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Consommation d'air : la chasse au gaspi

Mise en ligne le 01-07-2010 par redac aucun commentaire

Dès les premières immersions, un constat s’impose : l’air de notre bouteille diminue souvent à vitesse grand V. Dès lors, comment faire pour ne pas finir sur le bloc du moniteur ?

Nous avons un besoin vital en oxygène. Nous le puisons dans l’air, où il y est dilué à 20 % environ. Notre consommation en O2 dépend de notre activité et des postures, ou degré d’agitation physique et mentale, dans lesquelles nous nous retrouvons. Les volumes consommés sont donc la résultante de notre comportement. Dans l’eau, mieux gérer sa consommation, pour ne pas finir sur le bloc du guide, pourrait se résumer par la recherche d’une consommation optimale. Avant même de vouloir s’acharner à communiquer sur la mi-pression ou la réserve ! Cette optimisation sera le fruit de connaissances spécifiques sur la plongée (pression, froid…), de la gestion de nos émotions et de notre capacité à évoluer dans l’eau sans effort ni geste parasite (confi guration, hydrodynamisme,
équilibre…).

 

Parvenir à une consommation optimale est une étape importante pour l’apprentissage de la plongée. Elle permet de mieux profiter de ses immersions, sans craindre de finir sur le bloc du moniteur…

L’eau, un élément amplificateur

Pour assurer la respiration, nous ventilons à la pression à laquelle nous nous trouvons. C’est justement le rôle du détendeur de nous délivrer du gaz à la pression ambiante, afin de ventiler au moindre effort. De fait, l’augmentation de notre consommation en air (volume de gaz prélevé sur la bouteille) est proportionnelle à la pression absolue (voir notre tableau “Repères”). Si nous ne pouvons rien changer au phénomène physique, en revanche, remonter dans la zone des 10 mètres pourra nous permettre de prolonger la durée en immersion, ou de regagner le bateau si on était “un peu juste”, par exemple. Le froid est aussi une source de consommation accrue. Sachant que nous nous refroidissons vingt-quatre fois plus vite dans l’eau que dans l’air, il est indispensable de bien penser à se protéger, notamment dans les périodes de printemps et d’arrière saison. Le choix d’une combinaison bien ajustée n’est pas suffi sant. Il faut se couvrir avant la plongée (coupe-vent et couvre-chef), se mettre à l’abri du vent et avoir emmagasiné au préalable suffisamment d’énergie pour pouvoir produire de la chaleur (alimentation en sucres lents). C’est aussi une bonne excuse pour nous libérer de tous les régimes que l’on nous propose quotidiennement !

Repères

  Unité Débutant Confirmé
Surface litres/minutes 20 à 22 l/mn 13 à 15 l/mn
Bouteille litres 12 l 15 l
Surface bars/minute Environ 2 b/mn 1 b/mn
-10 mètres bars/minute Environ 4 b/mn 2 b/mn
-20 mètres bars/minute Environ 6 b/mn 3 b/mn
Autonomie à 20 mètres en minutes Environ 25 mn Environ 45 mn


Canaliser ses émotions pour mieux ventiler

Qu’elles soient exprimées en termes de sensations ou de perceptions, nos émotions influent directement sur notre ventilation et, par conséquent, sur notre consommation. Toute agitation mentale se traduira par une augmentation de la fréquence cardiaque, entraînant une élévation du rythme ventilatoire (respiration courte et rapide du petit chien). Sans parler du risque potentiel d’essoufflement, les quantités de gaz, mises en œuvre durant cette période d’accélération, n’ont rien de commun avec les volumes manœuvrés couramment. On parle de consommation explosive ! Que ce soit par manque de confiance en soi ou dans le guide de palanquée, par crainte d’un dysfonctionnement d’un équipement matériel, par l’appréhension d’un spot inconnu, il est essentiel de reprendre la maîtrise de la ventilation en passant en mode “expiration contrôlée”, avant et pendant toute la plongée. Cela permet à la fois d’assurer la qualité des échanges gazeux d’une respiration perturbée et de conserver le self-contrôle inhérent à l’immersion.

Optimiser sa configuration et son équilibre

Adaptation pour le déplacement du plongeur en plongée

Dans l’environnement aérien, l’Homme semble s’être inspiré de l’animal pour développer des techniques de déplacement (voir notre schéma ci-dessus). Sous l’eau, même s’il est parvenu à explorer le milieu, il a dû intégrer un équipement assez lourd qui s’avère contraignant et très éloigné de l’hydrodynamisme animal. C’est en ce sens que nous devons réfléchir à notre configuration. Elle devrait offrir le moins de prise possible et générer le minimum de turbulence. Il est temps de quitter notre position de terrien “tête en haut” pour accepter de s’allonger complètement dans l’élément liquide… Le parfait lestage et sa répartition permettent non seulement de se stabiliser, sans mettre beaucoup d’air dans le gilet, mais également d’être bien équilibré. Il est alors plus simple d’adopter n’importe quelle position dans l’espace 3D et de la conserver sans geste parasite ni effort inutile.

Détacher l’œil du manomètre

Prendre en compte le milieu, ses émotions, le matériel et sa configuration est primordial. En matière de consommation d’air, le gain est substantiel, de l’ordre de 30 % en moyenne, et il est bien visible dans les vingt premières plongées si on y investit le temps et les sensations qu’il faut. Communiquer les yeux rivés sur le manomètre n’est alors peut-être plus nécessaire, si l’on sous-entend la recherche d’une consommation optimale. Vous serez progressivement capable de vous situer dans le temps, par rapport à votre autonomie. L’aiguille sur le cadran ne sera là que pour vous donner, avec précision, la pression de votre bouteille.

 

Joël GALLIEN - Plongée Magazine

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