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La notion de palanquée fait partie des paradoxes de la plongée. Elle évoque une équipe, alors qu’on est profondément isolé, sous l’emprise de sensations très différentes du quotidien terrestre. L’art d’être seul avec soi-même tout en évoluant en groupe…

Si l’on ajoute à l’isolement l’influence du milieu (courant, visibilité réduite, risque de narcose…), on admet facilement que de nombreux facteurs sont propices à l’éclatement de la palanquée.
Avant tout, il est nécessaire de partager la même représentation de la palanquée. En France, le cadre de pratique est réglementé et la notion de palanquée est clairement définie, sans interprétation possible (pour une fois), dans l’arrêté du 22 juin 1998. Une palanquée est un groupe de plongeurs qui respecte trois critères durant l’immersion : même profondeur, même durée, même trajet. Une équipe est une palanquée réduite à deux plongeurs. En résumé, les plongeurs partent ensemble, restent ensemble sous l’eau et reviennent ensemble à la surface. Le règlement va encore plus loin en fixant un nombre maximum de plongeurs (4 plongeurs pour 1 guide + 1 serre-file).
L’excès de confiance, facteur d’éclatement
Au-delà des facteurs d’éclatement de la palanquée détaillés dans la "fiche mémo" jointe, on doit insister sur le fait que ce problème relève souvent du comportement des plongeurs eux-mêmes. L’adaptation au milieu résultant des premières expériences réussies fait naître un sentiment de confiance abusive, si ce n’est de surestimation de soi. Apparaît le désir de liberté, et l’on s’autorise à s’écarter de la palanquée. Cette mauvaise habitude peut perdurer du fait que la majorité des plongées d’exploration se passent bien. Il ne faut pas s’en contenter pour autant, car le milieu peut devenir hostile et tout peut basculer en un instant, à l’image d’un bouton qui passerait subitement de la position "ON" à la position "OFF".
Expérience... « Ouf !»
Fred Veau, guide de palanquée, initiateur depuis deux ans, s’est fait une petite frayeur avec un élève qui finalement, avait bien appris sa leçon : "C’est à l’occasion de l’encadrement d’une plongée de nuit que j’ai réellement perçu l’intérêt de connaître et d’appliquer le protocole du plongeur égaré. J’encadrais un jeune plongeur de niveau 1 à l’occasion de sa première plongée de nuit. Le DP (directeur de palanquée) nous avait mis dans les conditions idéales : un encadrant par plongeur, un bon briefing sur la communication de nuit, un descriptif de la configuration du site pour ne pas se perdre, et un cyalume de couleur différente pour identifier la palanquée et chaque membre qui la composait. Durant l’immersion, j’ai été surpris par les difficultés que rencontrait mon élève pour s’équilibrer. D’autant plus surpris que j’avais plongé avec lui durant la journée et qu’il semblait parfaitement adapté au milieu. Je progressais doucement quand tout à coup, je me suis retrouvé seul ! Un rapide tour sur moi-même à la recherche du faisceau lumineux de sa lampe, et j’ai eu confirmation de l’avoir perdu. J’ai engagé alors la remontée tout en pivotant sur moi-même, prenant de la hauteur. Arrivé en surface, j’ai poussé un soupir de soulagement en voyant scintiller le providentiel cyalume vert aux couleurs de ma palanquée. Je n’ai pu m’empêcher de l’apostropher avec un ronflant "Mais qu’est-ce t’as fichu ?". Il m’a avoué que dans le noir, il avait perdu la notion du haut et du bas et qu’en gonflant son gilet, il s’était fait "embarquer". À partir de là, il attendait patiemment en surface que je remonte à sa rencontre tel que le prévoit le protocole du plongeur égaré. Je ne vous raconte pas le "ouf !" de soulagement que j’ai poussé…"
Rappel du protocole du "plongeur égaré" :
En tout, le temps de recherche ne doit pas majorer le temps de la remontée de plus d’une minute.
•rotation de 360° sur soi-même, on cherche les plongeurs.
En cas d’échec :
•360° sur soi-même à mi-profondeur, on cherche les bulles du reste de la palanquée.
En cas d’échec :
•Retour et maintien en surface à l’aide du gilet pour tous se retrouver.
En guise de conclusion
Pour illustrer les prescriptions de l’arrêté du 22 juin 1998, la bonne distance à observer pour respecter les trois critères de profondeur, durée et trajet, est, tout simplement, de rester à bout de bras ! Toute la technique en la matière consiste à conserver cette distance en immersion.
Joël GALLIEN - ![]()





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