’autoévaluation. Imaginons que pour une plongée de reprise, j’estime que ma note, au niveau technique, est de 4/10. Cela signifie que je peux plonger car j’ai le niveau requis. En revanche, si je me donne 2/10 en technique, c’est qu’il vaut mieux que je remette à plus tard mon immersion. Enfin, si je m’attribue un 8/10, c’est peut-être que je me surestime : pour une plongée de reprise, mon niveau technique peut en effet difficilement dépasser 7/10, car les gestes appris n’ont pas été éprouvés depuis un long moment.

 

Exemple d'auto-évaluation avant une plongée en caverne.

 

Exemple d'auto-évaluation avant une plongée de reprise.

 

Joël GALLIEN - Plongée Magazine

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