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Blocs additionnels : acier, alu ou composite ?

Mise en ligne le 01-12-2009 par redac aucun commentaire

Les bouteilles additionnelles, embarquées en plus du scaphandre dorsal, sont légion chez les adeptes du « hevy metal » sous-marin. Gages de sécurité, elles ont même tendance à séduire de plus en plus les plongeurs « loisir ». Reste à bien choisir la natur

Il n’est plus rare de croiser des plongeurs en configuration classique (mono 15 litres), avec une petite bouteille de mélange enrichi en oxygène pour sécuriser et optimiser leurs immersions. Les avantages sont indéniables (décompression, autonomie en gaz), mais chaque médaille a son revers. L’ajout d’un bloc implique une masse et un volume supplémentaires à gérer, ainsi que le détendeur associé. Il faut aussi choisir le mode d’accrochage (mousquetons, anneaux), la position du fût par rapport à son corps, l’emplacement des points d’attache sur le scaphandre dorsal. Mais ces aspects viennent dans un second temps. La préoccupation première consiste à choisir la nature de la bouteille à emporter.

Tour d’horizon des compositions

Le commerce propose aujourd’hui des bouteilles de compositions diverses, avec leurs avantages et leurs inconvénients.

Acier : on en trouve partout, souvent d’occasion à bon prix... On rencontre un peu de tout (des pires gueuses aux poids plume) selon les normes en vertu desquelles elles ont été fabriquées. Elles ont généralement une flottabilité négative, ce qui dégrade considérablement l’hydrodynamisme, en raison d’un gilet ou d’une wing trop gonflée. Cette particularité les rend difficilement compatibles avec l’usage qui nous intéresse. À moins de les équilibrer. Ainsi, un fabricant de matériel tek italien vend des petits sacs gonflables en néoprène, fixés sur la bouteille. Cet artifice permet de s’affranchir du problème de masse, mais ajoute un volume de gaz supplémentaire à gérer (en plus du gilet et/ou de l’étanche).

Aluminium : des blocs de cette composition, aux normes CE, sont aujourd’hui disponibles. Ils sont à peu près neutres dans l’eau, mais tout aussi - si ce n’est plus - lourds que leurs homologues en acier, lorsque libérés des bons offi ces de l’ami Archimède. C’est la catégorie la plus répandue pour les blocs supplémentaires. Leur fond plat les dispense de culot.

Composite : depuis quelques années, ces blocs sont disponibles sur le marché de la plongée loisir. Ils sont légers au sec comme dans l’eau, mais plus fragiles que les précédents. Leur coût est supérieur à celui des autres types de bouteilles. L’enveloppe est à protéger des chocs avec un filet, une enveloppe de caoutchouc, ou une chemise PVC. Si leur durée de vie est inférieure, leur compatibilité Nitrox et la pression de service généralement supérieure (300 bars) convainquent de plus en plus d’utilisateurs. Quant à leur légèreté, qui est un avantage hors de l’eau, elle peut s’avérer problématique en plongée, au point de devoir parfois les lester afin de neutraliser leur flottabilité.

D’autres paramètres à intégrer

La nature du gaz contenu est également à prendre en compte dans la flottabilité de la bouteille. Par exemple, les blocs en aluminium sont lourds avec de l’air et du Nitrox, parfaits avec des Trimix “light” (de 30 à 50 % d’hélium) et positifs avec des Trimix plus lourds. Une fois la nature du bloc et celle du gaz connues, il faut aussi intégrer le taux de remplissage, car un bloc vide et un plein ne se comportent pas de la même façon. Quel que soit son choix, on ne coupera pas à une série d’essais, afin de connaître les particularités du matériel utilisé et ajuster son lestage.

Témoignage

Yannig Charles, N3, PADI OWSI, plongeur Trimix (Full), souterrain et recycleur (CMAS, FFESSM, PADI, TDI, IANTD, NSSCDS) : “J’ai choisi pour “bailout” de m’équiper de bouteilles en carbone 6,8 l – 300 b de chez Dräger. Je les ai trouvées compactes et maniables. Elles se positionnent très bien, juste derrière mes aisselles, pour un montage en “Sidemount” et ne sont pas trop longues. Ainsi, je peux les détacher facilement de l’anneau arrière, pour les faire passer devant moi, en cas de passage d’étroitures en plongée souterraine ou sur épave. On parle très souvent de leur légèreté quand on envisage l’achat de ce type de blocs. Cette dernière caractéristique est à double tranchant. Elle nécessite un lestage précis des bouteilles et de soi, pour s’assurer une bonne flottabilité en toutes circonstances. Enfin, si le carbone leur confère une excellente résistance à la pression, le “liner” demande, en revanche, une attention particulière lors des manipulations afin d’éviter tout choc intempestif.”

Comment porter un bloc additionnel ?

À la française” : en travers de la poitrine, un peu comme un saint-bernard dont le collier et le tonnelet auraient glissé du cou vers le torse. Ce profil de rouleau compresseur s’est développé à cause de l’emploi de pondéreux blocs en acier, qui déséquilibraient le plongeur s’ils étaient portés sur le côté.
En latéral : avec deux points d’attache, un haut sur la bretelle, un autre bas sur le harnais ou le bas du dorsal.

Question d’attaches

Des kits complets sont disponibles dans le commerce, avec une sangle ou une cordelette qui remplit les trois offices : attaches haute et basse, poignée de transport. L’attache basse est constituée d’un collier en acier serré autour du corps de la bouteille. Notez que les blocs en aluminium risquent l’électrolyse avec le collier en acier. Quant à ceux en composite, ils craignent un bridage trop fort qui endommagerait leur revêtement extérieur. Pour pallier ces soucis, il est préférable de gainer le collier d’une sangle tubulaire.

 

Franck VASSEUR - Plongée Magazine

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