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Lorsqu’on plonge en recycleur, un principe élémentaire consiste à embarquer un système de sécurité, indépendant du recycleur. Certains spéléos optent pour un second appareil. La majorité se contente d’une ou plusieurs bouteilles selon la plongée planifiée
L’apprentissage de la plongée au recycleur débute par le passage en circuit ouvert. À la première alerte, ou dans le doute, mieux vaut en effet respirer sur une bouteille (contenu connu, gaz sain) pour se refaire une santé. On peut alors réagir à temps, prendre la bonne décision, appliquer une procédure idoine, sans risquer une diminution des capacités intellectuelles, voire se retrouver en situation de détresse.

Mais pour le plongeur rompu au monobouteille, la gestion du recycleur l’accapare déjà suffisamment, au point de s’interroger sur l’utilité d’une bouteille supplémentaire en eaux peu profondes, dans des zones d’exploration courantes. Tous les recycleurs sont alimentés par des bouteilles intégrées, de faible capacité (2 à 4 litres). On serait tenté de considérer ces réserves comme suffisantes pour regagner la surface. Plutôt une de ces réserves, car sur un recycleur en circuit fermé (RCF), une bouteille contient de l’O2 pur. Seule celle de diluant est respirable en dessous de 6 mètres de profondeur.
Certains recycleurs sont équipés d’une “bail out valve” (BOV), un embout original qui associe un second étage de détendeur à l’embout buccal du recycleur. Cette BOV permet de basculer du recycleur au circuit ouvert, et vice versa, en un tournemain, sans quitter l’embout de la machine. Le plongeur s’épargne ainsi de chronophages opérations, le risque de noyade du recycleur est annihilé.
Petit bémol : si le cocktail caustique toxique envahit la boucle et l’embout, on ne le gardera peut-être pas en bouche. D’aucuns équipent l’inflateur de leur wings d’un second étage de détendeur (type Air 2) ou montent un second étage sur le détendeur de diluant, qui n’offre qu’un court répit. En l’absence de “bail out”, la bouteille de diluant alimente aussi la wings et le vêtement étanche. La part de cette bouteille de 3 litres, disponible pour le diluant, ne représente plus que 2 litres. Et ce dans les meilleures conditions, en début de la première plongée de la journée.
Un « bail out » indépendant et permanent ?
Considérons un plongeur dans l’obligation de quitter sa boucle à 30 mètres de fond. Admettons, en comptant large, 2,5 litres de gaz disponibles dans la bouteille de 3 litres gonflée à 200 bars. Avec un rythme respiratoire qui grimpe à 40 litres par minute, du fait du stress, notre gaillard dispose de 3 minutes d’autonomie. En théorie, ça passe, mais sans prendre le temps de clarifier ses esprits, sans autres incidents, sans paliers... Si le CO2 est la cause du tourment, l’autonomie accordée par la bouteille de diluant sera insuffisante pour recouvrer ses esprits. Elle convient si le problème, qui interrompt la plongée, se gère en semi-fermé. Mais, au-delà de 10 mètres, un stock de gaz indépendant et confortable est préférable. Autant intégrer le “bail out” de façon permanente dans la configuration du recycleur. Il faudra trouver sa place sans dégrader l’équilibrage et l’aisance, afin d’acquérir les automatismes salvateurs lors de situations d’urgence. Lorsque l’entretien et les tests préalables sont réalisés, il y a peu de chance d’avoir à “sortir” du recycleur. Mais il suffit d’une fois… pour se convaincre qu’un “bail out” n’est pas superflu.
Le siège éjectable du tekky
Le “bail out” se traduit, littéralement, par “écoper”. Dans l’aéronautique, cela signifie que le pilote s’éjecte de l’avion. En jargon tek, le “bail out” est la bouée de sauvetage lorsque le plongeur doit quitter un recycleur mal piloté, défaillant, ou encore pour s’assurer que tout va bien en cas de doute. Faute de modèle idéal, voici quelques principes à prendre en compte :
- volume dimensionné en fonction de la profondeur ;
- gaz respirable à la profondeur maximum ;
- flottabilité neutre ou presque ;
- détendeur confortable, accessible, fonctionnel (à vérifier car rarement sollicité) et aisé à dégager.
Témoignage
Jean-Marc Bourreau, fan d’épaves, moniteur Trimix FFESSM, plongeur recycleur et vidéaste sous-marin amateur : “La nécessité d’un “bail out” permanent m’est très vite apparue. Au début de ma pratique, le harnais d’origine de l’Inspiration m’a semblé peu adapté au gréement simple d’un bloc sans assistance. J’ai donc choisi de rendre le bloc de secours solidaire du châssis du recycleur (la partie noire de la boîte jaune). Le détendeur, équipé d’un “flow stop”, est positionné à l’aide d’un “collier de chien”. L’utilisation d’un bloc alu ou carbone, neutre dans l’eau, évite tout déséquilibre pendant l’immersion. La plaque de fixation est de type montage rapide (AP Diving) pour pouvoir désolidariser très simplement le bloc et faciliter le transport. Plusieurs avantages : la présence permanente d’un secours plus important en volume que le bloc de diluant, un moyen rapide et simple de porter assistance à un circuit ouvert qui peut m’accompagner et une liberté de mouvement pour la vidéo.”
Frank VASSEUR - ![]()





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